Ski alpin: Ces athlètes pourraient être les héros de Crans-Montana 2027

Publié

Ski alpinCes athlètes pourraient être les héros de Crans-Montana 2027

Alors que la station valaisanne a obtenu les Mondiaux de ski alpin 2027, voici quelques athlètes romands qui pourraient briller dans cinq ans sur le Haut-Plateau. 

par
Sylvain Bolt
Le Valdo-Nidwaldien  Yannick Chabloz est l’un des grands espoirs suisses en vitesse.  

Le Valdo-Nidwaldien  Yannick Chabloz est l’un des grands espoirs suisses en vitesse.  

imago images/Eibner Europa

Lors des Mondiaux de Crans-Montana 1987, 8 des 10 titres mondiaux avaient été décrochés par des athlètes suisses. Soyons réalistes, ce sera difficile d’imiter la génération des Pirmin Zurbriggen, Maria Walliser et Erika Hess. Quarante ans après, quels seront les héros suisses sur le Haut-Plateau? On devrait pouvoir compter sur le phénomène Marco Odermatt, qui aura 29 ans en 2027. 

 Ce dernier pourrait potentiellement avoir cinq globes de cristal du général dans ses valises. On peut aussi imaginer qu’entre les Mondiaux 2023 de Méribel/Courchevel (France) et ceux de Saalbach-Hinterglemm (2025), la star du ski aura eu l’occasion de décrocher quelques médailles mondiales. Et d’amener un ou plusieurs autres titres olympiques à celui décroché en géant aux JO de Pékin 2022?

Le Valais mise sur Meillard et Rast

Le Valais comptera sur Loïc Meillard, qui pourrait faire oublier la mésaventure de Joël Gaspoz, éliminé à quatre portes de l’arrivée du géant en 1987.  Et Genève rêve d’un titre mondial de Tanguy Nef en slalom.

 «Une belle génération de 2000-2001-2002 devrait prochainement arriver au sommet»

Valentin Crettaz, entraîneur-chef du cadre C de Swiss-Ski

Chez les femmes, la locomotive pourrait bien être la Valaisanne Camille Rast, bien installée en Coupe du monde à 22 ans et qui est prête à franchir un cap supplémentaire ces prochains hivers. La Fribourgeoise Noémie Kolly pourrait avoir délogé  Corinne Suter et Lara Gut-Behrami, qui sera très certainement retraitée, en vitesse. 

Mais nous avons décidé de nous pencher sur les espoirs romands pas encore forcément connus du grand public. Entraîneur en chef du cadre C de Swiss-Ski, le Valaisan Valentin Crettaz a également côtoyé ces espoirs du ski suisse lors de leur formation à Brigue.  

«Une belle génération de 2000-2001-2002 devrait prochainement arriver au sommet, prévient le coach. Ils pourraient être tout devant en 2027, mais cela dépend  si la génération de Murisier, Yule ou Holdener, qui auront 33-34 ans aux Mondiaux de Crans-Montana, seront encore présents. Nous avons un problème de riche et pas la place pour tous ces talents, donc certains seront sacrifiés.»

N’oublions pas non plus les blessures qui peuvent briser une carrière. Mais voici une liste non-exhaustive d’athlètes romands qui pourraient se mêler à la lutte pour des médailles lors des Mondiaux 2027 à Crans-Montana.  

Delphine Darbellay 

«C’est une skieuse capable de jouer les premiers rôles en géant et en super-G lors des Mondiaux 2027, prévient Valentin Crettaz. Au départ, elle sait relâcher la pression et prend beaucoup de risques». La skieuse du Val Ferret, comme un certain Daniel Yule, a vécu une fin de saison passée en apothéose.

Médaillée de bronze du Team Event lors des Mondiaux juniors, elle a été appelée de dernière minute pour disputer l’épreuve par équipe des finales de Coupe du monde de Courchevel/Méribel.  La Suissesse est une polyvalente, qui va devoir faire ses armes en Coupe d’Europe avant de pouvoir franchir le cap de la Coupe du monde. Si son plan de carrière n’est pas perturbé par les blessures, elle pourrait être l’une des révélations des Mondiaux de 2027. 

Loïc Chable  

C’est l’un de ces skieurs qui doivent se faire un prénom. Le frère de Charlotte Chable va partir aux États-Unis pour les études et tenter de se faire remarquer sur le circuit nord-américain. Le Villardou suit ainsi les traces du Genevois Tanguy Nef, parti jeune à Dartmouth (USA), avant de se faire une place en Coupe du monde.


«C’est un énorme talent qui prend parfois trop de risques, estime Valentin Crettaz. Se développer dans un autre environnement et mentalité différente de la Suisse peut lui être bénéfique.» 

Luc Roduit 

Comme la Biennoise Amélie Klopfenstein, le Martignérain s’est révélé lors des Jeux olympiques de la jeunesse en décrochant trois médailles aux JOJ 2020 à Lausanne: l’argent en slalom, le bronze en géant et en super-G.

