Basketball: Ce qu’il faut retenir de la «trade deadline» en NBA
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BasketballCe qu’il faut retenir de la «trade deadline» en NBA

Les 30 franchises avaient jusqu’à la nuit dernière pour modifier leur effectif. Plusieurs mouvements d’envergure, et pas forcément attendus, sont intervenus, tandis que certains sont restés à quai après avoir fait l’objet de rumeurs.

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Sport-Center
Clint Capela quitte Houston, qui l'avait drafté en 2014.

Clint Capela quitte Houston, qui l'avait drafté en 2014.

David Zalubowski, Keystone

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Ils ont bougé

Clint Capela (de Houston à Atlanta)

La situation du pivot genevois n’était plus si claire à Houston depuis quelques semaines. Son équipe enchaînait les victoires en son absence (dix victoires pour une défaite) et son nom revenait dans plusieurs rumeurs de transfert, ce qui n’est jamais bon signe. Un temps lié à Boston, Capela a finalement posé ses bagages du côté d’Atlanta, au cœur d’un trade géant impliquant quatre équipes (avec Houston, Minnesota et Denver) et douze joueurs. Chez les Hawks, troisième pire bilan de la ligue à l’heure actuelle, il ne disputera pas les play-off cette année mais l’avenir est assuré avec les présences de la pépite Trae Young et John Collins, notamment.

Andre Drummond (de Detroit à Cleveland)

C’est le transfert majeur de cette fenêtre. Le départ du double All-Star n’a pas été une surprise en soi. En pleine reconstruction, Detroit cherchait à évacuer son imposant salaire (27 millions de dollars à l’année). La destination, en revanche, était inattendue. Le pivot de 2,08 m a atterri chez les Cleveland Cavaliers, bons derniers de la Conférence Est. Et la contrepartie est encore plus choquante: les Pistons ont accepté de ne recevoir que Brandon Knight et John Henson, deux joueurs mineurs, ainsi qu’un deuxième tour de Draft 2023. L’intéressé n’a pas apprécié. «J’ai donné mon cœur et mon âme aux Pistons, et voir ça se produire sans avoir été prévenu avant me fait réaliser encore davantage qu’il s’agit juste d’un business», a-t-il tweeté. Toutefois, rien ne dit que Drummond restera à Cleveland au terme de la saison. Il dispose d’une player option dans son contrat, qu’il peut choisir de lever ou non. Auquel cas, il sera libre de s’engager où il le souhaite.

D’Angelo Russell (de Golden State à Minnesota)

Arrivé à l’intersaison aux Warriors, D’Angelo Russell s’en va déjà. Le meneur All-Star n’a jamais semblé s’inscrire dans la durée à San Francisco. Son association avec Stephen Curry, au même poste, posait notamment question. Si les dirigeants ont affirmé en début de saison vouloir le conserver, il semblerait que ce discours n’ait été qu’une façade, afin de valoriser leur joueur et obtenir un échange intéressant par la suite. Golden State récupère l’ailier Andrew Wiggins, premier choix de la Draft 2014, ainsi que les deux tours de Draft 2021 des Wolves. À Minnesota, D’Angelo Russell retrouve Karl-Anthony Towns, dont il est très proche. Ils formeront un duo prometteur autour duquel Minnesota va construire pour s’installer durablement dans le top 8 à l’avenir.

Andre Iguodala (de Memphis à Miami)

MVP des finales 2015, triple champion NBA et défenseur référencé, «Iggy» était l’un des éléments les plus convoités. Il souhaitait ardemment rejoindre un candidat au titre et l’a clairement fait comprendre en refusant de jouer pour les Grizzlies. Une franchise qu’il a rejoint cet été et avec laquelle il n’a pas disputé une seule rencontre. Longtemps annoncé à Los Angeles, où les Clippers et les Lakers semblaient en pole sur le dossier, l’ancien joueur de Golden State a trouvé chaussure à son pied en rejoignant le Heat, actuel quatrième à l’Est. Pour le faire venir, Miami a monté un trade à trois équipes incluant Minnesota, se délestant de James Johnson (qui atterrit chez les Wolves) ainsi que Dion Waiters et Justise Winslow (transférés à Memphis). Dans cette opération, l’équipe floridienne accueille aussi Solomon Hill et Jae Crowder. Dans la foulée, elle a prolongé Iguodala de deux ans, lui offrant 30 millions de dollars sur cette durée.

