Football: Cette mutinerie qui trouble la sélection espagnole

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FootballCette mutinerie qui trouble la sélection espagnole

Quinze joueuses de la sélection espagnole ont demandé à ne pas être convoquées tant que le sélectionneur était en place. La fédération nationale a répondu. Depuis, le chaos règne.

par
Rebecca Garcia
L’Espagne, soudée et solide sur le papier, traverse une crise sans précédent.

L’Espagne, soudée et solide sur le papier, traverse une crise sans précédent.

REUTERS

On se souvient de la mutinerie de l’équipe de France lors de la Coupe du monde 2010 en Afrique du Sud. Les joueuses espagnoles ont aussi décidé de frapper un grand coup, jeudi soir. Des lettres de joueuses demandant à ne pas être convoquées par leur équipe nationale sont arrivées les unes après les autres au sein de la Fédération espagnole de football. En cause: le sélectionneur Jorge Vilda, dont les méthodes «affectent leur santé et leur état émotionnel.»

«La RFEF ne permettra pas aux joueurs de remettre en question la continuité de l’entraîneur national et de son équipe d’entraîneurs»

Fédération espagnole de football (RFEF)

La RFEF a reçu quinze lettres au total, dont celles d’Ona Batlle et Lucia Garcia (Manchester United) ou encore Laia Aleixandri et Leila Ouahabi (Manchester City). Si la Ballon d’or et star du FC Barcelone Alexia Putellas n’a pas signé de missive, elle a bien partagé l’avis de ses coéquipières sur les réseaux sociaux.

Le message est clair: il faut du changement, ou alors l’Espagne ne comptera pas sur ses pointures pour les prochains rassemblements. Et les mesures demandées accompagnent un constat: le football féminin s’est rapidement professionnalisé et appelle une manière de procéder différente qu’auparavant. Jorge Vilda est en place depuis 2015. A-t-il évolué à la même vitesse que son milieu? Non, à en croire les joueuses.

Le feu aux poudres

Après cette lettre initiale, dans laquelle le sélectionneur n’était pas nommé directement, la fédération espagnole a réagi et déploré la méthode. «La RFEF ne permettra pas aux joueurs de remettre en question la continuité de l’entraîneur national et de son équipe, car prendre de telles décisions n’est pas de leur ressort.» Dans son communiqué officiel, la RFEF avertit les joueuses concernées: elles pourront être disqualifiées de leur sélection pour une durée qui peut aller jusqu’à cinq ans.

Fin de l’histoire? Pas du tout. Les Espagnoles ont rapidement répondu. Elles ont d’abord regretté le fait que leur lettre ait été rendue publique «de manière partiale et biaisée.» Elles précisent qu’elles ne renoncent pas à leur équipe nationale, mais qu’elles demandent à ne pas être convoquées. «Est-ce que quelqu’un peut penser que, huit mois avant la Coupe du monde, un groupe de JOUEUSES DE HAUT NIVEAU, ce que nous considérons être, ont considéré cette décision, comme cela a été publiquement insinué, comme un caprice ou un chantage?» lit-on dans un communiqué relayé vendredi par les joueuses en question.

En résumé, ces pseudo-renégates nient avoir réclamé le licenciement du sélectionneur. Elles disent suggérer des pistes d’amélioration de manière honnête et constructive. Et ce, d’autant plus que trois des cadres (Irene Paredes, Patri Guijarro et Jenni Hermoso) avaient déjà soulevé le conflit avec l’entraîneur début septembre. «Nous n’appelons pas à son licenciement», a affirmé Irene Paredes, qui précisait tout de même que le groupe avait bel et bien communiqué son ressenti.

Trois semaines plus tard, rien n’est donc réglé. Les joueuses sont averties: elles ne pourront pas retourner en sélection tant qu’elles n’auront pas présenté leurs excuses. «Nous ne tolérons pas le ton immature avec lequel la RFEF termine sa communication», écrit de son côté le groupe dissident.

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