14.06.2017 à 14:15

SyrieCertaines évacuations sont des crimes de guerre

L'ONU a déploré mercredi, à Genève, les arrangements conclus entre l'armée syrienne et les rebelles pour l'évacuation de civils.

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Des dizaines de milliers de civils déplacés sont rentrés dimanche chez eux dans le sud syrien à la faveur d'un accord entre les rebelles et le régime de Bachar al-Assad. (Dimanche 8 juillet 2018)

Des dizaines de milliers de civils déplacés sont rentrés dimanche chez eux dans le sud syrien à la faveur d'un accord entre les rebelles et le régime de Bachar al-Assad. (Dimanche 8 juillet 2018)

Keystone
L'EI annonce la mort d'un fils de son chef en Syrie. (Mardi 3 juillet 2018)

L'EI annonce la mort d'un fils de son chef en Syrie. (Mardi 3 juillet 2018)

Keystone
Plus d'un quart de million de Syriens ont déjà fui l'offensive du régime sur les régions rebelles du sud de la Syrie, selon l'ONU. (Lundi 2 juillet 2018)

Plus d'un quart de million de Syriens ont déjà fui l'offensive du régime sur les régions rebelles du sud de la Syrie, selon l'ONU. (Lundi 2 juillet 2018)

Keystone

L'Organisation des Nations unies (ONU) a dénoncé mercredi à Genève certaines évacuations de civils comme «des crimes de guerre». Par ailleurs, la Syrie accuse la Tessinoise Carla del Ponte de violer son mandat au sein de la Commission d'enquête indépendante de l'ONU sur le conflit syrien.

Devant le Conseil des droits de l'homme, le représentant syrien a dénoncé une discussion qui «perturbe» notamment «les efforts de réconciliation» en Syrie. Sans la nommer, il a surtout accusé Mme del Ponte d'avoir violé son mandat en blâmant le régime dans une interview télévisée après l'attaque chimique de Khan Cheikhoun début avril.

La Commission a mené des investigations sur ces violences qui avaient tué plus de 80 personnes et blessé plus de 290 autres. Dans son discours, son président Paulo Sergio Pinheiro a mentionné cette attaque, sans toutefois attribuer de responsabilité à l'une des parties au conflit.

Civils déplacés et bombardés

En revanche, il a déploré les arrangements conclus entre l'armée syrienne et les rebelles pour l'évacuation de civils. Depuis la situation la plus exposée, celle d'Alep-Est en décembre dernier, neuf accords similaires ont été trouvés, a-t-il indiqué. Ils ont abouti à Barzeh, Qaboun, Wadi Barada, al-Waer, Tishreen, Madaya, Zabadani, al-Foua et Kefraya.

Les parties «évitent généralement la participation des civils» aux négociations de ces compromis et des années d'attaques sur ces zones laissent peu de choix à ces personnes de «rester», dit M. Pinheiro. «Des milliers de civils ont été déplacés», la plupart vers Idleb et près d'Alep, a ajouté le président de la Commission.

Mi-avril, un bombardement de terroristes ciblant des évacués d'al-Foua et Kefraya a fait au total plus de 100 victimes, dont 68 enfants. La présence de djihadistes à Idleb expose aussi les civils à des raids aériens réguliers des forces pro-gouvernementales.

De son côté, la Suisse a appelé tous les acteurs qui ont un impact auprès des parties à oeuvrer pour améliorer la protection des centres de santé. Elle a salué les efforts dans le cadre du processus d'Astana, au Kazakhstan, pour un accord sur des échanges et la libération de détenus et s'est dit prête à les soutenir.

La Russie contre-attaque

En marge de cette discussion, la Russie organisait au Palais des Nations une réunion sur Alep. Moscou voulait rétablir la «vérité» sur la situation dans cette ville assiégée, mais aussi après l'évacuation des civils, a dit son ambassadeur à l'ONU à Genève Alexeï Borodavkine. Et de dénoncer les «fausses indications» qui été relayées par certains Etats et la communauté internationale.

Le diplomate russe a accusé les rebelles d'avoir utilisé de la chlorine et d'autres gaz toxiques, d'avoir privé les civils de médicaments et de nourriture et de les avoir utilisés comme boucliers humains. La Russie, accusée d'avoir soutenu le gouvernement dans des attaques indiscriminées, a oeuvré pour améliorer la situation, a-t-il défendu.

Plusieurs représentants du ministère de la défense, du dispositif russe pour la réconciliation à Alep et d'ONG russes, mais aussi le chef de la région autour de cette ville ont détaillé l'assistance apportée aux habitants. «Les citoyens d'Alep ont encore besoin d'aide», a dit M. Borodavkine qui a appelé tous les acteurs à se rassembler.

(ats)

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