14.06.2017 à 14:00

CommentaireCe n’est pas une mauvaise nouvelle

Hockey sur glace: ce que «LeMatin.ch» pense de la faillite du HC Red Ice.

von
Emmanuel Favre
chef de la rubrique sportive

L’issue était inéluctable.

Un dirigeant qui pense qu’il peut boucler un budget de cinq millions à la tête d’un club de LNB qui ne draine qu’une poignée de fidèles et qui ne suscite que l’intérêt poli de quelques partenaires commerciaux d’envergure régionale, est un doux rêveur ou un dangereux mytho.

Peu importe son qualificatif: au bout du compte, il est surtout le fossoyeur d’une petite équipe qui avait un rôle à exercer dans le tissu local. Et le rôle de Martigny, comme son histoire l’a démontré, résonnait comme une évidence: façonner les talents (ce que de véritables passionnés et amoureux du jeu ont souvent accompli avec brio), s’enorgueillir de les voir rayonner dans des environnements plus huppés, et recommencer, encore et toujours.

Martigny, c’est avant tout les titres nationaux et internationaux, ainsi que les épopées avec l’équipe de Suisse, de Thibaut Monnet. C’est Alain Demuth qui s’émancipe en Léventine avant de s’illustrer avec le tricot national. C’est Thierry Moret qui rejoint le grand Gottéron de Bykov et de Khomutov.

Personne ne regrettera le Red Ice factice et sans réelle identité fabriqué par les Russes et enterré par ceux qui le dirigeaient jusqu’à aujourd’hui. Comme Morges et Sierre il y a quelques années, il avait voulu venter plus haut que son arrière-train. Aujourd’hui, il rejoint naturellement le club vaudois et celui du Valais central au cimetière des dirigeants irresponsables.

Et ce n’est pas forcément une mauvaise nouvelle: au coude du Rhône, les formateurs vont avoir du travail. Et comme ils bossent bien, le club va bientôt retrouver une âme. Son âme.

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