Commentaire - Certificat Covid-19: le Conseil fédéral encore une fois au pied du mur

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CommentaireCertificat Covid-19: le Conseil fédéral encore une fois au pied du mur

Quelle voie choisir entre l’extension du certificat réclamée par les cantons ou la poursuite d’une voie plus libérale? Après l’avoir repoussé d’une semaine, c’est à nouveau l’heure du choix à Berne.

par
Eric Felley
Entre Alain Berset et Ueli Maurer, le Conseil fédéral va devoir trouver un chemin consensuel pour l’extension du certificat Covid-19.

Entre Alain Berset et Ueli Maurer, le Conseil fédéral va devoir trouver un chemin consensuel pour l’extension du certificat Covid-19.

AFP

La semaine dernière, le Conseil fédéral a reporté sa décision d’étendre l’utilisation du certificat Covid-19 pour entrer dans les établissements publics, ainsi que dans d’autres endroits fermés. La situation semblait s’être stabilisée autour des 3000 cas, et même pouvait-on espérer une détente. Or les cas du week-end dernier, ainsi que 19 décès en trois jours, ne constitue pas un signal qui va dans ce sens. La pression sur les unités de soins intensifs ne semble pas faiblir.

À la veille de prendre une nouvelle décision, la presse dominicale a fait état des divergences au sein du Conseil fédéral. Pour l’extension du certificat, le ministre de la Santé, Alain Berset, a derrière lui les cantons, les milieux de la santé et tous les partis politiques à l’exception de l’UDC. Son collègue Ueli Maurer est sorti de sa réserve de ministre des Finances pour exprimer publiquement son opposition à l’extension. Son parti l’UDC, GastroSuisse et l’USAM continuent de ne pas vouloir d’une telle issue pour la qualité de la vie sociale. Le Zurichois parle de «fronts qui se sont durcis».

«Protéger tout le monde de la mort…»

Au sein du Conseil fédéral, les sages n’échappent pas à la tension générale. Ueli Maurer a fait cette déclaration: «L’État n’a pas pour mission de protéger tout le monde de la mort et de toutes les maladies. Dans une société libre, les gens ont le droit de se réaliser». Ce sont des propos qui doivent résonner bizarrement dans l’esprit de son collègue en charge de la Santé dont c’est justement la responsabilité: non pas d’empêcher les gens de mourir mais de faire en sorte de protéger la population des maladies. C’est encore plus vrai dans la situation pandémique dans laquelle nous nous trouvons, hélas, encore.

Depuis le début de l’été, le Conseil fédéral a suivi une ligne libérale, la moins interventionniste possible et dans l’espoir d’une normalisation. Le variant Delta et le peu d’empressement de la population à se faire vacciner en ont décidé autrement. On ne peut prédire dans quelle mesure l’extension du certificat va permettre à court, moyen ou long terme d’infléchir la courbe des hospitalisations. Mais ne rien faire à l’heure actuelle, avant l’automne et l’hiver, semble un pari très risqué. Cette mesure devrait aussi inciter, encore et encore, davantage d’indécis à se faire vacciner et à se protéger eux-mêmes. Car ce n’est pas l’État qui protège, c’est le vaccin.

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