Coronavirus – Ces lieux où on se contamine le plus
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CoronavirusCes lieux où l’on se contamine le plus

Une étude réalisée en France cet été désigne sans trop de surprise les réunions privées, bars et discothèques ou encore les avions comme endroits à haut risque.

par
Michel Pralong
Les lieux fermés où l’on oublie souvent les gestes barrières, comme les soirées privées, sont ceux où l’on risque le plus une contamination.

Les lieux fermés où l’on oublie souvent les gestes barrières, comme les soirées privées, sont ceux où l’on risque le plus une contamination.

Getty Images/iStockphoto

Le coronavirus se transmet plus facilement dans des endroits clos, mal aérés et où les mesures sanitaires sont les moins respectées. C’est ce que vient une nouvelle fois confirmer une étude menée en France par l’Institut Pasteur, mais qui a le mérite de mettre également des probabilités de risques sur les divers lieux et même suivant la composition des familles.

Il faut tout d’abord préciser que cette enquête a été menée en période estivale, entre le 23 mai et le 13 août 2021. Et que durant cette période, plusieurs événements sont survenus: alors que les musées et lieux culturels ainsi que les établissements à l’extérieur (terrasses, activités sportives) étaient rouverts dans le pays depuis le 19 mai, il a fallu attendre le 9 juin pour que les espaces intérieurs des bars et restaurants ne rouvrent. Les boîtes de nuit, elles, ont rouvert le 9 juillet, mais avec une nouveauté: le pass sanitaire. Pass qui a été étendu le 9 août, soit 4 jours seulement avant la fin de l’étude et dont on ne peut donc sans doute pas juger l’efficacité pour les bars et restaurants notamment.

L’Euro de foot n’a pas aidé

Pour cette quatrième étude du genre, 12 634 personnes infectées durant cette période ainsi que 5560 témoins non infectés ont été interrogés sur les lieux fréquentés et, dans le cas des premières, sur les circonstances de la contamination. Les résultats sont clairs: on a 340% de risques en plus d’attraper le coronavirus dans une soirée privée ou dans une boîte nuit et +90% dans les bars. À noter, selon le communiqué de vendredi de l’Institut Pasteur qu’un pic a été constaté dans les bars et soirées privées, surtout chez les moins de 40 ans et chez les hommes, entre le 9 juin et le 9 juillet. Soit les dates… de l’Euro de football.

En revanche, aucun risque supplémentaire n’a été constaté dans les lieux culturels comme les théâtres ou cinéma, les lieux de cultes, pour les activités sportives ou encore chez les coiffeurs. Pour les commerces, seuls ceux de proximité (donc dans des espaces restreints) présentent un surrisque. Et, alors qu’ils ont été parmi les établissements les plus fermés au public, pas de risque supplémentaire constaté non plus dans les restaurants. Mais l’étude émet une réserve de taille: à l’époque concernée, beaucoup opéraient en terrasse et avec une bonne aération, portes et fenêtres ouvertes.

Gros risques en avion

Les moyens de transport ont également été analysés. L’avion est le plus dangereux avec 70% de risques d’être contaminé en plus, suivi du taxi (+50%), du train (+30%), de la voiture aussi (+30%) mais avec des proches ou des amis, pas les plateformes de covoiturage, les personnes ne se connaissant pas respectant visiblement les mesures de précaution. En queue de peloton, le métro: +20%.

Autre aspect intéressant de cette étude, la présence d’enfants dans la famille représente un risque accru en raison du contact dans les écoles. Chez les parents de plus de 40 ans (ce qui permet d’avoir toutes les classes d’âge d’enfants pour la comparaison), ce risque augmente plus l’âge des enfants est bas. Soit, selon le système scolaire français, +20% s’ils ont un enfant au lycée, +30% pour un collégien, +40% pour les primaires, +60% pour la maternelle et +90% pour les moins de 3 ans (crèches).

Contaminés vaccinés mieux protégés

La période de l’étude a également été marquée par le variant Delta. Les résultats ont permis de constater que la protection des vaccins ARNm contre les formes symptomatiques du Covid est abaissée à 67% avec le Delta, ce qui confirme d’autres études internationales. En revanche, les personnes qui ont été infectées par le passé et qui n’ont ensuite reçu qu’une seule dose d’un vaccin ARNm (suffisante dans leur cas), sont plus protégées contre le Delta que les personnes non infectées qui ont reçu deux doses de vaccin, soit 85% contre 67%. Cette étude a été publiée dans «The Lancet».

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