«C’est un jeune athlète qui aime les grands événements et sait comment tout mettre en place pour briller», avertit Valentin Crettaz, l’entraîneur en chef de Roduit, Macheret et Chable au sein du cadre C de Swiss-Ski.  

Nicolas Macheret

 Le frère de Valentine Macheret fait partie du cadre C de Swiss-Ski, dirigé par l’entraîneur anniviard Valentin Crettaz. «Nicolas est parfois trop cérébral mais il est très motivé en découvrant la Coupe d’Europe, explique le coach. Il s’est retrouvé cet hiver à la table de Niels Hintermann, un habitué de la Coupe du monde et ça lui montre aussi ce qu’il reste à faire pour atteindre ce niveau.» 

Après les Meillard, une fratrie du village de Broc espère aussi éclore au plus haut niveau. Idéalement en 2027.   

Valentine Macheret 

La Fribourgeoise de 23 ans a eu un avant-goût de Coupe du monde cet hiver, en disputant le slalom de Kranjska Gora (Slovénie), où elle n’avait pas réussi à se qualifier pour la 2e manche. Son but est de réaliser d’excellents résultats en Coupe d’Europe, afin d’obtenir de meilleurs dossards lors de ses prochains essais au plus haut niveau.  

En Slovénie, elle s’était élancée avec un dossard élevé, le 51, sur 57 participantes. «Valentine est une athlète au fort caractère, qui sait exactement où elle veut aller», souligne Valentin Crettaz à propos de la vice-championne suisse de slalom 2021.   

Yannick Chabloz 

Présent aux Jeux olympiques de Pékin à seulement 22 ans, Yannick Chabloz a vécu un ascenseur émotionnel. Le grand espoir du ski suisse a lourdement chuté dans la descente du combiné des JO et a subi de multiples blessures au bras gauche. Le Valdo-Nidwaldien aura au moins déjà une expérience d’un grand événement, lui qui avait déjà décroché la médaille de bronze du super-G des Mondiaux juniors 2020.  «C’est un gros bosseur, qui a la tête sur les épaules et qui gère très bien la pression», décrit Valentin Crettaz.

L’hiver passé, le frère du freerideur Maxime Chabloz a décroché une surprenante 13e place pour son deuxième départ en Coupe du monde à Val Gardena, avant de se frotter (et de chuter) sur la Streif de Kitzbühel. Ce sera sans aucun doute un des prétendants aux médailles mondiales à Crans-Montana 2027.  

Arnaud Boisset 

Contrairement à ses potes Alexis Monney et Yannick Chabloz, le skieur de Martigny n’a pas encore eu sa chance en Coupe du monde. De retour de blessure la saison passée, le spécialiste de vitesse a vécu un hiver cauchemardesque en Coupe d’Europe. Selon ses coaches, c’est l’un des athlètes les plus doués techniquement de sa génération.  «Arnaud a un tempérament très fort et perd parfois de l’énergie en s’énervant contre des décisions des coaches».

C’était le cas notamment en janvier 2020, lorsque le jeune valaisan n’avait pas été retenu pour s’élancer pour participer aux entraînements à Wengen, préféré à un rival bernois. À 23 ans, le Martignerain a même disputé des courses FIS (3e échelon) l’hiver passé. «Je sais que je suis dans des années charnières et que je ne dois pas louper le bon wagon», avait-il confié au Nouvelliste en fin d’année passée.   

Alexis Monney  

Le Fribourgeois est l’un des trois noms qui reviennent au moment d’évoquer l’avenir de la vitesse helvétique. Champion du monde junior de descente en 2020 alors qu’il ne faisait pas encore partie des cadres de Swiss-Ski, Alexis Monney a brûlé les étapes pour franchir assez rapidement le pas en Coupe du monde.  A 22 ans, il a pu enfiler quatre dossards sur le cirque blanc cette saison (une fois dans les points à Kvitfjell) et se battra ces prochains hivers pour décrocher une place fixe dans l’élite, où la concurrence est très forte.

«Alexis n’a pas encore la pression de devoir faire des résultats et peut poursuivre sa progression linéaire dans l’ombre»,  se réjouit son ancien coach.  

Amélie  Klopfenstein

La skieuse de La Neuveville a l’avantage d’avoir déjà brillé lors d’un grand événement en Suisse. C’était en janvier 2020 aux JOJ de Lausanne, ou la skieuse du bord du lac de Bienne était devenue championne olympique de la jeunesse en super-G, en slalom géant et médaillée de bronze du combiné.

Le tout alors qu’elle n’avait que 17 ans et qu’elle avait remplacé au dernier moment la blessée Delphine Darbellay. 

En novembre passé, elle a fait ses débuts en Coupe du monde lors du parallèle de Lech-Zürs (44e), avant d’être stoppée net en se déchirant le ligament croisé antérieur du genou droit lors d’un entraînement pendant les Mondiaux juniors de Panorama (Canada).

«Après son retour dans blessure dans deux hivers, elle aura encore trois ans pour s’affirmer en Coupe du monde dans les disciplines techniques», observe Valentin Crettaz.

Ton opinion