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RécompenseCatherine Ringer, sacrée artiste de l'année

La chanteuse Catherine Ringer a été nommée samedi soir aux Victoire de la musique française artiste-interprète féminine de l’année. Une première pour l'ex-star des Rita Mitsouko.

Catherine Ringer s'est remise au travail, pour se prouver qu’elle peut écrire des chansons seule, mais toujours accompagnée de l’ombre bienveillante de Fred.

Catherine Ringer s'est remise au travail, pour se prouver qu’elle peut écrire des chansons seule, mais toujours accompagnée de l’ombre bienveillante de Fred.

AFP

En sacrant Catherine Ringer samedi, les Victoires de la musique ont salué une des voix les plus singulières de la chanson française, qui a décidé de poursuivre seule l’aventure musicale entamée avec les Rita Mitsouko pour surmonter la douleur de la disparition de Fred Chichin.

Catherine Ringer a remporté la prestigieuse Victoire de l’artiste-interprète féminine de l’année, une première pour la chanteuse de 54 ans.

Avec les Rita Mitsouko, elle n’avait été distinguée par les Victoires qu’à deux reprises en 1987, pour l’album "The no comprendo" (album de l’année) et le clip de "C’est comme ça".

Catherine Ringer est née le 18 décembre 1957 en banlieue parisienne d’un père artiste-peintre, ancien déporté et d’une mère architecte.

Cinéma et porno

Elle quitte l’école à 15 ans et multiplie les expériences artistiques au théâtre, dans la danse, au cinéma et même dans le porno, un passé qu’elle n’a jamais renié. En 1979, elle rencontre Fred Chichin sur le plateau d’une comédie musicale à Montreuil. Le coup de foudre sera autant amoureux qu’artistique.

Quelques mois seulement après la parution de son premier album "Rita Mitsouko", le duo est propulsé sur le devant de la scène avec la sortie du single "Marcia Baila". Ce morceau latino-rock écrit en hommage à la danseuse argentine Marcia Moretto, décédée d’un cancer, se vend à plus d’un million d’exemplaires.

Le groupe, adepte du décalage, se fait le chantre d’une musique métissée et extrêmement inventive, mêlant des influences rock, funk, punk, ska, sud-américaines, ainsi qu’un solide sens de l’humour.

Le duo fonctionne largement sur le contraste entre les personnalités de Chichin, dandy dégingandé au visage barré d’une fine moustache ou d’une barbe de trois jours, et de la diva destroy Catherine Ringer, à la voix puissante, théâtrale et pleine de folie.

Apogée en 1986

Les Rita Mitsouko connaissent leur apogée en 1986 avec leur deuxième album, "The No Comprendo", qui contient les tubes "Les histoires d’A", "Andy" et "C’est comme ça". "Variéty", paru en avril 2007, sera le dernier album du duo. Quelques mois après sa sortie, le groupe doit brusquement interrompre sa tournée en raison de l’état de santé de Fred Chichin.

En deux mois, le guitariste est emporté par un cancer fulgurant le 28 novembre 2007 à l’âge de 53 ans. Catherine Ringer décide vaillamment d’achever seule la tournée, avant de s’arrêter, vaincue par la douleur. C’est le producteur Mark Plati, collaborateur de "Variéty", qui la pousse doucement à renouer avec la musique.

Catherine Ringer se remet au travail, pour se prouver qu’elle peut écrire des chansons seule, mais toujours accompagnée de l’ombre bienveillante de Fred. Ainsi né "Ring n’roll" (Because Music). Premier album à être publié sous son nom, le disque est un bouleversant hymne à la vie et à l’amour.

"Ta chère odeur a disparu/Bien que mon âme l’ait retenue. Si tu étais vivant/On serait bien ensemble/C’est beau, comme on s’aimerait", confie-t-elle sur la chanson "Malher". Sur scène aussi, Fred continue de l’accompagner dans l’esprit et dans la chair: c’est leur fils Raoul qui tient désormais la guitare au côté de sa mère.

(AFP)

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