Football: Celestini: «Il faut toujours savoir pourquoi l'on gagne»

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FootballCelestini: «Il faut toujours savoir pourquoi l'on gagne»

Avant d'affronter Sion jeudi, club qu'il aurait pu entraîner, le coach du FC Lucerne dissèque sa méthode. Il évoque aussi son tour de Suisse des bancs.

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Sport-Center
Fabio Celestini, ici samedi contre Servette, n'entend pas sacrifier l'esprit du jeu.

Fabio Celestini, ici samedi contre Servette, n'entend pas sacrifier l'esprit du jeu.

Eric Lafargue

Très rares sont les techniciens à avoir entraîné dans les trois principales régions linguistiques du pays. C'est le cas de Fabio Celestini (44 ans) qui, après s'être imprégné de la mentalité romande sur le banc du Lausanne-Sport et découvert le particularisme latin à Lugano, exerce désormais en terre alémanique. Depuis le début de l'année, l'ancien coach de la Pontaise et du Cornaredo est installé sur le banc du FC Lucerne, un club qu'il a brillamment sorti de la zone rouge (6e avec 35 points en 26 matches).

«L'équipe a réalisé un travail exceptionnel»

«Sauver l'équipe, qui était l'objectif de départ, c'est enchaîner les points, ce que l'on a fait, explique Celestini. Inculquer un message prend du temps. Après un nécessaire temps d'adaptation, l'équipe a réalisé un travail exceptionnel. Elle est sur le bon chemin.» Au passage, Lucerne s'est offert les trois premiers de classes (YB, Saint-Gall et Bâle) en 2020.

De chacune des étapes de son tour de Suisse, Celestini retire un enrichissement personnel. Donner pour apprendre en retour. Saisir les différences pour grandir, tout en s'adaptant au tissu local. «Mon bagage s'étoffe constamment, se réjouit-il. Chaque région a ses particularités, elles-mêmes ancrées dans l'identité locale. Cela fait que chaque équipe répond différemment, selon le mode de fonctionnement. Je cherche toujours la meilleure idée afin de trouver le juste équilibre sans renoncer à ma philosophie de base ni dénaturer le projet de jeu.» Mais, s'il le faut, il l'affine en fonction des hommes chargés de lui donner vie.

«A Lucerne, reprend-il, j'ai une équipe qui aime se défoncer. On y trouve un mélange de plusieurs influences. Les gars acceptent tout… un peu!»

Des pâtes qui restent... des pâtes

On en revient toujours à la méthode Celestini, au service du ballon, qu'il fait aimer. Si la recette ne varie guère, des ajustements en modifient la perception sinon le goût. «Il faut constamment s'adapter. C'est pareil en cuisine. Quand vous préparez des pâtes à la tomate, cela reste des pâtes à la tomate, que la sauce contienne de l'origan, du basilic ou de la marjolaine.» La progression se niche toujours dans les détails.

Dans la quête d'absolu du coach, la recherche de la victoire supplante-t-elle tout le reste ou doit-elle obligatoirement s'accompagner d'une volonté de séduire et marquer les esprits? «La victoire est importante puisque c'est le but, répond l'ancien international helvétique. Mais gagner pour gagner n'a aucun sens. Le seul hasard ne dure jamais assez longtemps. En cela, il peut y avoir des victoires plus dangereuses que des défaites. Il faut toujours savoir pourquoi l'on gagne et pourquoi l'on perd.»

De l'intérêt au Panama

La philosophie, la personnalité et les qualités techniques de Fabio Celestini rayonnent bien au-delà des frontières helvétiques. Ce mercredi, en effet, le média panaméen «Mi Diario» consacre sa «Une »à l'ancien joueur de l'Olympique de Marseille. Avec ce titre: «Un Suisse en ligne de mire». L'architecte du renouveau lucernois serait pressenti pour reprendre les destinées de la sélection du Panama, patrie de son épouse.

La «Une »de «Mi Diario» du 1er juillet.

La «Une »de «Mi Diario» du 1er juillet.

Margiotta en feu

Mais il a un travail plus urgent à accomplir. Jeudi soir (20h30), Fabio Celestini est attendu à Tourbillon pour y affronter Sion, qu'il aurait pu entraîner. Mais l'affaire, pourtant bien emmanchée, avait capoté au dernier moment. «J'aime bien venir jouer à Sion comme j'aimais bien aussi venir jouer à Lucerne quand j'entraînais Lausanne ou Lugano. On est en train de construire quelque chose. Ce que l'on a déjà fait, on veut le solidifier. La question dans ce championnat à nul autre pareil, c'est la constance. Il faut pouvoir tenir le rythme.»

Lucerne profite aussi de la pleine réussite d'un Francesco Margiotta en feu (cinq buts lors des cinq derniers matches). Quand il est pleinement concentré sur son job, l'ancien attaquant du LS n'a que peu d'équivalent en Suisse. «Quand il ne se laisse pas perturber par des éléments extérieurs, confirme son entraîneur, Francesco sait faire la différence.»

Nicolas Jacquier

Il n'y a pas meilleur que Lucerne en 2020

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