Actualisé 04.12.2017 à 21:15

EspagneCatalogne: l'ex vice-président reste en prison

Un juge d'instruction espagnol a décidé de maintenir en prison le vice-président catalan destitué Oriol Junqueras.

Oriol Junqueras reste en prison en raison du «risque de récidive».

La justice espagnole a refusé lundi la liberté provisoire à quatre dirigeants séparatistes poursuivis pour leur rôle dans la tentative de sécession de la Catalogne. A Bruxelles, la décision d'extrader ou non Carles Puigdemont tombera le 14 décembre.

A quelques heures du lancement officiel de la campagne en vue des élections régionales en Catalogne, le juge d'instruction de la Cour suprême espagnole a décidé lundi de maintenir en détention provisoire le vice-président catalan destitué Oriol Junqueras et trois autres inculpés.

L'ancien «conseiller» (ministre) de l'Intérieur Joaquim Forn ainsi que Jordi Sanchez (association séparatiste ANC, qui a démissionné depuis) et Jordi Cuixart (Omnium Cultural) resteront en prison en raison du «risque de récidive», selon un communiqué de la cour. nLes six autres dirigeants détenus ont été remis en liberté lundi soir après le paiement d'une caution de 100'000 euros (116'000 francs suisses) chacun, versée par l'ANC.

Des prisonniers au coeur de la campagne

Le maintien en prison d'Oriol Junqueras, dont le parti Esquerra Republicana Catalana (ERC, gauche républicaine) est donné gagnant dans les sondages, et des trois autres inculpés devrait dominer la campagne en Catalogne.

En effet, ERC, la liste de M. Puigdemont Junts per Catalunya et le petit parti d'extrême gauche de la CUP font campagne séparément. Ils se rejoignent pour réclamer la libération des «prisonniers politiques» et dénoncer la «répression» de l'Etat. «Junqueras est en prison parce qu'ils en ont peur, parce qu'ils savent que c'est le meilleur candidat», a réagi la tête de liste d'ERC, Marta Rovira.

Le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy espère que le scrutin dégagera une majorité opposée à l'indépendance. Les sondages restent toutefois très serrés. Un sondage publié lundi par le Centre d'études sociologiques (CIS) du gouvernement espagnol prévoit qu'ils recueilleraient 44,4% des voix et 66 à 67 sièges sur 135, juste en dessous de la majorité absolue de 68.

Décision mi-décembre pour Puigdemont

Et à Bruxelles, le président déchu Carles Puigdemont et quatre autres membres de l'ancien exécutif catalan exilés en Belgique pour échapper aux poursuites ont retrouvé le juge de la chambre du conseil néerlandophone qui doit statuer sur leur sort.

Il rendra sa décision le 14 décembre, ont annoncé après l'audience les avocats des dirigeants catalans. Ces derniers continueront donc à faire campagne à distance, et M. Puigdemont, qui a multiplié les interviews depuis son exil, devait apparaître par écran interposé lors d'un meeting de ses partisans lundi soir à Barcelone.

Recours en vue

Les avocats du président déchu et des quatre autres exilés ont précisé qu'ils épuiseraient quoi qu'il arrive toutes les voies de recours pour rester en Belgique au moins au-delà du 21 décembre, date des élections régionales convoquées par Madrid.

Douze des quatorze membres du gouvernement déchu sont candidats aux élections, dont M. Puigdemont qui prétend en cas de victoire être rétabli comme «président légitime» de l'exécutif catalan.

(ats)

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