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Football«Ce que fait Constantin, c'est n'importe quoi»

Marco Schällibaum, qui a réussi ses débuts à la tête de l'Impact de Montréal, garde de profondes blessures de ses passages à Sion et à Lugano.

par
Gérald Golay
Keystone

«Je vis une expérience extraordinaire dans un autre monde. Je suis comme un gamin en découvrant des villes, des endroits.» Marco Schällibaum (51 ans) n'a rien perdu de sa passion. Après une parenthèse de deux ans où il a fonctionné comme instructeur FIFA en Mongolie, au Qatar et en Corée du Sud, le Zurichois retrouve un rôle qui lui manquait, celui d'entraîneur de club. A la tête de l'Impact de Montréal – qui joue sa 2e saison de Major League Soccer (MLS) – l'homme aux 31 sélections en équipe de Suisse, a réussi le départ parfait avec 9 points en trois matches, dont deux succès à l'extérieur. Cerise sur le gâteau, les Québécois ont remporté le derby de l'Est canadien face à Toronto samedi dernier.

Constantin et le respect

Dans une ville où le hockey sur glace est une religion, ce quadrilingue découvre un bel engouement pour le soccer. «A Montréal, nous ne pouvons pas toucher à la tradition du hockey. Ce n'est d'ailleurs pas notre intention. C'est un autre monde et nous avons le nôtre. Nous allons jouer devant 18 000 à 20 000 spectateurs toute la saison. C'est notre jardin, et nous voulons le protéger.»

Même si le courant passe très bien avec le président et propriétaire du club, Joey Saputo, Marco Schällibaum n'ignore rien de sa réputation de grand consommateur d'entraîneurs. «Il est ambitieux, c'est normal. En cas de conflit, l'important c'est que cela se passe dans les limites du respect.» Un mot selon lui inconnu du vocabulaire de Christian Constantin, qui l'avait viré 47 jours après son arrivée à Sion en 2006. «Sur le plan privé il est intéressant, mais comme président il ne respecte pas ses coaches. J'avais voulu écarter ses deux chouchous, mais c'est avec eux qu'il communiquait, se rappelle-t-il, amer. Ce qu'il fait actuellement, c'est vraiment n'importe quoi. Plus personne n'arrive à le comprendre. Moi, je préfère en sourire.»

Bâle sera champion

L'ancien défenseur avoue avoir pris une plus grande claque encore à Lugano en 2011. «Me faire virer alors que nous étions en tête de Challenge League, ça m'a fait très mal. Le président n'avait rien compris. Et il ne comprend toujours rien d'ailleurs.» Une claque qui l'avait incité à tourner le dos au championnat de Suisse après 15 ans d'une carrière d'entraîneur entamée à Nyon. «Après Lugano, j'étais vidé. Ces deux années en Asie, c'était bon pour la tête et une excellente expérience.»

Et à la question de savoir qui de Bâle ou GC sera champion, il n'hésite pas une seconde. «Bâle finira par passer l'épaule sur la fin, c'est sûr», prédit l'ancien triple champion de Suisse sous le maillot de Grasshopper dans les années 1980.

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