12.10.2017 à 12:56

Commentaire«CC» n’est pas un hooligan

Le président du FC Sion, qui sera privé de stade pendant quatorze mois, écope de la même peine qu’un hooligan. C’est excessif.

par
Emmanuel Favre, chef de la rubrique sportive
LeMatin.ch

100 000 francs d’amende? Aussi colossale soit-elle, la somme n’empêchera pas Christian Constantin de remplir les réservoirs de son jet et de sa Ferrari.

Quatorze mois d’interdiction de stade? Voilà la vraie sanction. Celle qui fait mal. Celle qui prive le président du FC Sion de sa passion. Celle qui lui donnera la nausée chaque jour de championnat. Imaginez: vous aimez un truc à la folie, votre vie et vos humeurs sont conditionnées par ce truc et, hop, du jour au lendemain, vous n’y avez plus droit.

Cette privation est-elle justifiée?

Raisonnons.

Une telle sanction est habituellement infligée à un hooligan.

Christian Constantin est-il un hooligan?

Un hooligan se rend au stade en meute avec l’intention de semer la zizanie et de se battre. Constantin était seul et a frappé, mais son acte n’était pas prémédité.

Un hooligan ne regrette pas ses actes. Constantin a eu le tort de ne pas s’excuser après avoir apostrophé Rolf Fringer avec véhémence.

Un hooligan fuit les caméras pour ne pas être reconnu. Constantin a couru vers la caméra pour admettre les faits.

Donc, non, même s’il avait déjà dérapé en 2008, Christian Constantin n’est pas un hooligan.

C’est pourquoi la peine infligée par la Commission de discipline de la Swiss Football League est exagérée.

Interdire à Constantin de se rendre sur le terrain, dans la zone technique, dans les vestiaires et en zone mixte aurait constitué une sanction compréhensible.

Interdire au boss du FC Sion de prendre place en tribune est une sentence disproportionnée.

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