Football: Ce qu’il faut avoir en tête avant Espagne-Suisse

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FootballCe qu’il faut avoir en tête avant Espagne-Suisse

La défense, l’adversaire et la clé du match: voici ce qu’il faudra avoir à l’esprit pour la rencontre de Ligue des nations de samedi (20h45) à Saragosse. Sans oublier les petites infos bonus.

par
Valentin Schnorhk
(Saragosse)
Xherdan Shaqiri (ici saluant l’assistant Vincent Cavin) et Murat Yakin font peser certaines attentes avant le match de samedi.

Xherdan Shaqiri (ici saluant l’assistant Vincent Cavin) et Murat Yakin font peser certaines attentes avant le match de samedi.

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Trois matches. C’est ce qu’il reste à affronter pour l’équipe de Suisse avant d’entrer en lice à la Coupe du monde le 24 novembre prochain contre le Cameroun. Et d’une certaine façon, c’est ainsi que l’on doit raisonner avant l’Espagne-Suisse de samedi (20h45): tout ce qui sera réalisé (ou non) sera analysé sous le prisme du Mondial.

Sans oublier l’enjeu direct, toutefois: ne pas perdre à Saragosse, c’est la garantie pour l’équipe nationale de ne pas être reléguée en Ligue B de la Ligue des nations. Et de s’offrir un match décisif contre la République tchèque mardi à Saint-Gall.

Tout ce qu’il faudra garder à l’esprit avant le coup d’envoi est condensé ici: la défense qui ne bouge pas, un adversaire qu’il faut craindre et la clé du match. Sans oublier une petite dose d’informations à picorer et à partager. Soirée tapas.


La défense, certitude immuable

Même si elle ne le dit pas vraiment, l’équipe de Suisse est de fait déjà en version Coupe du monde. Parce qu’il y a de l’enjeu: il faut éviter la relégation. Conséquence directe: «J’alignerai le meilleur onze possible, nous ne ferons pas d’essais», a tonné Murat Yakin vendredi. Avant de poursuivre en mentionnant certains joueurs qui seront alignés: «La défense reste la même, avec Granit Xhaka devant elle.»

Autrement dit, le sélectionneur a une ligne de quatre dans son esprit, et celle-ci apparaît comme une certitude intangible. Ainsi, Manuel Akanji et Nico Elvedi sont les titulaires en défense centrale, entourés par Silvan Widmer et Ricardo Rodriguez. Avec l’indispensable capitaine pour les protéger, au poste qu’il apprécie le plus. Il faudrait un cataclysme pour changer cette donne.

«Ce serait excessif de dire que nous sommes l’une des meilleures défenses du monde»

Silvan Widmer, latéral droit de l’équipe de Suisse

Au point de voir Fabian Schär cantonné dans un rôle de numéro trois, malgré ses bonnes performances avec Newcastle. «Nous avons à la fois des défenseurs centraux qui peuvent apporter offensivement, mais aussi des défenseurs qui aiment défendre. Elvedi et Akanji s’associent bien pour cela, a souligné le sélectionneur helvétique. Mais je suis également content d’avoir Fabian Schär, qui peut apporter quelque chose en plus offensivement, avec ses longs ballons, ses rushs.»

Il faut dire que le choix est guidé par l’évidence. Widmer (Mayence) et Rodriguez (Torino) sont capitaines en club, alors qu’Akanji et Elvedi ont des références très sérieuses. Difficile pour Eray Cömert (bien qu’il joue régulièrement à Valence) ou Kevin Mbabu (qui n’a pas encore trouvé sa place à Fulham) de contester cette hiérarchie.

«C’est gratifiant que nous puissions tous jouer régulièrement en club, acquiesce Silvan Widmer. Nous sommes bien rodés. Mais ce serait excessif de dire que nous sommes l’une des meilleures défenses du monde (réd: il répondait à une question lui demandant si c’était le cas): nous sommes la Suisse, nous savons ce qu’on peut faire et nous n’avons peur de personne, mais nous gardons les pieds sur terre.» Discours raisonnable, avant d’affronter un tel adversaire.

