Iles Tonga - «C’est ici que ma vie se trouve»
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Iles Tonga«C’est ici que ma vie se trouve»

Les habitants des îles Tonga se montraient samedi déterminés à reconstruire leur pays dévasté par une puissante éruption et un tsunami. Le Covid complique toutefois l’aide humanitaire.

L’éruption le 15 janvier du Hunga-Tonga-Hunga-Ha’apai a provoqué un tsunami qui a affecté plus de 80% des quelque 100’000 habitants que compte l’archipel, selon les Nations unies. La majorité de la population entend rester vivre dans le royaume et s’attelle déjà à réparer les immenses dégâts, estime la journaliste tongienne Marian Kupu. «Nous voulons rester ici, dans notre pays, car c’est ce qui constitue notre identité de Tongiens. Nous voulons reconstruire notre pays, nous unir et aller de l’avant», déclare-t-elle à l’AFP.

Les réserves d’eau de dizaines de milliers de personnes pourraient être contaminées par les cendres du volcan ou l’eau salée du tsunami qui a suivi, les cultures ont été détruites et au moins deux villages ont été totalement anéantis. Selon des estimations, lors de l’éruption, environ un km3 de matière a été propulsé, et les experts estiment que le Hunga-Tonga-Hunga-Ha’apai restera actif «pendant des semaines, voire des mois».

En dépit des menaces

«Les habitants des Tonga vont avoir besoin d’un important soutien pour faire face à un désastre d’une telle ampleur», a souligné Sione Hufanga, chargé de la coordination de l’aide des Nations unies aux Tonga. «Ils sont toujours accablés par l’ampleur des dégâts».

Cet archipel est le troisième pays au monde le plus vulnérable aux catastrophes naturelles, selon le rapport sur les risques mondiaux. Mais en dépit de ces menaces, la journaliste affirme que la plupart des Tongiens entendent rester vivre sur l’archipel. «C’est ce sentiment de fierté qui se manifeste ici, nous ne voulons pas quitter le pays où nous sommes nés et où nous avons grandi», explique-t-elle.

Un survivant de l’île d’Atata, qui a été anéantie par le tsunami, lui a raconté qu’il entendait retourner sur son île, a-t-elle ajouté. «Il a expliqué qu’il souhaitait y retourner car ses parents y sont enterrés, il y est né et c’est là-bas que sa vie se trouve». «Il souhaite que le gouvernement ou quiconque aide à la reconstruction de sa petite île pour qu’il puisse y retourner», a-t-elle encore dit.

Le Covid complique l’aide

L’aide humanitaire, notamment de l’eau, acheminée par des avions militaires australiens, néo-zélandais et japonais a commencé à arriver jeudi après que la principale piste d’atterrissage de l’archipel a finalement été débarrassée de l’épaisse couche de cendres qui la recouvrait. L’intervention humanitaire est cependant compliquée par les strictes mesures aux frontières destinées à éviter toute propagation du Covid-19. Elles ont jusqu’à présent permis à l’archipel d’être épargné par le virus.

Les autorités exigent qu’elle soit livrée sans aucun contact physique et une période de quarantaine de trois semaines pour tout personnel humanitaire souhaitant rester dans le pays. «C’est un moment très, très difficile pour le peuple tongien», a déclaré Zed Seselja, ministre australien en charge du Développement international, mais «nous respectons le désir du gouvernement de ne pas ajouter une crise Covid à une crise humanitaire causée par un tsunami».

Samedi, un avion japonais, transportant de l’eau potable, s’est posé sur l’archipel, a rapporté Kyodo News, et trois appareils chargés de nettoyeurs haute pression vont suivre. Un troisième navire de la marine néo-zélandaise à bord duquel se trouvent des hélicoptères, de l’eau, des bâches, du lait en poudre ainsi que du matériel d’ingénierie est en route pour les Tonga où il devrait arriver en début de semaine prochaine. Le ministre néo-zélandais de la Défense, Peeni Henare, a indiqué que toutes les livraisons se feront sans aucun contact.

Le gouvernement tongien a qualifié le double événement de la semaine dernière de «catastrophe sans précédent» et déclaré une situation d’urgence pour environ un mois. L’éruption a provoqué la rupture du câble de communications reliant l’archipel au réseau internet, coupant cette petite nation du Pacifique du reste du monde.

Au moins un mois sera nécessaire pour que les communications soient totalement rétablies. Entre-temps, des communications partielles ont été établies mais le fournisseur de réseau mobile Digicel a indiqué qu’un trop grand nombre d’appels entraînait des retards.

(AFP)

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