Actualisé 18.11.2019 à 15:03

Cauchemar à la «Orange mécanique» à Montluçon

France

Deux jeunes ont massacré trois retraités et violé une femme dans un déferlement de violences. Le procès de leurs horreurs s'ouvre lundi dans l'Allier.

par
lematin.ch
Montluçon et son village médiéval tranquille. Une image trompeuse lors des crimes de mars 2017, qui hantent toujours la mémoire des gens par leur brutalité gratuite.

Montluçon et son village médiéval tranquille. Une image trompeuse lors des crimes de mars 2017, qui hantent toujours la mémoire des gens par leur brutalité gratuite.

DR

Un des inspecteurs instruisant cette affaire l'a comparée au film culte de Stanley Kubrick: «C'est un scénario à la "Orange Mécanique", la musique classique en moins...» Au début du mois de mars 2017, deux jeunes de 17 et 18 ans se sont livrés à des atrocités dans la petite ville de Montluçon dans l'Allier. Ils s'en sont pris à un couple de personnes âgées, que les policiers ont retrouvé mortes peu après dans leur petit appartement.

La perpétuité

Le procès de ces deux Français de Mayotte, commence aujourd'hui à Montluçon. L'accusation a retenu: meurtres accompagnés d'acte de torture et de barbarie sur des personnes vulnérables, vols, tentative de viols, viols en réunion et séquestration. Le plus âgé risque la réclusion criminelle à perpétuité. Le plus jeune jusqu'à 30 ans de prison. Le procès doit se dérouler à huis clos, car l'un des accusés était mineur au moment des faits. Il avait même été libéré en mai dernier après deux ans de détention, mais a été très rapidement réincarcéré.

Aiguilles à tricoter

Comme ils l'ont expliqué lors de l'instruction, ils «poussaient des portes» la nuit et entraient chez les propriétaires qui ne fermaient pas à clef pour commettre des vols. Mais cela a dérapé dans la violence aveugle chez le couple de retraités (85 et 71 ans). Les deux jeunes les ont torturés à mort avec un marteau, des aiguilles à tricoter, une barre de penderie ou un couteau à pain. Découvert le lendemain, ce carnage a provoqué alors une psychose dans la petite ville. La police disposait d'empreintes, d'ADN et d'une description par un témoin. Mais les coupables n'étaient pas identifiés.

Deux heures de calvaires

Neuf jours plus tard, un dimanche à 6 heures du matin, les deux hommes se sont introduits dans un logement où vivait un couple. La femme les a vu entrer dans leur salon munis de haches. Elle a été forcée d'emblée à des pratiques sexuelles. Son compagnon était alors dans la salle de bains. Il a été capturé et frappé. Ils l'ont menacé de lui couper les mains et les pieds, l'attachant finalement avec du ruban adhésif jusque sur les yeux. Puis, durant plus de deux heures, ils se sont acharnés sur la femme, violée à de multiples reprises.

A l'insecticide

Le 13 mars, on découvre qu'ils se sont acharnés sur une autre retraitée de Montluçon à son domicile. Son corps sans vie a été retrouvé baignant dans une mare de sang, lardé de coups de couteaux et le dentier brisé. A son doigt, une sorte d'anneau a été retrouvé. Posé par les agresseurs, il y est écrit «friends» («amis» en anglais). Le plus jeune reconnaîtra lors de l'enquête avoir tenté de l'étrangler avec des câbles à oxygène, de lui avoir sauté sur le ventre, puis de lui avoir vidé deux bouteilles d'insecticides dans la bouche pour l'étouffer. Cette cruauté, ils ne se l'expliquent pas...

«Je suis le tueur de Montluçon»

L'occasion ne sera pas donnée aux tortionnaires de persister dans le sordide. Ce même 13 mars, le plus âgé est arrêté ivre en pleine rue. Deux jours avant, il a été filmé devant une discothèque, où il se vantait face aux videurs d'être «le tueur de Montluçon». En garde à vue, il finira par impliquer le mineur de 17 ans qui vivait alors à Clermont-Ferrand.

De la petite délinquance...

Ces deux jeunes avaient été élevés à Mayotte avant de rejoindre de la famille en métropole. Mais ils n'avaient pas suivi de formation et s'étaient retrouvés à vivre dans la petite délinquance avant de commettre ces crimes. Pour la communauté mahoraise de la région, les atrocités qu'ils ont commises sont difficiles à expliquer et ses représentants craignent que le procès ne ternisse encore plus une image qui s'était déjà fortement dégradée depuis les faits.

E.F.

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