31.07.2020 à 12:06

FootballCe Valaisan connaît le foot anglais sur le bout des doigts

Raphaël Crettol a remporté le classement suisse de Fantasy Premier League, le jeu de management basé sur le championnat britannique. Au niveau international, ce passionné de foot anglais a terminé 57e sur plus de 7,5 millions de joueurs.

par
Grégory Beaud
Raheem Sterling (à dr.) a bien aidé Raphaël Crettol à devenir le meilleur joueur suisse de Fantasy Premier League.

Raheem Sterling (à dr.) a bien aidé Raphaël Crettol à devenir le meilleur joueur suisse de Fantasy Premier League.

Keystone

Regarder un match entre Burnley et Brighton en espérant, surtout, que les deux équipes ne marquent pas vous semble absurde? C’est que vous n’êtes pas (encore?) un accro à la Fantasy Premier League (FPL). Dans ce jeu addictif, chaque match du championnat britannique a son importance. Chaque but d’un obscur défenseur de Sheffield peut vous faire basculer dans une rage folle.

Ceux qui ne jouent pas à FPL n’ont probablement jamais entendu parler de John Lundstram. Pour les 7,5 millions d’addicts, il est surnommé «The Lord». Le milieu de terrain de Sheffield avait été catalogué comme un défenseur par les dirigeants du jeu. Chacun de ses buts ou chacune de ses passes décisives donnaient ainsi des points supplémentaires. Bref, la Fantasy Premier League est un monde bien à part.

John Lundstram, plus connu sous le nom de «Lord Lundstram»

John Lundstram, plus connu sous le nom de «Lord Lundstram»

Keystone

A ce «petit» jeu (même si c’est bien plus que ça), un Romand tire son épingle du jeu: Raphaël Crettol. Pour sa neuvième saison déjà, le Valaisan a réalisé une belle performance en terminant dans le Top 100 mondial après avoir passé quasi toute la saison dans le Top 1000. Son classement final, 57e, est même sa meilleure position de tout le championnat. Une régularité au sommet qui a de quoi épater. Sur le toit du monde, le spécialiste a notamment guerroyé avec Magnus Carlsen, grand-maître des échecs et joueur assidu. «Je suis en pleine pause, rigole-t-il. Il faut bien ça après les émotions de ces dernières semaines. Je suis surpris de voir le nombre de personnes qui ont remarqué ma place dans les premiers rangs. C’est fou l’engouement pour ce jeu.»

Toujours bien placé

Jusqu’à cette saison 2020-2021, Raphaël Crettol avait déjà terminé à trois reprises dans le Top 10’000 ce qui est déjà un sacré accomplissement. Son secret? «Peut-être que le fait de ne pas avoir une équipe favorite m’aide, rigole-t-il. Parfois certains amis sont tiraillés par leur amour pour un club et les choix à effectuer. Moi, je suis surtout un fan du championnat.» Si bien qu’il se rend régulièrement outre-Manche pour un match de Premier League. «J’avais rendu visite à ma copine lorsqu’elle était à Norwich, se souvient-il. J’avais adoré l’ambiance de ce stade. Avec des amis, nous essayons de nous rendre régulièrement pour assister à des rencontres. J’étais également allé à Liverpool – Sion. Mais là, j’avais chanté pour Sion (rires).»

Raphaël Crettol (en bas au centre) avec ses amis dans le stade de Newcastle, St. James’ Park

Raphaël Crettol (en bas au centre) avec ses amis dans le stade de Newcastle, St. James’ Park

DR

Cela peut paraître étonnant, mais cette fin de saison a été «éprouvante», pour lui. A la lutte avec un concurrent suisse jusqu’à dernière journée, il a fini par passer l’épaule. De quoi lui faire digérer une mauvaise expérience. «Lors de la saison 2017-2018, j’étais en tête avant la dernière journée et je me suis fait passer devant, se souvient-il. J’avais même terminé au troisième rang.»

Je ne suis pas un fou de statistiques, mais je regarde beaucoup de matches.

Raphael Crettol, vainqueur de la Fantasy Premier League en Suisse et 57e mondial

Au moment de passer sa saison en revue, l’ancien journaliste sportif reconverti dans la communication chez Swiss Cycling a une petite pensée pour Raheem Sterling, joueur de Manchester City. C’est un peu grâce à lui qu’il a pu réaliser une telle fin de saison. «Il me fallait trouver un joueur que mon concurrent direct n’avait pas pour revenir sur lui, car j’avais un retard à combler. En un triplé de Sterling, c’était fait. Et comme il a continué à marquer jusqu’au bout, c’est un peu lui qui m’a aidé.»

La FPL, comment ça marche?

Chaque joueur crée sa propre équipe parmi les 20 formations de Premier League avec un budget prédéfini de 100 millions de livres sterling. Les valeurs varient entre 4,0£ pour les «nobodies» à plus de 12,0£ pour les stars telles que Mohamed Salah. Deux gardiens, cinq défenseurs, cinq milieux de terrain et trois attaquants doivent être enrôlés. Lors de chaque journée, le manager en herbe doit composer son «11» parmi ses 15 joueurs.

Les points sont calculés en fonction des performances des joueurs sur le terrain. Buts, passes décisives ou «blanchissage» rapportent des points tandis que les cartons jaunes/rouges ou autres buts encaissés en coûtent. Chaque semaine, l’apprenti Guardiola reçoit un transfert gratuit pour effectuer une modification dans son équipe en vue de la prochaine journée. Comme à la bourse, la valeur des joueurs fluctue en fonction des achats et ventes des autres managers.

Comme au poker, il faut cinq minutes pour comprendre les règles et une vie pour les maîtriser.

Dans un jeu qui devient toujours plus compétitif, Raphaël Crettol avoue ne pas être un fanatique des chiffres. «J’ai plutôt tendance à faire confiance à mon instinct, détaille-t-il. Je ne suis pas un fou de statistiques, mais je regarde beaucoup de matches. Cela m’aide. Et je commence mine de rien à avoir pas mal d’expérience avec toutes les années. Il y a des erreurs que je ne commets plus.» Le dernier petit secret? Le calme. «Quand cela ne se passe pas bien, il faut être capable de ne pas paniquer et de vouloir tout changer, remarque-t-il. Continuer d’avoir confiance dans son plan et ne pas vouloir à tout prix chercher le joueur improbable que personne n’a. Cela m’a coûté trop de points par le passé (rires).»

A l’instar d’un sportif victorieux d’une grande compétition, on ne se remet pas d’une telle saison si facilement. «J’ai toujours dit que si je gagnais une fois la ligue suisse, je jouerais de manière un peu plus détachée, rigole Raphaël Crettol. Mais bon… Cela ne fait pas une semaine que c’est terminé et je suis déjà prêt pour le prochain championnat (rires). On verra si je serai capable d’être plus détaché. Mais j’ai l’impression que ce sera compliqué.»

Et comme la saison reprend dans moins de deux mois, il n’aura pas beaucoup de temps pour souffler. Les nombreux joueurs de FPL non plus d’ailleurs.

Votre opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!
0 commentaires
L'espace commentaires a été desactivé