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Rébellion«Ces voyous nous pourrissent la vie»

La bande de jeunes multi-récidivistes de Monthey (VS) a franchi un nouveau seuil en s'attaquant à des policiers.

par
Benjamin Pillard
Jean-Guy Python

Un agent hospitalisé, deux véhicules de police endommagés, deux vitres brisées et des menaces de mort. C'est le dernier bilan à l'actif d'un groupe de multirécidivistes de Monthey (VS). Des ados de 16 à 25?ans adeptes de la violence gratuite, qui terrorisent toute une région depuis huit mois.

Insultes et doigts d'honneur

L'altercation remonte à la nuit de vendredi à samedi dernier. Il est près de 1?h?30 du matin lorsqu'une dizaine de jeunes quittent L'Escale, un bar du centre-ville situé à seulement 100?m du poste de la police municipale. Interpellés plus tôt dans la soirée pour avoir dérobé des bouteilles d'alcool, les délinquants prennent à partie cinq policiers. Insultes et doigts d'honneur fusent dans la nuit polaire. Puis des projectiles: bouteilles, cailloux, morceaux de glace. A cinq contre quinze, les policiers ont besoin de renfort. Problème: leurs confrères de la police cantonale sont déjà en intervention à Martigny pour une rixe au couteau entre trois jeunes. S'ensuit une course-poursuite sur une centaine de mètres le long de la rue du Pont.

En détention provisoire

A la hauteur du Old Bridge Café, les voyous s'emparent de chaises sur la terrasse du bar avant de les lancer de toutes leurs forces sur les agents. Ces derniers tentent de disperser les voyous. En vain. Le caillassage reprendra 200?mètres plus loin, à la sortie de la ville, non loin du bâtiment des Services Industriels. Une ultime agression éclatera devant le poste de police.

Entre mercredi et jeudi, les quinze ados ont été interpellés: sept Suisses ou binationaux, six ressortissants kosovars, un Turc et un Portugais. Si seuls cinq d'entre eux sont en détention provisoire, tous sont connus de la police. «La majorité sont des multirécidivistes, qui nous pourrissent la vie», déplore Jean-Marie Bornet, porte-parole de la police cantonale valaisanne. «Cette nouvelle altercation est particulièrement inacceptable car elle vise les forces de l'ordre, et donc l'Etat de droit.» Et de préciser que les sanctions devront être exemplaires. «Sinon, autant changer de métier», lâche-t-il, amer.

«Ce sont des jeunes désœuvrés, qui ont arrêté leur apprentissage et qui vivent notamment grâce à la drogue», explique un ado de 18 ans qui connaît bien la bande. «Depuis le deal qui a mal tourné en juin dernier, les gens de mon âge ne sont pas tranquilles.»

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