Motocyclisme - C’est toujours plus compliqué pour les dinosaures

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MotocyclismeC’est toujours plus compliqué pour les dinosaures

Il ne faut jamais comparer ce qui n’est pas comparable. Reste que les parcours actuels des deux plus anciens pilotes du paddock, Valentino Rossi en MotoGP et Tom Lüthi en Moto2, se ressemblent de plus en plus.

par
jean-Claude Schertenleib

Qu’est-ce qu’une seconde (1’’086, très exactement) dans la vie d’un homme? Rien du tout, bien sûr. Mais dans celle d’un pilote au palmarès fourni (un titre mondial, 17 victoires, 65 podiums), c’est rédhibitoire, parce que dans une catégorie où tout le monde dispose (presque) du même matériel, cela correspond à un vingt-deuxième rang. Ce que vit Thomas Lüthi, parce que c’est bien de lui qu’il s’agit, n’est pas agréable.

Tom Lüthi vit des moments difficiles à Jerez.

Tom Lüthi vit des moments difficiles à Jerez.

Getty Images

Pour tous les fans, plus encore pour celui qui veut encore persuader (se persuader?) qu’il est capable de rebondir. Alors, c’est ce discours, trop répétitif, relayé par son entourage et qui dit notamment: «Nous n’avons pas été surpris des difficultés rencontrées au Portugal, nous devons nous montrer patients, renforcer notre compréhension mutuelle, c’est toujours ainsi lorsqu’on change d’équipe. Dès que nous serons sur des circuits où nous avons plus de feedback, comme Jerez de la Frontera, Le Mans et le Mugello, nous retrouverons notre place.»

Problème: la patience a ses limites et Jerez de la Frontera, c’est ce week-end. Or, comme au Qatar (deux courses, une quinzième place et une chute), qu’à Portimão il y a deux semaines (17e rang en course), le scénario se répète aussi bien que le discours: Lüthi réussit rapidement dans chaque séance un chrono qui semble alors honnête, avant de redescendre dans la hiérarchie au fil des minutes. Comme si le mur placé devant lui était devenu infranchissable.

Rossi: mêmes maux, mêmes mots

Valentino Rossi ne trouve pas de solution.

Valentino Rossi ne trouve pas de solution.

AFP

Si, on l’a écrit plus haut, il est presque inconvenant de comparer le meilleur pilote suisse des temps modernes avec le monument mondial de la moto, les faits sont là: Valentino Rossi, qui deviendra l’an prochain propriétaire d’un team MotoGP, continue de se dire persuadé qu’après un début de saison compliqué, de belles choses sont encore à venir: «Mon but est de rester l’an prochain dans mon équipe actuelle, le fait que je deviendrai patron d’un team n’y changera rien. J’ai toujours dit que seul les résultats diront si je poursuis ou non ma carrière encore une année.»

Or, alors que son nouvel équipier Franco Morbidelli, avec une Yamaha aux spécifications anciennes, joue au sommet de la hiérarchie, le dinosaure des dinosaures a dû se contenter, ce vendredi, du 21e rang, devançant juste Iker Lecuona (pression extrême sur le jeune Espagnol, puisque des candidats à son guidon, comme Remy Gardner et Raúl Fernández, espèrent faire le saut de la classe Moto2 à la catégorie MotoGP l’an prochain) et Tito Rabat, remplaçant pour un week-end de Jorge Martin (sérieusement blessé et opéré, après sa chute des essais du GP du Portugal).

Et lui aussi, Valentino Rossi, semble se retrouver dans une impasse. Ainsi, cet après-midi, il a signé son meilleur chrono dès son quatrième tour, avant de chercher, de chercher encore, sans jamais trouver les solutions techniques pour améliorer son niveau de performances.

Dupasquier-Aegerter: sourires!

À Jerez, Jason Dupasquier a le sourire.

À Jerez, Jason Dupasquier a le sourire.

Getty Images

Après les grimaces, les sourires. Quatrième de cette première journée d’essais en Moto3 (troisième temps de la séance matinale), le Fribourgeois Jason Dupasquier a passé un nouveau cap qualitatif en retrouvant ce circuit de Jerez qu’il connaît très bien. Le pilote KTM, qui fait tout juste depuis le début de la saison – un seul mauvais choix tactique lors des qualifications au Portugal, une «erreur» corrigée en course – a de quoi afficher un large sourire en Andalousie. Après avoir renforcé ses propres acquis lors des trois premiers GP de la saison – dixième, puis onzième à Doha, douzième à Portimão -, le Fribourgeois peut faire encore mieux dimanche lors de ce GP d’Espagne, dans la catégorie assurément la plus animée du programme.

Sourire aussi et mission accomplie pour Dominique Aegerter, en MotoE: comme on pouvait s’y attendre, il partage son rôle de patron de la catégorie des machines électriques avec le Brésilien Eric Granado, qui a signé le meilleur temps des deux séances d’essais libres du jour et qui devance finalement «Domi» de 77 millièmes de seconde. Le troisième de la hiérarchie provisoire est déjà à plus de 3 dixièmes.

GP de France: huis clos

Claude Michy, le promoteur du GP de France au Mans, a tout essayé. Il a proposé plusieurs pistes aux autorités politiques et sanitaires pour pouvoir accueillir quelques milliers de spectateurs tout en respectant les règles de distanciation, rien n’y a fait: les 14, 15 et 16 mai, la cinquième manche du championnat du monde 2021 se déroulera à huis clos: «Les dates annoncées cette semaine pour les différentes phases de la fin du confinement ne nous permettent malheureusement pas d’accueillir des spectateurs», explique l’organisateur.

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