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AlimentationCent millions de personnes sauvées de la faim en dix ans

Cette amélioration devrait permettre d'atteindre les «Objectifs du millénaire» fixés par les Nations unies en 2000.

Globalement, la faim a reculé dans le monde.

Globalement, la faim a reculé dans le monde.

Archives, Keystone

La faim a reculé dans le monde. Cent millions de personnes ont été sauvées de ce fléau depuis dix ans, mais plus de 800 millions en souffrent toujours, selon un rapport de la FAO rendu public mardi 16 septembre. Cette amélioration, en dépit de fortes disparités régionales, devrait permettre d'atteindre les «Objectifs du millénaire» fixés par l'ONU en 2000.

Le monde compte environ 805 millions de personnes souffrant de la faim, soit 100 millions de moins qu'il y a dix ans, et 209 millions de moins qu'il y a 20 ans, a précisé l'Organisation pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), qui a son siège à Rome.

Cette amélioration devrait permettre d'atteindre les «Objectifs du millénaire», qui prévoient de diminuer de moitié d'ici à 2015 la proportion de personnes souffrant de la faim dans les pays en développement, a précisé la FAO dans son rapport annuel sur la faim dans le monde.

Objectifs plus ambitieux pas atteints

En revanche, les objectifs plus ambitieux fixés par le Sommet sur l'alimentation mondiale en 1996 à Rome devant permettre de réduire de moitié le nombre de personnes sous-alimentées dans les pays en développement, également d'ici à 2015, ne seront probablement pas atteints, relève l'organisation.

Globalement, la faim a toutefois reculé dans le monde. Le pourcentage de personnes en état de sous-alimentation est ainsi passé au cours de la dernière décennie de 18,7% à 11,3% de la population mondiale. C'est encore plus flagrant dans les pays en développement, où cette proportion est passée de 23,4% à 13,5%.

L'Afrique sub-saharienne a peu progressé

Les progrès réalisés sur le front de la lutte contre la faim dans le monde masquent cependant de profondes disparités régionales. L'Afrique sub-saharienne a peu progressé au cours des dernières années. Environ une personne sur quatre reste sous-alimentée dans cette partie du monde, indiquent la FAO, le Programme alimentaire mondial (WFP) et le Fonds international pour le développement de l'agriculture (IFAD), co-auteurs de ce rapport annuel.

Ce dernier note toutefois qu'il y a quelques raisons d'espérer, en raison d'un engagement politique croissant pour lutter contre la faim. Une forte croissance économique y améliore les conditions de vie d'une population toujours en croissance. Sept des 10 économies à la croissance la plus rapide sont en effet en Afrique.

Progrès sensibles en Amérique latine

L'engagement politique en faveur de la lutte contre la faim a donné des résultats particulièrement satisfaisants en Amérique latine, où les progrès ont été les plus sensibles, permettant à cette partie du monde d'atteindre d'ores et déjà les objectifs fixés par le sommet de Rome il y a près de 20 ans.

L'Asie, continent de loin le plus peuplé du globe, accueille sans surprise deux personnes sur trois en état de sous-alimentation dans le monde. L'Asie du Sud, soit essentiellement l'Inde, n'a réalisé que peu de progrès, l'Asie du sud-est ayant en revanche déjà rempli les objectifs du sommet de Rome.

Aggravation en Océanie

L'Océanie est la région en développement comptant le moins de personnes sous-alimentées. Mais la situation tend à s'aggraver depuis 20 ans, selon les estimations de la FAO.

Prenant quelques exemples dans le monde, au Brésil, Bolivie, Haïti ou encore au Malawi et à Madagascar, la FAO estime qu'un engagement politique est indispensable pour éradiquer la faim, au-delà des simples progrès économiques qui restent toutefois une condition essentielle.

L'exemple du Brésil

Au Brésil, la croissance économique a certes considérablement réduit la pauvreté. Mais sans l'engagement des autorités, la faim resterait une réalité pour une grande partie de la population, assure ce rapport.

Le programme «zéro faim» lancé par l'ex-président Luis Ignacio Lula da Silva a ainsi permis de diviser par deux le nombre de personnes sous-alimentées entre la période 2000-2002 et celle comprise entre 2004 et 2006.

(ats/afp)

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