05.10.2019 à 13:40

Hockey sur glaceCe que peut (doit!) changer Christian Dubé

Ce samedi soir, le directeur sportif va troquer sa casquette contre celle d’entraîneur à la place de Mark French, remercié dans la matinée. Mais pour faire quoi?

par
Sport-Center
Le Canado-suisse vivra ce samedi sont premier match sur le banc d'une équipe de LNA.

Le Canado-suisse vivra ce samedi sont premier match sur le banc d'une équipe de LNA.

Keystone

A 19h45, Christian Dubé vivra son premier match derrière le banc d’une équipe de National League. Ce sera face à Rapperswil. Le Canado-Suisse aura la lourde tâche de sortir le Dragon de la mauvaise passe dans laquelle il se trouve depuis le début de saison. Avec deux points gagnés en six matches, la situation est très sérieuse. Mais les dirigeants fribourgeois ont eu le mérite de réagir suffisamment vite pour avoir encore une (infime) marge de manoeuvre. Mais pour ce faire, il faut que la dynamique s’inverse drastiquement. Comment devrait s’y prendre le coach néophyte pour y parvenir? «Le Matin» se mouille.

1. Redonner de l’émotion à l’équipe

Sous l’ère Mark French, FR Gottéron est devenu une équipe structurée. Pour le meilleur (parfois) et le pire (souvent). Le choix d’engager un entraîneur avec une certaine rigueur n’était pas dénué de bon sens. Sauf que cette rigidité extrême a eu tendance à lasser. Surtout lorsque les joueurs se croient (sont?) sous-exploités offensivement. Dans ce contexte, le système de Mark French a fini par causer la perte du Canadien. Les Fribourgeois étaient vidés de leurs émotions. Et, ce n’est un secret pour personne, il s’agit là du principal moteur qui fait tourner l’équipe de la BCF Arena. La mission No 1 de Christian Dubé est donc toute «simple»: mettre un grand coup de pied dans les fesses de tout le monde et, surtout, leur redonner une liberté offensive. Le hockey est un jeu et ils étaient nombreux à l’avoir oublié à Fribourg.

2. Scinder le duo Desharnais - Stalberg

Depuis le premier jour où David Desharnais et Viktor Stalberg sont arrivés à Fribourg, l’idée a été de les associer. Comme ce fut le cas à Omsk d’où les deux attaquants débarquaient. Durant la préparation, l’idée a semblé bonne. Mais depuis un mois, la paire ne fait pas d’étincelles et la redistribution des cartes de la semaine dernière n’a pas donné les résultats escomptés. L’apport de Daniel Brodin avec les deux hommes n’a rien donné. Pire, cela a affaibli les autres lignes. Il faut désormais trouver un moyen de rééquilibrer tout ça. Un coup de sac s’impose et la première mesure doit être de séparer David Desharnais et Viktor Stalberg. Ce qui nous amène au point 3.

3. Faire revivre Andrei Bykov

Le joueur de centre vit un début de saison compliqué. Attaquant créatif doté d’un sacré coup d’oeil et d’un sens du jeu hors-normes, Andrei Bykov n’était visiblement pas à l’aise avec Mark French. Il est désormais capital que le No 89 des Dragons retrouve son allant car sans un bon centre de deuxième ligne, le puzzle ne tient pas vraiment la route. Samuel Walser - s’il est apte à jouer samedi soir après sa blessure contractée vendredi - est un excellent centre de troisième ligne mais paraît un peu léger pour évoluer plus haut dans l’alignement. Si Christian Dubé décidait de faire revivre Andrei Bykov en lui mettant un Viktor Stalberg à sa droite, il pourrait peut-être obtenir un surcroît de production du Fribourgeois. Toujours est-il que le succès de l’opération commando que lance Fribourg actuellement passera par un réveil de Bykov.

4. Trouver un cinquième larron sur le power-play

Mardi soir, Matthias Rossi s’est retrouvé à trois reprises en position de but en l’espace de deux minutes. Sur un power-play pourtant bien en place, l’ailier n’a pas justifié son statut de buteur. Bien au contraire. Les David Desharnais, Viktor Stalberg, Daniel Brodin et Ryan Gunderson composent un quatuor potentiellement intéressant à 5 contre 4. Reste à trouver un cinquième homme pour les épauler. Mais qui? L’absence de Julien Sprunger est évidemment problématique et le remplacer par Rossi n’était pas dénué de sens puisque les deux hommes sont des droitiers. Problème? Le dernier attaquant droitier est… Daniel Brodin. Et le Suédois est ultra-précieux devant le filet. Pavel Rosa, qui a mis sur pied ce power-play, sera peut-être tenté de décaler Daniel Brodin à la place de Matthias Rossi tout en remplaçant ce dernier par un autre «gratteur» devant la cage.

5. Mettre les leaders devant leurs responsabilités

Vendredi soir et comme à chaque match depuis deux saisons, les quatre joueurs envoyés aux interviews étaient choisis d’avance. La veille. Au-delà de l’hérésie que représente une telle mesure, les noms des «commis d’office» à la Valascia peut prêter à sourire: Aurélien Marti, Marco Forrer, Marc Abplanalp et Tristan Vauclair. Les quatre hommes n’ont surtout pas démérité en Léventine. Mais on peut difficilement parler d’eux comme les leaders de cette équipe. Ceux qui doivent assumer une défaite devant les questions des journalistes. Les leaders (David Desharnais, Andrei Bykov, Kilian Mottet, Viktor Stalberg, Reto Berra ou encore Philippe Furrer) se sont vus épargnés par le directoire. Une fois encore. La raison? «Ce sont toujours les mêmes aux interviews», selon le club au moment de prendre cette mesure. Par «les mêmes», entendez les éléments censés tirer la machine vers l’avant. Terrés dans le vestiaire, ils étaient probablement très contents de ne pas avoir à assumer la bouillie proposée contre Ambri. A force de les surprotéger, FR Gottéron leur a ôté le sens des responsabilités. Cet exemple peut paraître anodin. Il ne l’est pas. Cela doit changer.

Grégory Beaud

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