14.06.2017 à 15:36

LondresCe que l'on sait de l'incendie de la tour HLM

Plus de 200 soldats du feu luttent depuis la nuit de mardi à mercredi contre les flammes qui ont ravagé un immeuble de 24 étages.

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Le rapport d'enquête, partiellement rendu public le 29 octobre 2019, pointe du doigt les lacunes et les dysfonctionnements des services de secours lors de l'incendie de la Tour Grenfell à Londres qui avait fait 72 morts en juin 2017.

Le rapport d'enquête, partiellement rendu public le 29 octobre 2019, pointe du doigt les lacunes et les dysfonctionnements des services de secours lors de l'incendie de la Tour Grenfell à Londres qui avait fait 72 morts en juin 2017.

AFP
Hommage aux victimes de la tour Grenfell. (Mercredi 13 juin 2018)

Hommage aux victimes de la tour Grenfell. (Mercredi 13 juin 2018)

AFP
Un an après l'incendie qui a ravagé la tour Grenfell, faisant 71 morts, les habitants de Londres se sont recueillis. (Mercredi 13 juin 2018)

Un an après l'incendie qui a ravagé la tour Grenfell, faisant 71 morts, les habitants de Londres se sont recueillis. (Mercredi 13 juin 2018)

AFP

Douze personnes, au moins, ont trouvé la mort et 74 autres ont été blessées dans un gigantesque incendie qui a ravagé dans la nuit de mardi à mercredi une tour d'habitation de 24 étages dans l'ouest de Londres. La cause de ce sinistre n'a pas encore été établie.

Les faits

Les pompiers ont été alertés à 00h54 (23h54 GMT mardi) qu'un incendie touchait une tour d'habitation dans le quartier de Kensington, à l'ouest de Londres, et sont arrivés sur place six minutes plus tard.

Plus de 40 camions de pompiers et 200 soldats du feu ont été mobilisés pour tenter d'éteindre les flammes qui se sont propagées très rapidement et ont ravagé l'immeuble du deuxième jusqu'au dernier étage.

Les pompiers ont progressé «jusqu'au 20e étage» et ont «réussi à évacuer un grand nombre de résidents», a déclaré Dany Cotton, la cheffe des sapeurs-pompiers de Londres.

«En 29 années de carrière chez les sapeurs-pompiers, je n'avais jamais rien vu de cet ampleur», a-t-elle ajouté, précisant que les causes de l'incendie n'étaient pas encore connues.

Une vingtaine d'ambulances ont été envoyés sur place pour transporter les blessés vers six hôpitaux londoniens, où ils ont été pris en charge par plus de cent médecins. Un cordon de sécurité à été mis en place autour de l'immeuble, une trentaine d'appartements environnants ont été évacués et l'autoroute toute proche à été coupée. Les équipes spécialisées des sapeurs-pompiers ont exclu le risque d'effondrement de la tour.

Les victimes

«Je peux confirmer que douze personnes sont mortes» mais «je crains malheureusement que le bilan s'alourdisse», a déclaré sur place Stuart Cundy, commandant à la Metropolitan Police, alors que de nombreuses personnes étaient toujours portées disparues.

Vingt des blessés sont dans un état critique. «Une opération de recherche complexe sur plusieurs jours» s'engage désormais, selon les mots de Stuart Cundy, commandant à la Metropolitan Police.

Des rescapés ont raconté avoir vu des habitants sauter dans le vide pour échapper aux flammes qui ravageaient cette tour comptant 120 appartements sur 24 étages, près du quartier chic de Notting Hill, dans l'ouest de Londres. D'autres témoins ont vu des parents jeter leurs enfants par la fenêtre pour tenter, dans un geste désespéré, de les sauver.

Les associations locales Rugby Portobello Trust et Harrow Centre et certaines églises se sont mobilisées pour accueillir les sinistrés, tandis que les clubs de football professionnels de Fulham et des Queens Pars Rangers (2e division) ont également proposé un soutien matériel et financier.

L'immeuble

L'immeuble, baptisé Grenfell Tower, a été construit en 1974. Il est situé dans le quartier de North Kensigton, dans l'ouest de la capitale. Il est constitué de 120 logements répartis sur 24 étages. La tour était presque complètement calcinée mercredi matin après avoir brûlé une bonne partie de la nuit.

L'immeuble est la propriété de la Municipalité Royal de Kensington et Chelsea. Il est géré par la Kensington and Chelsea Tenant Management Organisation, la structure qui gère le parc de logements sociaux pour la municipalité de ce quartier londonien. Une opération de rénovation, d'un montant de 8,6 millions de livres (9,8 millions d'euros) s'était achevée en mai 2016. L'entreprise Rydon, en charge des travaux, a assuré que la rénovation «répondait à toutes les exigences en termes de normes incendie, de sécurité et de construction».

Sur un blog, un collectif de résidents pointait depuis plusieurs années les carences du système d'information et de protection des habitants de l'immeuble en cas d'incendie.

Dans l'oreille d'un sourd

L'origine du sinistre restait inconnue, mais la colère montait parmi les résidents qui pointaient les défaillances à répétition de l'entreprise responsable de la gestion de l'immeuble et des autorités locales.

«90% des résidents ont signé une pétition fin 2015 se plaignant de la mauvaise gestion de l'entreprise responsable de la maintenance de l'immeuble. J'ai été personnellement menacé par leur manager», a déploré David Collins, président de l'association des résidents de la tour jusqu'en octobre dernier.

En novembre 2016, il affirmait que «seule une catastrophe pourrait mettre au jour l'incompétence du propriétaire et mettre fin aux négligences observées quant aux règles de sécurité». «Tous nos avertissements sont tombés dans l'oreille d'un sourd alors qu'une catastrophe comme celle-ci était inévitable», a commenté le collectif après le drame.

David Collins, l'ancien président de l'association des résidents de la Tour a expliqué à l'AFP qu'il était choqué mais pas surpris par l'ampleur de l'incendie. «Nous avions tellement d'inquiétudes. Nous en avions sur l'emplacement des systèmes de chauffage, sur les sorties de secours et les possibilités d'entrer et sortir de l'immeuble, ou sur l'éclairage... J'ai même entendu que les alarmes incendies ne se déclenchaient plus», a-t-il dit.

Réactions officielles

Gavin Barwell, le nouveau directeur de cabinet de la Première ministre Theresa May et ancien ministre du logement, a été accusé par le tabloïd de gauche The Daily Mirror de s'être assis sur un rapport vieux de plusieurs années sur le risque d'incendie dans des immeubles tels que la tour Grenfell.

Alors que certains évoquaient un scandale, le maire de Londres, Sadiq Khan, a déclaré que toutes ces questions réclamaient «des réponses».

Un porte-parole de Downing Street a déclaré que Mme May était «profondément attristée par la perte tragique de vies à la tour Grenfell» et qu'elle était «tenue au courant des développements».

(AFP)

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