Football: Ce qu'on a aimé et moins aimé dans ce Suisse - Islande
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FootballCe qu'on a aimé et moins aimé dans ce Suisse - Islande

L’enthousiasme offensif, Kevin Mbabu et bien d’autres choses. Découvrez, en images, ce que «Le Matin» a pensé de bien du festival suisse (6-0) face à l’Islande. Avec deux points négatifs, quand même.

par
Tim Guillemin Saint-Gall
Kevin Mbabu, la très bonne surprise de samedi soir.

Kevin Mbabu, la très bonne surprise de samedi soir.

Keystone

Comme après chaque match de l’équipe de Suisse, «Le Matin» détaille ce qui lui a plu et moins plu. Forcément, après un 6-0 face à l’Islande, la vie est plus belle.

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ON A AIME

L’entame de match

Bien sûr, on avait des doutes sur les retrouvailles avec cette équipe de Suisse, qui revenait à la compétition après son si décevant dernier match de la Coupe du monde face à la Suède. Comment les internationaux avaient-ils géré cet été, marqué par les déclarations d’Alex Miescher sur les binationaux et la retraite tonitruante de Valon Behrami? Il était légitime de se poser des questions. Granit Xhaka et ses coéquipiers ont apporté la réponse dès la première minute de jeu, samedi à Saint-Gall. Ils n’étaient là que pour penser au football. Bravo messieurs.

L’ambiance dans le stade

Une banderole «Petkovic raus» vite enlevée, un petit taquet à Xherdan Shaqiri et à sa déclaration malheureuse sur les «gens des montagnes». Voilà tout ce qui ressemblait à de la contestation samedi au kybunpark. L’atmosphère a été festive, chaleureuse et cela bien avant la fête de tirs des attaquants suisses. Preuve que le public, en tout cas celui qui vient au stade, aime toujours cette équipe. Là aussi, il y avait comme un doute à lever. Il convient de relativiser ce constat, l’ASF ayant eu la bonne idée de programmer ce match dans un stade de capacité moyenne. Le pari aurait été sans doute plus délicat à gagner à Bâle ou Zurich.

L’esprit de groupe

Les nouveaux se sont bien intégrés, les anciens ont fait le boulot et cette équipe de Suisse ressemble à une équipe, justement. On en a eu la preuve flagrante lorsque Haris Seferovic a marqué son but et qu’absolument tout le monde est venu le féliciter, conscient que l’avant-centre de la Nati avait besoin de cette réussite pour asseoir sa légitimité auprès du public. «Sefe», pas égoïste, a offert un peu plus tard le premier but de sa carrière en équipe nationale à Albian Ajeti, l’homme que beaucoup voulaient voir titulaire à sa place en Russie. La preuve que l’entente est bonne dans cette formation. Parce qu’à 4-0, on connaît des avant-centres qui auraient tenté leur chance dans un angle impossible plutôt que de servir leur coéquipier (et surtout concurrent) mieux placé.

Les joueurs offensifs qui marquent

Haris Seferovic, Admir Mehmedi, Xherdan Shaqiri, Steven Zuber et Albian Ajeti. Voilà la liste des attaquants suisses à avoir marqué samedi et elle fait plaisir à voir. Alors oui, l’Islande avait lâché l’affaire dès le 3-0, mais tout de même: voir autant de joueurs offensifs scorer est forcément bon pour la confiance. Un bon résultat mardi en Angleterre, avec des buts, et l’automne s’annoncerait très bien.

Trois binationaux fiers de jouer pour la Suisse

Tous trois l’ont encore affirmé avec force dimanche matin: ils sont désormais liés à vie avec l’équipe de Suisse, ce qui n’était pas le cas avant le match. Ils s’appellent Kevin Mbabu, Djibril Sow et Albian Ajeti et les trois ont répété leur fierté de revêtir ce maillot rouge à croix blanche. Après les polémiques nées cet été, la meilleure des réponses a encore une fois été apportée par le terrain. Vladimir Petkovic a-t-il fait exprès de faire participer ces trois joueurs à ce match officiel? Peut-être, oui. Quoi qu’il en soit, même si les motivations du «Mister» étaient d’ordre politique, il a bien fait. Et il s’agit là d’une nouvelle occasion de rappeler qu’à de très rares exceptions près (Oliver Neuville, Roberto Di Matteo, Mladen Petric, Zdravko Kuzmanovic, Ivan Rakitic), un joueur formé en Suisse choisit de jouer pour la Suisse. Une nouvelle preuve en a été apportée ce samedi, car tant Mbabu (Congo), Sow (Sénégal) et Ajeti (Albanie/Kosovo) seraient des titulaires en puissance au sein de la sélection de leur autre pays. Mais tous trois ont choisi la Suisse.

Kevin Mbabu, tout simplement

On l’a dit et redit, il méritait d’aller à la Coupe du monde vu ses performances, mais il était impossible à Vladimir Petkovic de le sélectionner au vu de la dynamique de son groupe. Stephan Lichtsteiner et Michael Lang étaient devant et en écarter l’un des deux aurait été incohérent et contraire à tout ce que le sélectionneur mettait en place depuis des années. Désormais, la concurrence est ouverte et le Genevois entend bien saisir sa chance. Sa performance de samedi a été parfaite dans l’esprit. Il a attaqué, il a pris son couloir et il est revenu défendre, comme il le fait si bien avec YB. Un temps d’adaptation? Aucun. Sa fraîcheur a fait du bien, y compris dans la communication.

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ON A MOINS AIME

La gestion médiatique du «cas» Lichtsteiner

D’habitude, on trouve toujours trois ou quatre points à améliorer autour de l’équipe de Suisse. La soirée de samedi, pourtant, ne laisse guère de place à la critique. Il y a eu quelques flottements derrière en début de match, d’accord, et un coup de pied arrêté qui aurait pu être dangereux pour l’Islande vu que Yann Sommer, c’est assumé, ne sort plus chercher un ballon. Mais mis à part les quelques espaces laissés aux attaquants nordiques en début de match, la Suisse a parfaitement géré sa partie. Alors, vu qu’il faut bien trouver un point à discuter, disons que Vladimir Petkovic aurait pu mieux gérer la mise en tribunes de Stephan Lichtsteiner. Le capitaine de l’équipe de Suisse n’était pas sur la feuille de match et il n’aurait pas coûté grand-chose au sélectionneur d’avertir tout le monde la veille. Vu qu’apparemment les deux hommes en avaient parlé et qu’ils étaient d’accord, le dire de manière officielle aurait permis d’éviter que le public se pose des questions. Désormais, tout est clair: la concurrence est ouverte au poste de latéral droit. Le message de Vladimir Petkovic est bien passé, mais il aurait pu être mieux anticipé au niveau de la communication.

Le match des Islandais

Erik Hamren, le nouveau sélectionneur, disputait son premier match à la tête des Islandais ce samedi. D’accord, il y avait des blessés, et pas des moindres. Mais quand même! Où est passé l’état d’esprit guerrier des (pas si) vaillants Islandais? Après le 3-0, les Vikings ont lâché l’affaire mentalement et ont sombré. Pas exactement l’idée que l’on se faisait d’eux. Même si on savait depuis plusieurs mois qu’ils avaient des problèmes dans le jeu, on imaginait Ragnar Sigurdsson et ses coéquipiers un peu plus solides défensivement. Visiblement non. Difficile d’imaginer cette équipe résister aux Belges mardi soir à Reykjavik.

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