10.04.2020 à 13:04

Cela s'est passé un 10 avril: un record pour Didier Tholot à Sion

Football

En 2006, le technicien français atteignait les 481 jours à la tête du club valaisan. Personne n'a fait mieux aujourd'hui avec Christian Constantin.

par
Sport-Center
Entre Didier Tholot et Christian Constantin, c'est une longue histoire...

Entre Didier Tholot et Christian Constantin, c'est une longue histoire...

Keystone

Il y a des records plus faciles à battre que d’autres, suivant où on se trouve évidemment. Guy Roux, qui est resté durant quarante-quatre ans sur le banc de l’AJ Auxerre, fait partie de ces entraîneurs de légende qu’on ne retrouvera plus de sitôt. Comme les dinosaures, ils n’existent plus dans le «foot business kleenex». Le Français n’aurait jamais pu réussir cet exploit ailleurs, surtout pas à Sion!

Comme tout le monde le sait, Christian Constantin n’a pas son pareil pour actionner le siège éjectable, il collectionne les coaches qui ne font souvent que de passer. Gare au Totomat, il est irrésistible et diabolique à Tourbillon! Cela n’empêche pas toutefois des audacieux de tenter l’aventure, il y en a même, ces mazos, qui reviennent après avoir été licenciés...

Un an, sept mois et vingt-cinq jours

C’était le cas de Didier Tholot, le 16 décembre 2014, qui revenait en Valais quatre ans après avoir été remercié. Le Français, 56 ans aujourd’hui, mérite une statue pour ce passage remarqué et remarquable dans ce Valais qu’il adorait. C’était réciproque. Il aura tenu un an, sept mois et vingt-cinq jours avant d’être une nouvelle fois licencié, la faute à ce satané Totomat qui avait sévi. Toujours est-il qu’il reste à ce jour celui qui a «résisté» le plus longtemps au président du FC Sion.

C’est d’ailleurs un 10 avril, il y a quatre ans à domicile, que l’ex-attaquant de poche avait battu ce fameux record de longévité, délogeant à ce palmarès unique Umberto Barberis, en atteignant ce dimanche-là la marque de 481 jours à la tête du club valaisan. «Cela paraît peu dans le football, mais je sais ce que cela représente à Sion, se marre Didier Tholot, atteint dans la région de Bordeaux où il est lui aussi confiné. Ce chiffre est évidemment anecdotique, mais c’est aussi une certaine fierté. On avait obtenu des bonnes performances avec mes idées. J’avais construit quelque chose qui était en train de se bâtir, même si on n’est pas allé au bout. Mais quand on regarde de plus près les résultats du FC Sion depuis, c’était probablement une des meilleures périodes de ces dernières années...»

Avec lui à sa tête, l’équipe valaisanne avait réalisé un parcours comparable à celui de 2009, en remportant notamment la Coupe de Suisse pour une seconde fois. Il qualifiera aussi ce FC Sion pour les 16e de finale de la Ligue Europa, en sortant d'un groupe comptant également Liverpool, Bordeaux et Kazan.

Conscient de ce qu’il attendait en reprenant cette fonction à haut risque en Valais, Didier Tholot ne regrette rien. «Cela a toujours été assez ambigu pour les personnes extérieures, remarque le technicien. Le président, je sais comment il est, et lui, il sait comment je suis. On sait donc que cela va durer un temps et qu’à un moment donné, il y a son envie à lui d’aller beaucoup plus vite, très vite, et mon envie à moi qu’on ne vienne pas marcher sur ce que je suis en train de faire. Après, on se sépare à chaque fois dans de bons rapports. Avec Christian, ça ne change pas ma façon de voir les choses. Je pense que c’est quelqu’un de très bien, mais qui a aussi beaucoup d’impatience.»

Expérience mitigée à Nancy

Après une expérience mitigée à Nancy, il y a deux ans, où il a réussi à sauver in-extremis le club lorrain en Ligue 2 avant de connaître un départ catastrophique (sept matches, sept défaites, zéro but inscrit) - un autre record -, Didier Tholot se retrouve sans emploi depuis le 27 octobre 2018. Il ne serait d’ailleurs pas contre un nouveau retour en Valais, où Ricardo Dionisio est encore loin des 605 jours de règne du Français.

«Cela reste l’endroit où j’ai connu mes meilleurs moments sportifs et beaucoup de plaisir», admet l'ex-joueur de Saint-Etienne, Bordeaux, Bâle, Young Boys et Vevey notamment. En attendant un coup de fil, l’ex-coach à succès de Tourbillon s’est remis sur le marché. «Mais aujourd’hui, il est arrêté avec ce virus, soupire-t-il. La priorité, c’est la santé de chacun, où il s’agit d’aider tout le personnel hospitalier pour qu’il n’ait pas trop de travail.»

Christian Maillard

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