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France«Ce Parti socialiste est mort, il est derrière nous»

Au risque de fâcher son parti, Manuel Valls souhaite s'«inscrire» dans le mouvement du président élu Emmanuel Macron.

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Le nouveau président sera vite confronté à un défi majeur: sceller une majorité claire aux législatives des 11 et 18 juin. (Lundi 8 mai 2017)

Le nouveau président sera vite confronté à un défi majeur: sceller une majorité claire aux législatives des 11 et 18 juin. (Lundi 8 mai 2017)

AFP
Des manifestations anti-Macron ont eu lieu à Paris lundi, à l'appel du collectif «Front social» et des syndicats. (Lundi 8 mai 2017)

Des manifestations anti-Macron ont eu lieu à Paris lundi, à l'appel du collectif «Front social» et des syndicats. (Lundi 8 mai 2017)

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François Hollande et Emmanuel Macron déposent une gerbe ensemble sous l'Arc de Triomphe pour ouvrir les commémorations du 8 mai 1945. (lundi 8 mai 2017)

François Hollande et Emmanuel Macron déposent une gerbe ensemble sous l'Arc de Triomphe pour ouvrir les commémorations du 8 mai 1945. (lundi 8 mai 2017)

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L'ancien Premier ministre socialiste a annoncé mardi qu'il serait «candidat de la majorité présidentielle» aux élections législatives de juin, mais n'a pas encore été investi, selon des responsables du mouvement du président élu Emmanuel Macron.

«Je serai candidat de la majorité présidentielle et souhaite m'inscrire dans ce mouvement (...), la République en marche», a déclaré l'ancien chef du gouvernement français sur la radio RTL, invitant «les progressistes», «ceux qui ont appelé à voter Emmanuel Macron avant le premier tour, ceux qui souhaitaient sa victoire» à faire de même.

«Je ne suis pas en embuscade»

«Parce que je sais que gouverner la France c'est difficile, je ne suis pas en embuscade. Je veux la réussite d'Emmanuel Macron», a expliqué M. Valls redevenu député à Evry (région parisienne) après sa démission du gouvernement en décembre. Manuel Valls a ajouté qu'il n'allait «pas renier 30 ans de (sa) vie politique» et s'est dit «homme de gauche» et «socialiste». Mais «ce Parti socialiste est mort», a-t-il lancé, «Il est derrière nous, pas son histoire et ses valeurs, mais il doit se dépasser».

Un porte-parole du mouvement de M. Macron, Benjamin Griveaux, a précisé sur Europe 1 que l'ancien Premier ministre n'avait pas été investi par la commission nationale d'investiture. «Ou alors sa candidature m'a échappé», a-t-il dit. «La bannière sur laquelle les candidats aux législatives iront s'appelle la République en marche (...) la procédure est la même pour tout le monde, il lui reste 24 heures», a-t-il ajouté.

Il «a(vait) des chances»

Autre porte-parole de M. Macron pendant la campagne, le député Christophe Castaner (en congé du parti socialiste) a estimé que M. Valls «a(vait) des chances». «Emmanuel Macron s'est prononcé la semaine dernière en particulier sur le cas de Manuel Valls, Manuel a décidé de faire un choix, celui de quitter le Parti socialiste, d'assumer une transgression dans sa propre histoire (...) et c'est légitime que nous l'entendions et que nous l'écoutions», a-t-il déclaré sur Franceinfo.

Mais sur l'annonce de Manuel Valls, M. Castaner a répondu: «Là, par contre, il se trompe parce que d'abord il faut qu'il fasse acte de candidature et qu'ensuite la commission nationale d'investiture se prononce».

Les candidats de «La République en marche» doivent être investis pour les législatives avant jeudi 10h GMT dans chacune des 577 circonscriptions. Le centriste Emmanuel Macron a été élu dimanche président de la République française, battant sa rivale d'extrême droite Marine Le Pen.

Il faut choisir

Le Premier secrétaire du Parti socialiste Jean-Christophe Cambadélis a dit mardi qu'il était «impossible» à Manuel Valls d'avoir à la fois sa carte d'adhérent au PS et de briguer l'investiture En Marche!. L'ex-Premier ministre avait annoncé son souhait en matinée.

«Ça c'est impossible», a répondu M. Cambadélis, interrogé à l'entrée du siège du PS à Paris, où se tient un Bureau national sous haute tension dans la matinée. «Il faut faire cela très gentiment et très calmement», a poursuivi le député de Paris.

Si ceux qui visent une double appartenance «veulent s'affirmer contre le gouvernement alors qu'il n'est pas encore constitué, qu'ils restent au Parti socialiste. S'ils veulent faire autre chose, qu'ils le disent, mais ça ne représente que 5% du Parti socialiste», a ajouté M. Cambadélis.

«Si certains veulent partir ou se singulariser qu'ils le fassent et nous laissent travailler», a-t-il insisté.

(ats)

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