Covid-19 - «C’est le dernier moment de se décider pour la vaccination avant l’automne»
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Covid-19«C’est le dernier moment de se décider pour la vaccination avant l’automne»

La Suisse est entrée en «phase de normalisation», selon le Conseil fédéral. Alain Berset lance un appel à la responsabilité individuelle et annonce que les tests de convenance devraient devenir payants.

par
Gilles Martin
Alain Berset: «Se faire vacciner est une contribution individuelle à un effort collectif».

Alain Berset: «Se faire vacciner est une contribution individuelle à un effort collectif».

REUTERS

En bref

  • Les personnes qui le souhaitaient ont pu se faire vacciner.

  • On passe en phase de «normalisation»: les mesures ne serviront plus à protéger la population non vaccinée, mais à préserver les structures hospitalières d’une suroccupation.

  • Dès le 1er octobre, les tests pour personnes asymptomatiques (dits de convenance) et les cinq autotests par mois devraient devenir payants. La mesure est mise en consultation jusqu’au 25 août.

  • Le port du masque à l’intérieur et dans les transports publics reste obligatoire, tout comme le certificat Covid pour les grandes manifestations.

Lors de sa séance de rentrée, mercredi, le Conseil fédéral a décidé de maintenir, pour l’instant, les mesures de restrictions contre la propagation du coronavirus. Pas d’assouplissement immédiat donc. Le port du masque reste imposé à l’intérieur des établissements ou transports publics. Et le certificat Covid reste exigé pour les grandes manifestations.

Ces mesures sont «limitées et bien acceptées», a relevé Alain Berset mercredi après-midi en conférence de presse. Mais pas question de les renforcer, même si la dynamique actuelle n’est «pas si bonne». Selon le ministre de la Santé, il faut désormais admettre que le virus va continuer à circuler et même beaucoup. La Suisse a d’ailleurs franchi à nouveau la barre des 2000 cas quotidiens. Mais conformément à son modèle des trois phases (protection, stabilisation, normalisation), désormais en phase de «normalisation», les mesures ne serviront plus à protéger la population non vaccinée, mais à préserver les structures hospitalières.

Pour le Conseil fédéral, cette nouvelle phase est synonyme d’un renforcement de la responsabilité individuelle. Depuis le 11 juillet, la courbe des vaccinations ne progresse quasi plus, alors que les cantons affichent suffisamment de capacités. «Celles et ceux qui souhaitaient le faire ont pu se faire vacciner», en conclut le conseiller fédéral pour justifier ce changement de phase. Aux indécis, le Fribourgeois a lancé: «C’est le dernier moment de se décider pour la vaccination avant l’automne». Et d’insister: «C’est une contribution individuelle à un effort collectif». Dans cet esprit, la Confédération lancera une nouvelle campagne d’information le 16 août.

Tests de convenance et autotests plus remboursés

Parallèlement à la vaccination, les tests restent une mesure importante. La stratégie actuelle de dépistage repose sur des tests répétés dans les écoles et les entreprises ainsi que sur des tests préventifs, a insisté le Conseil fédéral. Ces tests continueront d’être financés et encouragés par la Confédération. Il propose aussi de rendre obligatoires les tests répétés du personnel non vacciné des établissements de soins et des EMS.

Mais la stratégie devrait changer en ce qui concerne les tests (dits de convenance) pour les personnes asymptomatiques. Ils ne devraient plus être remboursés dès le 1er octobre. Tout comme les autotests. Cela ne concerne pas les enfants jusqu’à 12 ans et les personnes qui ne peuvent pas se faire vacciner. Ceux qui souhaitent participer à un événement où le certificat est obligatoire devront donc payer eux-mêmes leur test ou se faire vacciner dans l’intervalle.

Les réactions

Le Conseil fédéral est resté «très prudent - trop prudent», selon GastroSuisse. «Nous exigeons un
retour rapide à la normale, a déclaré Casimir Platzer, président de la faîtière des restaurateurs, dans un communiqué. Tout autre scénario serait incompréhensible».

Le PLR, lui, voudrait que les tests soient payants avant le 1er octobre.

De son côté, Travail.Suisse critique le fait que les coûts des tests ne seront plus couverts à partir du 1er octobre et en fera part au Conseil fédéral lors de la consultation. Les tests permettent de mieux comprendre l'apparition des infections, c'est pourquoi les coûts devraient encore être couverts pendant quelques semaines, selon la faîtière syndicale. Elle se réjouit toutefois que le Conseil fédéral n'a pas donné suite à l'extension du certificat coronavirus sur le lieu de travail demandée par les employeurs.

Le Conseil fédéral propose également que les personnes sans symptômes puissent, à leurs frais, participer individuellement à des tests PCR salivaires groupés (pool), par exemple dans des pharmacies, et avoir ainsi accès à des diagnostics plus fiables et moins onéreux. Il met ces adaptations en consultation auprès des cantons et des commissions parlementaires et prendra sa décision le 25 août 2021. Il procédera à une nouvelle évaluation de la situation et à une éventuelle adaptation des mesures lors de sa séance du 1er septembre 2021, lorsque les conséquences des retours de vacances seront mieux visibles.

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