23.03.2020 à 17:42

CyclismeCela s'est passé un 23 mars: Cancellara s'est offert la Primavera

Il y a 12 ans, Spartacus a semé tous ses poursuivants pour s'offrir Milan - Sanremo, son deuxième «Monument» du vélo.

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Sport-Center
Tous derrière et lui devant.

Tous derrière et lui devant.

Keystone

Cette année-là, ce n’est pas une Primavera complètement comme les autres, qui s’est élancée de Milan, dans la matinée, pour 298 km d’efforts. Les organisateurs ont rajouté une côte au km 204, le Mànie (4700 m d'une montée à 6,7% de moyenne), qui ne change pas vraiment grand-chose. Le Poggio, lui, fera 900 m de moins. Et ça, ils aiment les sprinters… Par contre, la traditionnelle arrivée sur la via Roma ne peut pas se faire. La faute à des festivités qui empêchent l’accès aux cyclistes. Du coup, le vainqueur du jour lèvera les bras sur le Lungomare Italo Calvino.

Les cyclistes sont comme ça, optimistes. Parmi les 199 coureurs au départ, quatre se bercent d’illusions et tentent de loin. On ne sait jamais, sur un malentendu… Frischkorn, Savini, D’Andrea et Belohvosciks prennent la poudre d’escampette et y croient presque, lorsque leur avance va frôler les 18 minutes. Mais le peloton des cadors a bien calculé son coup et il revient à une trentaine de bornes du but. C'est souvent là que les choses sérieuses commencent. Cette 99e édition n'est pas différente.

Dans la Cipressa, l’avant-dernière difficulté du jour, les grandes manœuvres commencent. Bettini place une mine, vite rejoint par Lökvist. Derrière, Axelsson et Rebellin tentent de prendre les roues. Des jolis noms, certes, mais ils rentreront tous dans le rang juste avant la montée du juge de paix de l’épreuve: le Poggio. Dans les premiers lacets, Bertolini essaie de partir. Gilbert y va aussi, avec Pozzato, Ballan, Nocentini, Rebellin encore, Freire forcément, et un certain Fabian Cancellara.

Le break est fait et les équipes de sprinters n’arriveront pas à les ramener. C’est donc une explication entre une quinzaine de coureurs qui va avoir lieu sur le bord de mer. A l’entrée de Sanremo, c’est l’Espagnol Landaluze qui craque le premier et attaque, bien conscient des limites de sa pointe de vitesse. Il prend quelques mètres, avant que, à deux kilomètres de l’arrivée, il ne se fasse contrer par Spartacus. Le Bernois appuie fort sur les pédales et fait le trou. Derrière, ça se regarde.

Les autres favoris réagissent, mais il est tard! La locomotive suisse est à fond et, comme lors de sa victoire en solo à Compiègne sur le Tour de France quelques mois auparavant, Cancellara est fort. Très fort. Trop fort. Le Bernois ne sera plus revu et derrière, on est obligé de se préparer à sprinter pour la deuxième place. Après presque sept heures et un quart sur la bicyclette, le coureur de la CSC lève les bras au ciel, franchissant la ligne devant «Pippo» Pozzato et Philippe Gilbert, premiers des perdants, à quatre malheureuses secondes.

Le Suisse est ainsi devenu le deuxième Helvète à s'adjuger la prestigieuse course italienne du début de saison, 21 ans après le Lucernois Eric Maechler. Le porteur du maillot jaune sur le Tour de France précédent a écrit l'Histoire, puisqu'il n'était alors que le quatrième à réussir le doublé sur l'enchaînement Tirreno-Adriatico/Milan-Sanremo, après Giorgio Furlan (1994), Maurizio Fondriest (1993) et Roger De Vlaeminck (1979).

Le Suisse a donc ajouté un deuxième «Monument» à son palmarès, après son succès sur Paris - Roubaix en 2006. Il en rajoutera cinq plus tard dans sa carrière. Cette année-là, Cancellara commençait à devenir le coureur glouton qu’on a connu ensuite. Juste avant ce Milan - Sanremo, il avait aussi gagné la Monte Paschi Eroica, avant de s'offrir Tirreno - Adriatico, la course des deux Mers.

Plus tard dans l'exercice 2008, il s’offrira le prologue du Tour du Luxembourg, deux étapes du Tour de Suisse, une sur la Grande Boucle, il gagnera une levée du Tour de Pologne, finira deuxième de Paris-Roubaix derrière Boonen et remportera l’argent des Jeux olympiques sur le contre-la-montre. Oui, rien que ça.

L'article du «Matin Dimanche» de l'époque est à retrouver en cliquant ici.

Robin Carrel

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