Assouplissements pour les manifs - «C’est une bonne nouvelle qui donne plus de questions que de réponses»
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Assouplissements pour les manifs«C’est une bonne nouvelle qui donne plus de questions que de réponses»

Les grands festivals se réjouissent du calendrier hypothétique d’assouplissements annoncé par le Conseil fédéral mercredi. Mais ils ne vont pas forcément revoir leurs plans pour autant.

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rmf/fec/lvb
Jamie Cullum

Jamie Cullum

Les organisateurs de grandes manifestations voient le ciel se découvrir un peu avant l’été: un calendrier d’assouplissements a été évoqué par le Conseil fédéral ce mercredi, qui ne donne pas de garanties si ce n’est des compensations financières en cas d’annulation. Mais pour beaucoup, il est déjà réjouissant d’imaginer pouvoir réunir des milliers de personnes d’ici quelques mois, une situation impensable depuis plus d’un an.

Gampel voit grand

«Dans le fond, ce sont plutôt de bonnes nouvelles qui nous permettent surtout d’entrevoir 2022 avec davantage de sérénité, se réjouit Jean-Yves Cavin, codirecteur du Cully Jazz. Mais ça ouvre aussi un énorme champ de questions. Ces chiffres, est-ce par lieu, par salle, par festival? En extérieur ou en intérieur? Et quid des consommations?» Face aux incertitudes, le festival ne changera pour l’instant rien à son édition réduite prévue en août, qui se limitera à 1000 personnes à la fois sur le site. «Même pour la programmation, on ne sait pas encore quels artistes pourront venir ou pas selon la situation sanitaire dans leur pays.»

Le Montreux Jazz Festival, lui non plus, n’a pas tiré la prise, et les plans actuels devraient pouvoir être maintenus pour juillet, avec trois zones distinctes pour 1200 personnes, soit 300+300+600. «On ne va pourtant pas augmenter drastiquement nos jauges, indique Mathieu Jaton, directeur du festival. En revanche, ça nous permet d’avoir de la flexibilité pour faire des ajustements. Et le parapluie de protection financière est également une excellente nouvelle, on nous donne enfin de la prévisibilité.»

L’Open Air Gampel, en Valais, a choisi de tout miser sur les annonces du jour et a décalé son édition d’août à septembre afin de bénéficier de la jauge de 10’000 personnes par jour. Les organisateurs misent sur le fait qu’une bonne partie de la population sera vaccinée d’ici là. Ils appellent maintenant le Canton à mettre sa part du soutien financier annoncé en cas d’annulation.

Hors festivals, pas de révolution en vue

Pour Michael Drieberg, directeur de Live Music Production, difficile de se réjouir. «Dans ces annonces, il y a plus de questions que de réponses.» L’organisateur de concerts craint de revivre la situation d’octobre dernier, alors que les programmations avaient été relancées avant de devoir à nouveau tout arrêter. «L’organisateur doit quand même payer 20% de la perte en cas d’annulation, c’est beaucoup. Il y a trop de conditions pour s’engager au risque de devoir annuler ensuite.» Quant à l’organisation d’événements pilotes à 300 ou 600, Live Music Production ne ferme pas la porte, mais n’y voit pas un grand intérêt «sachant qu’à Barcelone par exemple, on a déjà vu qu’il était possible de n’avoir aucune contamination sur 5000 participants».

Vincent Sager, directeur d’Opus One, est encore plus négatif: «Je crains que l’été ne soit déjà mort… En ce qui nous concerne, on ne fera rien cet été, tout est déjà annulé ou reporté. Certains projets pourront peut-être se concrétiser, mais les grands festivals se sont déjà prononcés, cette annonce arrive trop tard. De plus, c’est une annonce formulée au conditionnel. Les pays qui nous entourent sont encore en confinement, les conditions ne sont pas réunies. Maintenant, l’objectif, c’est l’automne. On garde espoir: la vaccination progresse, réjouissons-nous de ça. On espère pouvoir envisager des concerts en automne.»

Le monde du sport se réjouit timidement

Les stades pourraient à nouveau se remplir aux deux tiers, à concurrence de la jauge limite en vigueur à ce moment. Voilà de quoi réjouir les fans comme les joueurs. Cependant, l’embarras est grand pour plusieurs manifestations prévues fin août, comme Athletissima ou l’European Masters de golf de Crans-Montana: à quelques jours près, ils devront se limiter à 3000 au lieu de 10’000. Le patron d’Athletissima, Jacky Delapierre, confie donc qu’il faudra sortir la calculette pour définir si l’organisation est viable financièrement, mais a priori, elle aura lieu de toute façon.

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