Sport handicap - Celine van Till dit adieu à la compétition
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Sport handicapCeline van Till dit adieu à la compétition

L’athlète malvoyante, victime d’une chute il y a deux mois, préfère arrêter le sprint et son projet de disputer ses deuxièmes Jeux paralympiques à Tokyo.

par
Christian Maillard
Celine van Till a pris une sage décision.

Celine van Till a pris une sage décision.

MAGALI GIRARDIN/TRIBUNE DE GENÈVE

Au bout de cette longue ligne droite, il y avait Tokyo, un sprint pour ses deuxièmes Jeux paralympiques après Rio de Janeiro. Mais Celine van Till s’est arrêtée en plein effort, préférant renoncer à sa participation aux Championnats d’Europe qui se pointaient à l’horizon et à son rêve de découvrir l’Empire du Soleil levant. C’est une vilaine chute, il y a deux mois en Tunisie, qui l’a finalement contrainte à jeter l’éponge, à prendre cette décision difficile, mais raisonnable et responsable.

La Genevoise, devenue malvoyante en 2008 après avoir passé un mois dans le coma, qui avait dû réapprendre à marcher, parler, écrire et manger, a pensé aux séquelles irréversibles, à cet enfer qu’elle ne voulait plus revivre. «Sur le moment, j’ai sous-estimé les conséquences et lampleur du choc, reconnaît la sportive lancéenne. Mais après être lourdement tombée sur la tête, cela m’a poussée à devoir porter un jugement effectif sur la notion de risques que je cours par rapport à mon handicap et que je suis encore d’accord de prendre. Ce n’était pas une simple commotion. Avec ma spasticité, c’était plus délicat. Alors oui, j’étais à deux doigts des Jeux de Tokyo, ce qui rend cette annonce plus difficile, mais je me dis que le plus important c’est ma santé. Après avoir frôlé la mort, je ne veux pas risquer une nouvelle chute, je ne pourrais pas me le pardonner. Alors je vais arrêter le sprint…»

‹‹Je vais continuer à m’investir pour le plaisir car le sport a toujours été pour moi une manière de réaliser ma mission de vie, qui est aussi d’aider d’autres personnes à se dépasser››

Celine van Till, athlète de sport handicap

Il y a forcément des trémolos dans la voix de cette ancienne cavalière, qui a toujours fait preuve de résilience, de ténacité et de volonté dans sa détermination de dépasser les obstacles. «Mais dès que j’aurai complètement récupéré et retrouvé mes sensations que j’avais avant cet accident, je vais continuer à m’investir pour le plaisir car le sport a toujours été pour moi une manière de réaliser ma mission de vie, qui est aussi d’aider d’autres personnes à se dépasser, de les inspirer en leur donnant un exemple, poursuit l’athlète du Team Genève, qui a la conviction de véhiculer un message pour la santé. C’est pour cela que je veux continuer à courir pour le plaisir et de m’impliquer dans le sport par la politique par exemple.»

‹‹Il y a 13 ans, j’ai été victime d’un grave accident où on ne me donnait qu’un petit espoir de remarcher un jour et finalement j’ai fini par courir le 100 mètres en 15 secondes.››

Celine van Till, ex-cavalière devenue spécialiste du sprint

S’il y a évidemment des regrets de ne pas pouvoir poursuivre plus loin son rêve, cette miraculée de la vie, revenue de si loin, ne conserve que de bons souvenirs du chemin qu’elle a emprunté pour retrouver la joie de vivre. «C’était incroyable et improbable ce que j’ai pu faire, se félicite cette sportive dexception. Il y a 13 ans, j’ai été victime d’un grave accident où on ne me donnait qu’un petit espoir de remarcher un jour et finalement j’ai pu remonter à cheval, reprendre la compétition jusqu’aux Jeux de Rio et après une reconversion dans l’athlétisme j’ai fini par courir le 100 mètres en 15 secondes.» Quel chemin parcouru, en effet.

Celine van Till courait le 100 mètres en 15 secondes.

Celine van Till courait le 100 mètres en 15 secondes.

DR

Si à bientôt 30 ans (elle les fêtera le 20 juin prochain), cette femme de tempérament va refermer un chapitre important de sa vie, elle est prête à en écrire d’autres. À ce propos, celle qui a fondé l’ «Association Tout est Possible», qui a commencé un «CAS» à l’Unil en éthique, santé et environnement, a plein de projets en tête afin de poursuivre ses engagements pour les autres. Après «Pas à pas, l’histoire d’un accident et d’une résurrection», celle qui rédige également des articles sur son blog, va enfin sortir un deuxième livre, à fin juin. «Tout est possible d’une situation à l’autre», aux éditions Slatkine, va relater cette longue ligne droite qui aurait dû l’amener jusqu’à Tokyo, mais qui continue vers d’autres horizons tout aussi passionnants…

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