Hockey sur glace: C'est bien, tu vas pouvoir te relancer
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Hockey sur glaceC'est bien, tu vas pouvoir te relancer

Au lendemain de l'échange qui a envoyé Nino Niederreiter chez les Hurricanes de la Caroline, notre spécialiste de la NHL adresse une lettre à l'attaquant grison.

par
Emmanuel Favre

Ben voilà, c'est arrivé. Comme David Aebischer, Martin Gerber, Sven Andrighetto, Mirco Müller et Mark Streit l'avaient fait avant toi, tu es passé de la théorie à la pratique. En NHL, tu avais conscience que tu patinais dans un environnement régi par la notion de business. Maintenant que tu as été échangé par le Wild du Minnesota aux Hurricanes de la Caroline, tu sais mieux que quiconque que ce mot un peu fourre-tout ressemble à une épée qui zigzague sur les casques de tous les joueurs.

Au fond de toi, tu connais probablement les raisons qui ont incité la direction du Wild à se débarrasser de toi.

Tu es au bénéfice d'un très bon contrat qui te rapportera 5,25 millions de dollars américains par exercice jusqu'au terme de la saison 2021-2022.

Tu n'avais pas connu un première moitié de campagne 2018-2019 extraordinaire puisque tu n'avais inscrit que neuf buts en 46 parties.

Ton directeur général, Paul Fenton, n'avait débarqué que durant l'été 2018 à St.Paul et il avait besoin d'apporter des touches personnelles à une équipe qui a toujours eu tendance à s'éclipser en play-off. Il a préféré gicler un gars qu'il n'avait pas choisi.

La semaine dernière, d'ailleurs, lorsque nous nous étions longuement parlés à Montréal, tu n'avais pas sorti le chapelet d'excuses. Comme d'hab, tu avais été sincère. Tu étais insatisfait de ton rendement et tu ne comprenais pas pourquoi tu marquais dans les défaites et pourquoi tu restais muet dans les victoires. On a évoqué le spectre de l'échange. Le regard dans le vague, tu avais lâché un “on verra bien, je n'ai pas d'emprise sur ce qu'il se passe dans les bureaux.” Oui, on a vu.

Je t'ai vu jouer aussi. Pas de doute, cher Nino, tu restes un sacré bon hockeyeur, qui marie la vitesse à la robustesse, qui crée de l'espace, qui ne rechigne pas à aller dans ces fameuses zones où ça fait mal, notamment pour masquer le gardien ou chercher une déviation dans les phases de supériorité numérique.

Le problème, c'est que, à force d'être fâché avec la lampe rouge, ta confiance s'est étiolée, tu t'es mis à réfléchir et tu as étouffé ton instinct.

C'est pourquoi, une fois que tu auras vraiment accepté cet échange, tu pourras repartir sur de nouvelles bases en Caroline, une équipe qui pratique un jeu plus ouvert que celui enseigné par Bruce Boudreau avec Minnesota.

C'est sûr, a priori, la destination ne fait pas rêver. Tu vas patiner avec un vilain maillot (bon ce n'est que mon avis), dans une patinoire à moitié vide, pour une organisation souvent concernée par les rumeurs de déménagement. Mais t'as vu le talent qu'il y a sur la glace? Il y a peut-être même une place à prendre à l'aile droite du trio emmené par le génial finlandais Sebastian Aho et son compatriote Teuvo Teravainen.

C'est en tout cas tout ce que je te souhaite. Tu le mérites. Comme tu mérites de réaliser un tour du chapeau le 23 mars. Oui, regarde le calendrier: ce jour-là, le Wild sera de passage dans ton nouveau chez toi, à Raleigh.

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