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Censure«Ces affiches poussent au viol»

Le projet de loi visant à interdire les publicités sexistes dans les rues vaudoises vient de la députée Verte Sandrine Bavaud . Reste à savoir comment l'appliquer.

par
Benjamin Pillard
dr

C'est une motion qui pourrait bien faire date. La députée Verte Sandrine Bavaud a obtenu mardi une large majorité pour son texte demandant au Conseil d'Etat de prohiber les publicités qualifiées de sexistes. Vous avez dit censure? «Oui, il s'agit bien d'interdire, explique l'écologiste. Je suis pour la liberté d'expression, mais le sexisme est un véritable problème de santé publique: de telles affiches poussent à la violence, voire au viol.»

Les publicités seront passées en revue par une commission d'experts. Problème: selon quels critères déterminer ce qui est discriminatoire et ce qui ne l'est pas? «Certains cas seront évidents, d'autres moins, reprend Sandrine Bavaud. D'où l'importance d'un comité avec des gens venant d'horizons suffisamment variés: la santé, la philosophie, l'école, l'église…» Et le féminisme? «Pourquoi pas», lâche la députée membre du groupe «Egalité des Verts», qui ne cache pas son militantisme pour la cause.

A ses yeux, il y a sexisme dès lors qu'il y a «désaccord entre le produit et la réalité». Une femme quasi nue pour vanter les mérites d'une voiture: ça ne passe pas. Mais ce qui indigne le plus Sandrine Bavaud, c'est l'idéalisation de la femme: «On nous impose d'avoir la peau bien tendue… ras-le-bol!»

Si le texte du gouvernement vaudois passe la rampe du Parlement, ce serait une première en Suisse. Pour l'heure, seule une ordonnance dans le canton de Bâle-Ville statue sur la question.

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