Basketball - «Ce titre a été le plus difficile à gagner»
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Basketball«Ce titre a été le plus difficile à gagner»

Président de Fribourg Olympic, Philippe de Gottrau est heureux après le 19e trophée du club, le troisième d’affilée après 2018 et 2019.

par
Christian Maillard
Les Fribourgeois ont célébré mardi soir leur troisième titre d’affilée et le 19e de leur histoire.

Les Fribourgeois ont célébré mardi soir leur troisième titre d’affilée et le 19e de leur histoire.

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«Il y a encore de la place pour d’autres trophées!» Philippe de Gottrau est un président comblé à plus d’un titre. Après 2018 et 2019, c’est le troisième d’affilée pour Fribourg Olympic, le dix-neuvième de l’histoire d’un club exemplaire et insatiable, qui rend chaque année ou presque banal l’exceptionnel. Or cette dernière Coupe, celle remportées ce mardi soir à Saint-Léonard aux dépens de la surprenante équipe des Strarwings, a une saveur particulière, comme le souligne le dirigeant des Fribourgeois, encore sur son petit nuage. «On est monté en puissance. Si on jette un œil sur nos quinze derniers matches de championnat, on les a tous gagnés. Quant à notre dernière défaite en play-off, cela doit remonter à 2018, lors de notre dernier triplé. Nous avions perdu à Genève…» Au bout de son portable, le président savoure.

Alors président, quel est votre sentiment ce mercredi, après ce nouveau titre de champion de Suisse?

C’est le titre qui a été le plus difficile à gagner car il ne faut pas oublier que nous sommes partis en début de saison avec une équipe qu’il a fallu reconstruire à 80%. Il y a eu ensuite le Covid avant de tout mélanger avec l’Europe en même temps que la Coupe de Suisse et la SBL Cup, sans compter les huis clos, les bulles sanitaires et des blessés au mauvais moment. Voilà pourquoi il a été le plus difficile à gagner et du coup le plus mérité.

Philippe de Gottrau est un président heureux, comblé à plus d’un titre.

Philippe de Gottrau est un président heureux, comblé à plus d’un titre.

DR

Pour vous, est-ce le titre le plus beau de votre règne de président?

Non je pense que le plus beau reste celui qu’on a fêté en 2018 à Fribourg avec une salle comble. C’était lors de notre dernier triplé qui permettait de réaliser un sextuplé avec les trois autres titres d’Elfic Fribourg. C’était même une année monstrueuse pour notre canton avec en plus le sacre de Villars/Glâne en LNB.

En face de vous, contrairement à la finale de la Coupe de Suisse, ce n’était pas Genève mais les Starwings

Dans cette fin de saison, je dirais qu’il y avait des équipes qui montaient et d’autres qui descendaient. Certaines se sont croisées. Maintenant mon seul regret est de navoir pas pu battre Genève durant cette compétition, en play-off. Mais voilà, on ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre. Je dirais aussi que la présence de Bâle en finale est tout un symbole et extraordinaire car quel que soit le nom du premier. Cela prouve qu’une équipe classée au 8e rang peut battre le leader de la saison régulière sur plusieurs matches. Ce n’était pas un accident de parcours parce que Genève a perdu deux matches de suite contre ces Starwings qui ont confirmé derrière contre Neuchâtel.

Ces Bâlois que vous avez battus en trois matches vous ont donné malgré tout du fil à retordre…

Parce que ces Starwings ce n’était pas une équipe qui était 8e du championnat. Ce titre ils ne nous l’ont pas donné, on est allé le chercher, même si parfois la chance était de leur côté. Dans notre contingent, nous avions passablement de joueurs comme Mbala, Morris, Krajna qui n’avaient jamais remporté un titre. Quant à Zinn et Hart, qui ont largement contribué à remporter ce trophée, ils ont franchi un palier en inscrivant des paniers importants. Quand on est sur le banc, c’est bonnard pour la vitrine d’être champion, mais en leur faisant confiance on ne leur a pas donné seulement leur salaire mais des souvenirs et surtout une plus-value mentale.

‹‹Un coach comme Petar Aleksic, il n’y en a pas 36. Maintenant, même si je me coupe une main, j’aimerais bien qu’il trouve un super club en Europe.››

Philippe de Gottrau, président de Fribourg Olympic

Votre coach, Petar Aleksic, qui a remporté un 9e trophée avec Olympic, sera-t-il toujours là la saison prochaine?

On verra. On a déjà commencé les discussions il y a deux mois. On lui a dit ce qu’on pouvait mettre sur la table et quel était notre projet. Un coach comme Petar Aleksic, il n’y en a pas 36. Maintenant, même si je me coupe une main, j’aimerais bien qu’il trouve un super club en Europe. Pour l’instant, les offres quil a reçues sont peut-être meilleures sur le plan salarial qu’à Fribourg, dans des championnats plus élevés qu’ici, mais au niveau du challenge, il n’aura rien de plus de ce quil vit à Fribourgil a sa famille, sa maison. Mais voilà, comme c’est le cas pour des joueurs, s’il peut aller voir à l’étranger et accomplir un rêve, je serais heureux pour lui. Ça doit être son choix et une promotion mais pas une décision de dépit.

Et au niveau des joueurs, y aura-t-il à nouveau des mouvements?

Comme je l'ai dit, on a renouvelé 80% de l’effectif en début de saison. Là, ce sera notre 60e anniversaire mais on ne veut pas faire comme Monthey qui voulait tout gagner pour son jubilé et qui avait accumulé 500 000 francs de dettes sur l’estomac et pénalisé l’équipe par la suite. Nous, on veut juste faire le mieux possible et s’il y a encore un titre pour notre 60e ce sera génial. Mais ce n’est pas but en soi. Pour l’instant, nous avons six joueurs sous contrat (Hart, Solca, Zinn, Memishi, Cotture et Jackson) alors que Gravet et Morris sont libres. On verra bien la suite.

Et allez-vous à nouveau disputer la Coupe d’Europe?

Nous ne voulons pas refaire une aventure européenne comme cette année parce quelle nous a tués financièrement, physiquement et psychiquement. Par contre, ce serait bête de passer à côté d’une qualification en Champions League où on a des points acquis. On se dit, soit on passe un deux tours de qualification ou on la fait mais on ne veut surtout pas rebondir dans l’Europe Cup. Cette Champions League, c’était à condition d’être champion, il fallait un mérite sportif ou une justification. Le coach et les joueurs l’ont assumée sur le terrain, à nous de le faire derrière.

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