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Avalanches«Ce cours pourrait sauver ma peau»

Des jeunes riders responsables ont suivi un week-end de cours sur les avalanches à Crans-Montana.

par
Laura Juliano

La mort blanche a déjà frappé 19 fois en Suisse, depuis le début de l'année. Autant de victimes qui poussent les amateurs de freeride à jouer la carte de la sécurité, sans pour autant renoncer à leur passion. Le Matin est allé à la rencontre de six jeunes romands qui ont décidé de suivre tout un week-end de cours sur les avalanches, à l'école valaisanne de ski, «Snowrock». Sous l'aile de Bixio Gallera, guide de montagne professionnel, ils ont passé deux jours sur le terrain, à Crans-Montana et à Nax, pour étudier la neige et apprendre à manipuler le matériel de survie. Équipés de pelles, sondes et détecteurs de victimes d'avalanches, ils ont grimpé jusqu'à 3000 mètres d'altitude, au-delà des balises.

Avant même de poser le ski sur la surface plane, l'œil expert de Bixio a détecté le danger. «Méfiez-vous lorsque vous voyez les marques du vent sur la neige, cela peut signifier qu'elle est constituée de plusieurs couches qui n'ont pas de cohésion», note-t-il. Comme une réponse à cet avertissement, un bruit sourd d'explosion retentit, tandis que le sol s'affaisse brusquement. Mais heureusement, les élèves terrifiés n'encourent pas de risques, car la pente est trop légère. «Si elle était plus raide que 30°, cela aurait pu déclencher une avalanche.» Voilà une leçon que les participants ne vont pas oublier de si tôt. «C'est impressionnant le bruit que ça fait ! S'écrie Michel Greter. On se sent vraiment tout petit face à la nature.»

«Prendre des risques serait égoïste»

L'émotion retombée, les élèves s'affairent à pelleter la neige afin d'en étudier les couches. Surprise: à la base, ils trouvent des cristaux sans cohésion. «Moi, ça me fait peur, de voir qu'il y a 1m60 de neige qui repose là-dessus. On ne s'en douterait pas», confie Michel Greter. S'il s'est inscrit, c'est pour s'éviter le sort des 19 victimes d'avalanches qui ont succombé cette année. «Je ne voudrais pas faire vivre ça à ma famille. Ce cours, c'est un peu une manière de contrer l'égoïsme qu'on a quand on part en hors piste. Car même si ce qu'on apprend relève du bon sens, il est fort à parier qu'on y songe pas forcément sur le coup.» «J'avais quelques notions, mais ce n'était pas suffisant, relève Gilian Golay. Ce cours est très utile, je ne voudrais pas partir à l'aveugle et foncer tête baissée dans le danger.» «Je ne connais rien aux avalanches, et comme j'ai pas mal peur, j'étais jamais à l'aise en faisant de la randonnée. Ça m'aidera de savoir quoi faire si les choses tournent mal», indique Valérie Dauget.

Désormais les participants savent comment éviter les risques et venir en aide aux victimes. Mais s'ils se retrouvaient piégés malgré tout? «On peut adopter quelques réflexes, prévient Bixio Gallera. Essayer de ne pas paniquer, se protéger les voix respiratoires et se débarrasser de ses skis et de ses bâtons.» Mais mieux vaut prévenir que guérir, le guide rappelle qu'au moindre doute, il ne faut par hésiter à renoncer et faire demi-tour.

Plus d'informations sur snowrock.ch

Explications et réactions après l'affaissement soudain du terrain

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