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Disparition de Puidoux«Ce coup de fil nous a rassurés»

Le père de l'institutrice disparue estime maintenant que sa fille va bien et qu'elle s'est réfugiée dans un endroit calme.

Paul-Daniel Bachelard ne croit pas que l’Eurasienne aperçue par un témoin hier vers 2 h 30 du matin sur l’A40 au péage autoroutier d’Annecy soit bien sa fille Mizué. «On est plutôt désormais convaincus qu’elle s’est trouvé un endroit tranquille pour se ressourcer, se calmer et faire le point», commente le retraité de 68 ans.

Plusieurs éléments plaident en faveur de cette hypothèse d’après lui. Il y a d’abord une valise remplie de vêtements que Mizué Bachelard, 35 ans, et sa fille Hanaé Noémi, 7 ans, ont emmené lors de leur fuite du 26 janvier dernier. Il y a aussi ces deux gros retraits d’argent qu’elle a effectué. «De quoi tenir un moment.» Le premier de 1000 fr à Versoix (GE) le soir de sa disparition et le second de 800 euros le lendemain matin à Paris.

Et puis il y a surtout ce coup de fil qu’ils ont reçu hier d’une collègue et amie de leur fille. «Cette personne nous a dit qu’elle aussi en était passée par là en faisant un burnout. Elle s’était alors isolée dans une communauté religieuse sans avertir sa famille.» Ce n’est qu’une fois rentrée, qu’elle aurait réalisé combien sa famille avait souffert de cette longue absence inexpliquée. «Ne comptez pas la voir rentrer rapidement. Il faudra du temps», a-t-elle prédit. «Cette conversation nous a rassurés, explique Paul-Daniel Bachelard. Désormais, on va attendre sans impatience. Notre fille réapparaîtra avec Hanaé Noémi quand elle aura repris du poil de la bête.»

Le sexagénaire tient-il la HEP où travaille sa fille à La Chaux-de-Fond pour en partie responsable de son burnout et de la double disparition qui s’en est suivie? Oui et non. «C’est plutôt la société stressante et ultracompétitive dans laquelle nous vivons qui favorise ce genre de comportements», analyse le Renanais qui lui-même dit en avoir souffert lors de sa carrière professionnelle aux transports publics de la région lausannoise.

Pour mémoire, la Vaudoise de 35 ans est en effet en arrêt de travail à la suite d’un burnout. Le 26 au soir, elle a pris la route avec sa fille direction Paris. Le lendemain, elle s’est présentée chez Albin Michel pour savoir si «L’évangile selon Mizué», le manuscrit spirituel qu’elle leur avait transmis quelques jours avant avait des chances d’être publié. Et depuis, plus de nouvelles.

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