Marcus Morris (de New York aux Los Angeles Clippers)

Dans le marasme new-yorkais, Marcus Morris est l’un des seuls à s’être distingué positivement depuis le début de la saison (19,6 points, 5,4 rebonds, 44 % de réussite au tir). Ses qualités intéressaient notamment San Antonio mais il rejoint finalement les Clippers, l’un des favoris au titre. Ces derniers ont accepté de lâcher Maurice Harkless, l’un de leurs précieux remplaçants, ainsi que leur premier tour de la prochaine Draft, mais la contrepartie est solide. Il s’agit d’un échange à trois bandes et les Californiens ont également récupéré le meneur Isaiah Thomas en provenance de Washington, avant de couper son contrat dans la foulée. Avec l’arrivée de Marcus Morris, les Clippers améliorent un peu plus leur effectif impressionnant, parfaitement équilibré entre les titulaires et les remplaçants.

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Ils n’ont pas bougé

Kevin Love (Cleveland)

Tout comme Andre Iguodala à Memphis, le champion NBA 2016 ne se retrouve plus dans le projet de reconstruction de sa franchise et souhaitait rejoindre un gros, à 31 ans. Référence au poste d’ailier fort, l’ancien coéquipier de LeBron James a réclamé son transfert début décembre. Loin d’être fermés à l’idée de se séparer de leur plus lourd contrat (90 millions de dollars sur trois ans), les Cavs n’ont pas réussi à trouver preneur. Et pour cause: les quelques formations intéressées et conformes aux exigences du joueur ne possédaient pas assez de flexibilité salariale et n’ont pas réussi à trouver le bon compromis. Kevin Love va donc terminer l’exercice en cours dans l’Ohio, où il formera une impressionnante raquette avec Andre Drummond.

DeMar DeRozan (San Antonio)

Alors que les Spurs sont en difficulté, DeRozan n’était pas épargné par les rumeurs de départ ces derniers mois. Son rendement n’a pas toujours été jugé à la hauteur et en décembre, plusieurs sources faisaient état d’un possible échange avec Evan Fournier (Orlando). Depuis, son équipe ne décolle pas mais l’ancien joueur de Toronto a sérieusement accéléré la cadence. Sur le mois de janvier, il affiche près de 27 points par match à 56 % au tir. De quoi toquer à la porte du All-Star Game, pour lequel il n’a finalement pas été sélectionné, et susciter la convoitise. Cependant, DeRozan dispose d’une player option (de près de 28 millions de dollars). Le risque qu’il se retrouve libre cet été a donc probablement freiné certaines ardeurs.

Danilo Gallinari (Oklahoma City)

Maillon essentiel dans la surprenante saison du Thunder (6e à l’Ouest) avec des moyennes par match de 19,1 points, 5,7 rebonds, 2,3 passes et 44,2 % au tir, l’Italien n’était pas à l’abri d’un trade. Ces dernières heures, le Miami Heat aurait tenté de l’inclure à l'opération qui lui a permis d’attirer Andre Iguodala. Sans succès. Son nom est aussi ressorti du côté de Boston, Philadelphie, Dallas ou encore Phoenix. Danilo Gallinari, qui perçoit 22 millions de dollars cette saison, sera agent libre cet été.

Bogdan Bogdanovic (Sacramento)

Attendus dans la lutte pour les play-off à l’Ouest, les Kings déçoivent fortement (13e avec sept victoires de retard sur le premier potentiel qualifié). Toutefois, la cote de Bogdan Bogdanovic reste intacte (14,6 points à près de 44 % au tir), notamment grâce à son prix abordable (8,5 millions de dollars cette saison). Si Sacramento n’était pas opposé à un échange, c’est parce que l’arrière serbe sera agent libre restreint dans quelques mois et pourrait être tenté de rejoindre une plus grosse écurie. Et ce même s’il a plusieurs fois répété vouloir prolonger l’aventure en Californie.

Brice Cheneval

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