Ski alpin: Céline Marti l'a fait!

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Ski alpinCéline Marti l'a fait!

Deux ans après les Mondiaux de Saint-Moritz, la policière genevoise, qui représente Haïti aux Mondiaux de Are, a franchi la ligne d'arrivée, ce jeudi, lors du géant.

par
Christian Maillard
Are

Elle a pu faire un «selfie» avec Lara Gut au départ. «De la rencontrer en vrai, c'était énorme!» Ça, Céline Marti n'est pas prête de l'oublier. La Genevoise, qui représente Haïti à l'occasion de ses deuxièmes Mondiaux, a vécu une fois encore un souvenir indélébile. «Il y a deux ans, à Saint-Moritz, j'étais tellement triste pour elle quand elle s'était blessée, que là, j'ai pu lui parler, c'était génial.» Pour elle, c'est forcément un exemple. «Je regarde les images de toutes ces championnes à la vidéo et cela m'inspire. J'apprends beaucoup en étudiant leurs trajectoires mais là, de les voir en vrai, c'était énorme.»

Un départ avec le dossard 98

Puis ce fut l'heure de s'élancer, avec son dossard 98, une heure quarante après Ragnhild Mowinckel. «Ce n'était pas facile car la neige avait beaucoup changé, explique la policière. Il commençait à pleuvoir et je sentais quand même un petit peu le vent. Et surtout cela se creusait vers les portes où je voulais passer.» Alors, Céline a préféré assurer dans les grosses traces , pour rejoindre l'arrivée, c'était son but. «Je voulais arriver en bas pour ma fille, pour tous mes amis qui sont venus de loin et toutes les personnes qui croient en moi à Haïti, à Genève. Mais aussi pour mes parents, pour la maîtresse et les enfants de l'école de ma fille qui m'ont élaboré une superbe pancarte. J'ai pensé à eux juste avant le départ. Je ne suis pas une championne, qu'on croit ainsi en moi, cela me touche.»

Une arrivée au 88e et dernier rang

Céline Marti a franchi la ligne avec 33'26'' de retard sur l'Allemande Viktoria Rebensburg, au 88e et dernier rang, mais peu importe, pour elle l'essentiel était ailleurs. «Quand je pense qu'il y a bientôt 40 ans, j'étais un petit bébé à qui on donnait peu de chance de passer l'hiver, poursuit l'Haïtienne. Et là, de me retrouver aux championnats du monde avec les meilleurs, c'est juste incroyable. Je peux remercier mes parents de m'avoir boosté et de n'avoir jamais rien lâché. C'est ce qu'ils m'ont appris de plus fort. Rien n'est impossible.» Sa fille, Johanna, 10 ans, qui a griffonné un cœur sur le casque de sa mère, était là, dans l'aire d'arrivée. «J'espère que je serai un exemple pour elle plus tard dans sa vie et qu'elle se rende compte qu'il ne faut jamais baisser les bras et toujours tout donner pour les gens qui croient en toi».

La Genevoise a été la dernière à quitter l'aire d'arrivée, mais si heureuse. Elle espère revenir samedi pour le slalom, avec cette fois-ci un selfie avec Mikaela Shiffrin ou Wendy Holdener.

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