2e pilier: «Ce ne sont pas les plus pauvres qui sont visés»
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2e pilier«Ce ne sont pas les plus pauvres qui sont visés»

Le Conseil national veut pénaliser les personnes qui retirent leur 2e pilier. Si elles touchent des prestations complémentaires, on les diminuera de 10%. Raymond Clottu défend cette option pour «responsabiliser» les gens.

par
Eric Felley
Le Neuchâtelois Raymond Clottu (Ind./NE) estime qu'au moment de retirer leur capital du 2e pilier, les gens doivent être rendus attentifs que, s'ils tombent dans la précarité, leurs prestations complémentaires seront rabotées de 10 %.

Le Neuchâtelois Raymond Clottu (Ind./NE) estime qu'au moment de retirer leur capital du 2e pilier, les gens doivent être rendus attentifs que, s'ils tombent dans la précarité, leurs prestations complémentaires seront rabotées de 10 %.

Keystone

Le Conseil national a décidé lundi que les personnes qui retirent tout ou une partie de leur capital du deuxième pilier doivent s'attendre à une pénalité de 10 % sur leurs prestations complémentaires (PC). En tant rapporteur du groupe UDC, Raymond Clottu (Ind./NE) a défendu cette mesure. Certes, comme l'objet a été accepté par 117 voix, il n'a pas à porter seul le chapeau de cette décision.

Réagissant au titre de notre éditorial «En Suisse, les plus pauvres méritent une punition collective», il réfute cette interprétation: «Dans cette proposition, l'idée de la majorité des membres de la Commission de la sécurité sociale et de la santé publique est de responsabiliser les gens qui touchent à leur capital du deuxième pilier. C'est ça l'idée de base, mais pas de s'attaquer aux plus pauvres de ce pays. J'aimerais dire aussi que tout le monde n'a pas un deuxième pilier et que les plus pauvres n'en ont pas. Ceux qui ont des montants faibles dans le 2e pilier choisissent généralement de prendre une rente, ce qui est plus avantageux.»

63 millions de francs d'économies

Il reste que si on réduit des prestations complémentaires déjà minimes de 10%, on touche des gens dans une situation précaire, cela sans que l'on considère la raison pour laquelle ils ont retiré leur capital du 2e pilier. Le montant d'économies par an est estimé à 63 millions de francs, ce qui n'est pas rien. «Les avis sur cette question sont divisés, reconnaît le Neuchâtelois. Du reste le groupe UDC est partagé en la matière. Mais pour la majorité, on essaie de trouver des solutions pour permettre de continuer de verser à l’avenir des prestations complémentaires à ceux qui en ont besoin. En soi c'est une bonne chose parce que lorsque vous arrivez au minimum vital dans notre pays, ce n'est pas évident».

Raymond Clottu ne veut pas passer pour un «tueur» de pauvres: «D’une manière générale, nous ne sommes pas favorables à une baisse des prestations complémentaires, car c’est le rôle de notre société d’aider les personnes dans le besoin, parmi lesquelles certains de nos seniors ou certaines personnes à l’AI».

Le Conseil des Etats n'est pas favorable à cette pénalité de 10%. Il risque fort d'avoir le dernier mot sur la question.

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