L’équipe probable: Sommer; Widmer, Akanji, Elvedi, Rodriguez; Sow, Xhaka, Freuler; Shaqiri, Embolo, Vargas (ou Seferovic).


Illisible, l’Espagne fait peur

Luis Enrique a quantité de choix dans son contingent.

Luis Enrique a quantité de choix dans son contingent.

REUTERS

Un compliment n’est jamais de trop: c’est la règle des conférences de presse d’avant-match. Entre entraîneurs, on aime se congratuler et louer le travail de son vis-à-vis. L’échange a eu lieu vendredi. Au service, Murat Yakin a admis apprécier ce que Luis Enrique réalise avec l’Espagne, avec ce jeu «extrêmement attractif: c’est une équipe brillante en termes de technique».

Au retour, le sélectionneur de la Roja n’a pas tremblé: «Je ne m’attends pas à une équipe de Suisse défensive. Elle sait tenir le ballon, elle sait presser. Cela va être un match difficile, parce qu’elle est très forte physiquement et elle a des qualités techniques évidentes.»

Sauf que sur le papier, il y a une évidence: l’Espagne qui est en train de se construire pour la Coupe du monde apparaît comme particulièrement cohérente. La ligne tracée est suivie: il fait peu de doutes que Luis Enrique a quasi sa liste finale en tête. Même s’il a du choix. Vendredi, veille de match, l’ancien entraîneur du Barça n’a rien su dire sur la formation qu’il alignerait contre la Suisse: «Je pourrais faire jouer tout le monde, vu le niveau aux entraînements», a-t-il lancé.

C’est bien le problème. Luis Enrique a tellement de possibilités qu’il semble difficile de déterminer un onze-type côté espagnol. Même si certains cadres se dégagent: Unai Simon dans les buts, Pau Torres en défense, Rodri ou Sergio Busquets au milieu. Difficile aussi de se passer de Pedri, et peut-être même de Gavi, l’autre pépite barcelonaise. Marcos Llorente aussi. Et Alvaro Morata semble être l’attaquant numéro un, la référence en pointe.

Mais autour de ceux-ci, il y a des décisions à prendre. Des choix qui ne s’imposent pas, de fait (qui d’Azpilicueta ou Carvajal à droite, par exemple). Mais qui devront être les bons pour afficher suffisamment de stabilité au Qatar. Les Suisses, pour l’instant, ne doivent guère s’en émouvoir: rares seront les Espagnols à ne pas leur inspirer de crainte.


Les infos bonus


La clé du match: presser plutôt qu’attendre

Dans l’histoire récente de l’équipe de Suisse, il y a eu comme un réveil à la mi-temps du match aller contre l’Espagne, le 9 juin à Genève. La formation de Yakin se laissait dominer par une Espagne dans un confort avant la pause. Le bloc bas que proposait alors la Suisse n’avait pas empêché l’ouverture du score de Pablo Sarabia. Et elle était alors incapable de s’animer avec le ballon.

Et puis, il y a eu révolte. Elle avait été tactique, avec un pressing plus actif (Sergio Busquets était ainsi marqué de très près, là où il n’était que cadré en première période) et surtout plus haut. La Suisse, sous l’impulsion de ses leaders, avait alors choisi de ne plus se laisser faire et de provoquer un peu son destin. Bien lui en a pris, sa deuxième mi-temps était autrement plus prometteuse.

Elle est désormais inspirante: «Nous devrons essayer de reproduire la prestation de la deuxième mi-temps du match aller, a tonné Murat Yakin. Nous devrons mettre l’Espagne sous pression. Nous sommes conscients que nous pouvons tenir tête à des équipes comme l’Espagne.» Cela avait d’ailleurs payé trois jours plus tard contre le Portugal, lors du succès 1-0. Avec une Suisse qui semblait beaucoup plus naturelle dans cette configuration plus agressive.

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