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CyclismeCette fois, Hirschi est allé au bout de son rêve

Le Bernois de 22 ans a remporté en solitaire la 12e étape du Tour de France entre Chauvigny et Sarran, au bout d’un nouveau numéro magnifique.

par
Robin Carrel, Sarran Corrèze
Le Bernois Marc Hirschi a de nouveau réalisé une échappée spectaculaire lors de la 12e étape du Tour de France. Cette fois-ci, il est allé jusqu’au bout pour signer une victoire historique pour le cyclisme suisse. 

Le Bernois Marc Hirschi a de nouveau réalisé une échappée spectaculaire lors de la 12e étape du Tour de France. Cette fois-ci, il est allé jusqu’au bout pour signer une victoire historique pour le cyclisme suisse.

KEYSTONE

Deux fois ça allait, mais trois c’était trop pour Marc Hirschi. Après sa 2e place de la 1re étape à Nice puis son morceau de bravoure de la 9e, qui l’a vu crever au poteau à Laruns, le coureur de la Sunweb a cette fois levé les bras en Corrèze, après avoir dégoûté tout le peloton dans les 30 derniers kilomètres. Et dire qu’il dispute là le premier Grand Tour de sa carrière!

Hirschi succède ainsi à son mentor Fabian Cancellara, qui était le dernier Suisse à l’avoir emporté sur la Grande Boucle, hors chrono par équipes. C’était sur un contre-la-montre à Liège en 2012, il y a 2994 jours. La dernière victoire d’un Helvète sur une étape en ligne? C’était Cancellara toujours, à Compiègne, il y a 4811 jours cette fois. Une paille.

Travail d’équipe

C’est dans le Suc au May (2e catégorie) que le Bernois a fait une grosse différence. Bien lancé par ses coéquipiers Søren Kragh Andersen et Tiesj Benoot, il a pris la direction des opérations en se permettant le luxe de distancer «à la pédale» Marc Soler et Maximilian Schachmann, soit les deux derniers gagnants de la course Paris-Nice, épreuve qui couronne les rois des punchers en début de saison.

Juste avant, l’avant-dernière bosse de la journée, grimpée si vite que les échappés n’en ont pas réchappé, avait permis d’éliminer la grande majorité des sprinters, dont des cadors comme Sam Bennett, Elia Viviani, Caleb Ewan, voire André Greipel. Mais ce que les équipes des sprinters qui passent bien les bosses, comme Peter Sagan ou Matteo Trentin, n’avaient pas envisagé, c’est que devant, Hirschi allait partir pour un sacré numéro et qu’il allait passer la dernière côte avec près d’une minute trente de bonus sur le peloton des favoris.

Dans les derniers kilomètres de l’épreuve, Hirschi a grappillé du temps dès qu’une descente se présentait devant ses roues. Le coureur d’Ittigen a ensuite réussi à résister jusqu’au bout sur le long faux-plat qui mène à Sarran, alors qu’Alaphilippe était parti seul derrière lui, avec aussi un certain Sébastien Reichenbach, en grande forme également. Le Valaisan a terminé bon huitième.

Les choses sérieuses

Kasper Asgreen (Deceuninck-Quick Step), Mathieu Burgaudeau (Total Direct Energie), Max Walscheid (NTT), Luis Leon Sanchez (Astana), Imanol Erviti (Movistar) et Nils Politt (Israel Start Up Nation) ont animé cette étape, la plus longue de la 107e édition de la Grande Boucle. Ces six hommes sont partis tôt dans une journée qui a servi aussi à rendre hommage à Raymond Poulidor et Jacques Chirac, mais ils n’ont pas pu y croire une seule seconde. Sagan voulait se «venger», lui qui a fait rouler son équipe Bora-Hansgrohe toute la journée. La Suisse le remercie.

Vendredi, place aux choses très sérieuses, entre Châtel-Guyon et le difficile Puy Mary-Pas de Peyrol. Le peloton y disputera l’étape avec le dénivelé le plus important du Tour 2020 avec 4400 mètres d’ascension au total. Les coureurs y graviront sept côtes en tout, deux de 1re catégorie, deux de 2e et trois de 3e. Les deux dernières permettront de se faire la guerre entre favoris, puisque le Col de Neronne (3,8 km à 9,1%) et le Puy Mary (5,4 km à 8,1%) ont de quoi effrayer les meilleurs. Mais peut-être pas Marc Hirschi...

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3 commentaires
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Deux étoiles

10.09.2020 à 19:39

Jolie victoire, mais nous restons quand même deux fois champions du monde, NOUS !

Christian

10.09.2020 à 18:02

Jamais deux sans trois! Bravo et merci pour le sport suisse. Un grand champion digne successeur de son maître Fabian qui nous a également fait vibré à l’époque, tout les deux habitants d’Ittigen.

B R A V O

10.09.2020 à 17:37

Un futur grand champion !