Football - C’est la guerre au FC Bâle
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FootballC’est la guerre au FC Bâle

Bernhard Burgener, patron du FCB, et l’ex-joueur David Degen, qui aimerait le devenir, se livrent une lutte sans merci. Pendant ce temps-là, le club va mal.

par
Simon Meier
David Degen (à gauche) et Bernhard Burgener (à droite) assistent à un match en octobre 2019. Depuis, les relations se sont tendues entre les deux hommes.

David Degen (à gauche) et Bernhard Burgener (à droite) assistent à un match en octobre 2019. Depuis, les relations se sont tendues entre les deux hommes.

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Le FC Bâle, qui se débat dans un tumulte politique quasi permanent depuis des mois, a vécu un lundi complètement fou. La guerre à laquelle se livrent Bernhard Burgener, actionnaire principal et président du club depuis l’été 2017, et David Degen, qui aimerait le remplacer, ne semble de loin pas terminée.

La séance du conseil d’administration, agendée lundi à 16 h, avait été cochée comme «le jour de l’addition» par les deux camps. On allait enfin savoir qui emporterait le morceau.

Peu avant 16h30, la révolution semblait d’ailleurs consommée: «Suite à un transfert d’actions, David Degen est avec 91,96% des parts l’actionnaire majoritaire de la FC Basel Holding AG», proclamait alors un communiqué de presse diffusé par un collaborateur de l’ex-joueur de 38 ans.

Moins d’une heure plus tard, la riposte fusait sur le site officiel du club: «Aucun transfert d’actions n’a été réalisé entre Bernhard Burgener et David Degen. Le conseil d’administration donnera d’autres informations en temps voulu et regrette la façon de procéder de David Degen.»

Des investisseurs britanniques face à Degen

Que s’est-il passé? L’ex-international suisse de 38 ans, qui a porté le maillot du FCB durant six ans, est arrivé à la réunion avec des envies de putsch immédiat. En amont du rendez-vous, ses avocats avaient déposé une ordonnance superprovisionnelle au Tribunal de Bâle-Ville, dans le but de s’opposer à la revente des actions de Bernhard Burgener à des investisseurs étrangers.

David Degen, qui était devenu actionnaire minoritaire du club fin 2019, possède un droit de préemption sur le rachat du club - fixé à 16 millions de francs - et compte bien le faire valoir. L’ennui? Bernhard Burgener, qui va se retirer de la présidence, a d’autres intentions que de «donner» les rênes à celui qui est clairement devenu un ennemi.

L’homme d’affaires bâlois, qui a fait fortune dans l’industrie cinématographique, souhaite plutôt céder ses billes, via une société suisse (Basel Dream & Vision AG), à des investisseurs britanniques (Centricus) dont la rumeur dit qu’ils seraient prêts à investir 200 millions à terme dans le club. David Degen, qui était plutôt du style accrocheur sur le terrain, est déterminé à faire capoter l’affaire pour rafler la mise.

«Nous avons très vite besoin d’un nouveau début et de calme, a communiqué lundi soir l’ex-joueur. Je vais me battre pour le FCB. Je suis prêt à endosser la responsabilité du FC Bâle. J’ai une stratégie claire, avec des gens compétents et très expérimentés à mes côtés, avec lesquels jentreprendrai tout pour développer le club avec succès. Je me concentrerai moi-même avant tout sur le domaine sportif.»

David Degen n’a pas précisé l’identité de ses compagnons de projet, mais il a la cote auprès des supporters, très en colère suite aux tristes résultats de ces dernières années. Pour l’heure, la balle est dans le camp de la justice. Et il n’est pas certain que tout ce ramdam apporte beaucoup de sérénité à Ciriaco Sforza et son équipe, en difficulté sur le terrain.

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