19.02.2016 à 17:49

Négociations avortéesCessez-le-feu en Syrie pas près d'entrer en vigueur

Alors que le conflit syrien entre dans sa sixième année, les espoirs de paix apparaissent plus minces que jamais, a reconnu l'émissaire de l'ONU, Staffan de Mistura.

L'émissaire de l'ONU, Staffan de Mistura. Il a déclaré que la date de jeudi prochain envisagée pour la reprise des négociations à Genève entre régime et opposition n'était pas réaliste.

L'émissaire de l'ONU, Staffan de Mistura. Il a déclaré que la date de jeudi prochain envisagée pour la reprise des négociations à Genève entre régime et opposition n'était pas réaliste.

Keystone

Les combats et les bombardements ne montraient aucun signe de répit dans le nord la Syrie vendredi.

Le cessez-le-feu, réclamé par les Etats-Unis et la Russie il y a une semaine, aurait pourtant dû entrer en vigueur. Même les prochaines négociations envisagées le 25 février deviennent de moins en moins probables.

Alors que le conflit syrien entre dans sa sixième année, les espoirs de paix apparaissent plus minces que jamais, comme l'a reconnu l'émissaire de l'ONU, Staffan de Mistura. Il a déclaré que la date de jeudi prochain envisagée pour la reprise des négociations à Genève entre régime et opposition n'était pas réaliste.

«Je ne peux pas de façon réaliste convoquer de nouvelles discussions à Genève jeudi prochain. Mais nous avons l'intention de le faire bientôt», a confié Staffan de Mistura au quotidien suédois Svenska Dagbladet.

«Nous avons besoin de dix jours pour nous préparer et envoyer les invitations. Le dialogue (...) peut être couronné de succès si l'aide humanitaire se poursuit et si nous obtenons un cessez-le-feu».

Violents bombardements

Sur le terrain, les forces kurdes poursuivent leur progression dans le nord du pays. Elles ont avancé face à l'Etat islamique (EI) dans la province de Hassaké, bénéficiant de l'appui aérien de la coalition internationale menée par les Etats-Unis.

Dans le même temps, la Turquie a étendu ses bombardements à plusieurs secteurs de la province d'Alep contrôlés par les forces kurdes syriennes. Elle les accuse notamment d'être derrière l'attentat meurtrier de mercredi à Ankara.

«Il s'agit des plus violents bombardements» depuis le début de la campagne militaire turque contre les Kurdes dans cette région, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Pourparlers au point mort

Le bruit des armes devait pourtant cesser vendredi conformément à l'appel lancé jeudi passé par le Groupe international de soutien à la Syrie (ISSG). L'organisation rassemble 17 pays, dont les Etats-Unis et la Russie.

La cellule sur cette trêve décidée la semaine passée à Munich ne s'est pas encore réunie comme c'était prévu vendredi à Genève, même si des rencontres préparatoires ont été menées par la Russie et les Etats-Unis. Quant aux négociations entre le régime et l'opposition, elles sont au point mort. Elles ont été suspendues le 3 février.

Inquiète des projets de la Turquie d'envoyer des troupes en Syrie, la Russie a convoqué une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU. Elle se tiendra à huis clos à partir de 20h00, selon des diplomates. Jusqu'à présent, la coalition dirigée par Washington mène seulement des frappes aériennes contre l'EI en Syrie.

Moscou critique Assad

Alliée du régime syrien, la Russie a par ailleurs exprimé son mécontentement après des propos du président syrien Bachar el-Assad. Ce dernier a affirmé vouloir reconquérir toute la Syrie. Ces déclarations «dissonent avec les efforts diplomatiques entrepris par Moscou» afin de mettre fin aux hostilités et d'y instaurer un cessez-le-feu, a estimé l'ambassadeur russe à l'ONU, Vitali Tchourkine, dans une interview au quotidien Kommersant.

Vitali Tchourkine a aussi déclaré qu'il était «trop tard» pour l'établissement d'une zone d'exclusion aérienne en Syrie. L'Allemagne et la Turquie plaident pourtant pour cette solution.

L'OTAN a enfin averti la Turquie de ne pas provoquer la Russie, rapporte l'hebdomadaire allemand Spiegel. L'Alliance atlantique «ne se laissera pas entraîner dans une escalade militaire avec la Russie dans le sillage des tensions entra la Russie et la Turquie», a mis en garde le ministre luxembourgeois des Affaires Etrangères Jean Asselborn, qui parlait au nom de ses collègues de l'OTAN.

(ats)

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