Euro 2020 - Ce dimanche, l’Euro perdra un premier gros morceau
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Euro 2020Ce dimanche, l’Euro perdra un premier gros morceau

Le Belgique et le Portugal s’affrontent ce dimanche soir (21h) à Séville dans ce qui constitue le premier choc décisif de l’Euro 2020. Avec plus d’un paramètre à gérer.

par
Valentin Schnorhk
(Séville)
Pour son sélectionneur Roberto Martinez, Kevin De Bruyne «utilise son cerveau pour rendre ses partenaires meilleurs».

Pour son sélectionneur Roberto Martinez, Kevin De Bruyne «utilise son cerveau pour rendre ses partenaires meilleurs».

AFP

Il ne fallait pas terminer troisième. Le piège était prévisible. Non seulement, c’était l’assurance de tomber contre un gros morceau, mais avec en plus le risque de bénéficier de beaucoup moins de jours de récupération. Le Portugal a tiré les deux à la fois, avec cette rencontre contre la Belgique en 8e de finale de l’Euro 2020. À Séville dimanche, la récupération devra jouer un rôle important. Même si personne n’osera mettre ça en avant, de peur de s’exposer. Mais après un premier tour liquidé en dix jours, cela finira par jouer.

Entre son dernier match de poules contre la France (2-2) mercredi et le duel avec les Diables Rouges, la sélection de Fernando Santos n’aura eu que trois jours de récupération. Généralement suffisant pour se régénérer correctement. Même si, en face, la Belgique, avec ses six jours depuis son dernier match, dispose forcément d’un avantage concurrentiel. Il est relativisé par Roberto Martinez: «Ce n’est pas un problème pour le Portugal», considérait le sélectionneur espagnol des Belges, qui reviendra dans son pays d’origine.

En 2016, le Portugal a connu pareille situation

Du côté de la Seleção, l’opinion est partagée. «Nous avons tout de même eu quatre jours de récupération et je ne suis donc pas sûr que deux jours en plus soient forcément un avantage», estime João Moutinho. Le milieu de Wolverhampton, titulaire lors du troisième match du Portugal, a la mémoire longue: il sait que cela ne ralentit pas forcément la machine. «En 2016, nous avions été dans le même cas, a-t-il rappelé samedi. L’idée est simplement de bien récupérer et de garder notre routine pour être prêt à 100%.» Il y a cinq ans, les Portugais avaient en effet entamé leur route vers le titre de champion d’Europe par une troisième place en poules, avant d’affronter la Croatie en 8es de finale trois jours après leur dernier match de groupe. Et d’aller chercher une qualification au bout des prolongations.

«Ce sera déjà une finale. Et une finale, ça ne se joue pas, mais ça se gagne.»

Fernando Santos, sélectionneur du Portugal

Signe tout de même que la fatigue n’est pas obligatoirement un facteur décisif. La chaleur pourrait en être un dans une capitale andalouse où le thermomètre passe sa journée à flirter avec les 35 degrés à l’ombre. Dimanche, à 21 heures, le mercure devrait encore être élevé. Il faudra le maîtriser, et savoir comment jouer avec.

Vaut-il mieux avoir le ballon et imposer le rythme ou attendre et courir après? «Il faudra éviter de laisser trop d’espaces et gérer la possession, estime Fernando Santos. Celui qui le fera le mieux l’emportera. La Belgique, comme le Portugal, aime attaquer. Ce sera donc important de savoir se replier et de resserrer les lignes derrière dans ces cas-là.»

«De Bruyne, meilleur meneur de jeu du monde»

Les Belges, qui devront se passer de Nacer Chadli, se seraient bien passés d’un tel adversaire, après avoir remporté leur groupe. «Ce genre de matches dépend toujours de celui qui inscrit le premier but, a considéré Roberto Martinez. Le Portugal a des individualités phénoménales, mais c’est surtout une équipe de gagnants. Elle sait très bien gérer les moments sans ballon pour repartir en contre-attaque. Elle a tellement d’expérience et sait s’adapter aux temps de jeu.» Mais les Diables ont aussi des arguments pour eux: «Avec Kevin De Bruyne, nous avons pour moi le meilleur meneur de jeu du monde, a ajouté Martinez. Il utilise son cerveau pour rendre ses partenaires meilleurs. Je n’avais jamais vu un joueur aussi intelligent avant.»

Il y aura évidemment une pléiade de stars dimanche pour ce premier gros choc décisif pour la suite du tournoi. L’Euro 2020 perdra forcément un sacré morceau. «Ce sera une finale, simplifie Fernando Santos. Et une finale, ça ne joue pas, mais ça se gagne.» Le champion d’Europe n’a pas prévu de lâcher son trophée.

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