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Mise en gardeCatastrophe humanitaire en vue au Sahel

Caritas Suisse lance un cri d'alerte et demande plus de soutien pour venir en aide à plus de quinze millions de personnes menacées de famine au Sahel.

Le nombreuses ONG cherchent depuis des mois à éviter une catastrophe à grande échelle dans la région.

Le nombreuses ONG cherchent depuis des mois à éviter une catastrophe à grande échelle dans la région.

Franziska Koller, Caritas Suisse

La sécheresse qui frappe le Sahel inquiète les ONG. Caritas Suisse tire la sonnette d'alarme et demande plus de soutien à la communauté internationale afin d'éviter une catastrophe alimentaire qui menace directement plus de quinze millions de personnes en Afrique de l'Ouest.

Les agences de l'ONU, comme le programme alimentaire mondial (PAM), et les réseaux internationaux d'oeuvres d'entraide privées cherchent depuis des mois à éviter une catastrophe à grande échelle, explique Caritas dans un communiqué diffusé jeudi.

D'après plusieurs ONG sur place, les populations les plus menacées se trouvent au Niger, au Tchad, en Mauritanie, au Burkina Faso et au Mali, mais le Sénégal et la Gambie sont également exposés.

La distribution de nourriture est prioritaire, mais elle doit s'accompagner de systèmes d'information et de prévention, explique Caritas. C'est «une aide à s'aider soi-meme», a résumé devant la presse à Berne Albert Schnyder, responsable de la coopération internationale, selon la version écrite de son intervention.

L'ONG catholique s'engage dans l'aide d'urgence grâce à un fonds de 4,1 millions de francs. Elle réalise d'importants projets dans la zone, en particulier au Mali, au Tchad et au Niger. Elle soutient par exemple les paysans en leur distribuant des semences ou en améliorant les infrastructures agricoles. Les bénéficiaires effectuent généralement ces travaux en échange de nourriture.

Eviter la crise de 2011

Contrairement à la famine qui a frappé l'Afrique de l'Est l'année dernière, la crise alimentaire peut encore être évitée au Sahel, car l'aide a commencé à s'acheminer suffisamment tôt, précise Caritas.

Selon le directeur de Caritas Hugo Fasel, deux facteurs vont être déterminants. «D'abord, nous devons trouver suffisamment de fonds pour pouvoir continuer de financer les mesures d'aide d'urgence que nous avons lancées en automne 2011. Deuxièmement, l'évolution dans le Sahel dépend de l'arrivée ou non de la mousson de juin/juillet», qui influencera la récolte de septembre.

L'issue de ces efforts reste donc incertaine. Le Sahel est sous la menace d'une famine provoquée par la sécheresse, de mauvaises récoltes et le prix élevé des denrées alimentaires. Le Mali est en outre plongé en pleine crise politique après le putsch du 22 mars, alors que le nord du pays est occupé par des rebelles touaregs et des groupes islamistes armés.

Plus d'aide promise que reçue

A l'instar d'autres agences de l'ONU (OMS, HCR et Unicef) en avril, Caritas appelle donc à agir sans délai, pour empêcher la situation de se détériorer et conjurer une catastrophe alimentaire majeure.

Selon le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), les besoins pour cette année sont évalués à 725 millions de dollars (environ 701 millions de francs). En février, la Commission européenne a ainsi décidé de porter à 123,5 millions d'euros (environ 148 millions de francs) son aide destinée au Sahel, appelant la communauté internationale à suivre son exemple. Les Etats-Unis ont quant à eux promis 120 millions de dollars d'aide supplémentaire.

La Suisse a pour sa part débloqué 14,6 millions de francs, a indiqué à la fin avril la Direction du développement et de la coopération (DDC) sur son site internet. Elle finance ainsi différents projets du PAM, du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), du HCR et d'ONG, notamment de Caritas.

Mais selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) et l'Unicef, moins de 50% des fonds demandés avaient été reçus en avril.

(ats)

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