Musique: «Chacun sa route»: l’histoire derrière le tube de Tonton David
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Musique«Chacun sa route»: l’histoire derrière le tube de Tonton David

Le chanteur français David Grammont est décédé mardi 16 février à 53 ans. Retour sur le morceau qui reste indissociable de son nom.

par
Laurent Flückiger
Tonton David serait mort des suites d’un accident vasculaire survenu dimanche en gare de Metz.

Tonton David serait mort des suites d’un accident vasculaire survenu dimanche en gare de Metz.

Getty Images

Si on vous dit Tonton David, vous répondez «Chacun sa route», bien sûr. Pionnier du raggamuffin en France, le chanteur est mort mardi 16 février à 53 ans. L'origine du décès n'a pas été précisée, mais plusieurs médias français ont fait état d'un AVC qui l'aurait foudroyé dimanche en gare de Metz. Il laisse derrière lui cet hymne dont on connaît encore les paroles vingt-sept ans plus tard. Mais ce natif de La Réunion, arrivé très jeune à Paris avec ses parents, n’est pas l’homme d’un seul refrain.

Ayant découvert le reggae lors d’un séjour à Londres, il se fait d’abord connaître à la fin des années 1980 avec «Peuples du monde». «Issus d’un peuple qui a beaucoup souffert, Nous sommes issus d’un peuple qui ne veut plus souffrir», scandait-il. En 1994, Tonton David, de son vrai nom David Grammont, était nommé aux Victoires de la musique pour son tube «Sûr et certain». On lui doit aussi, en 1995, les singles «Pour tout le monde pareil» et «Fugitif», un duo avec Cheb Mami.

Revenons à «Chacun sa route». À l’origine de cette chanson, il y a un film: «Un Indien dans la ville», avec Thierry Lhermitte, Patrick Timsit et le jeune Ludwig Briand, sorti en salle en 1994 et qui raconte comment un homme découvre qu’il est le père de Mimi-Siku, 13 ans, en Amazonie et décide de l’emmener à Paris. Tonton David est approché pour coréaliser la bande originale, avec Manu Katché et Geoffrey Oryema. Les trois forment alors le groupe KOD.

«La pièce rapportée made in banlieue»

«Aux côtés de ce batteur populaire et de ce chanteur ougandais signé par Peter Gabriel, j’étais la pièce rapportée made in banlieue, se souvenait Tonton David dans une interview pour une émission réunionnaise en 2017. On avait décidé de se voir un mois plus tard, après avoir écrit chacun de son côté. Il y a beaucoup de gens qui me disent: «Chacun sa route, chacun son chemin», cela veut dire qu’on doit se diviser. Ce n’est pas ça. Cela signifie que, par rapport à tes propres expériences, il faut que tu prennes ta route. Si tu ne te trompes pas de route, tu vas rencontrer des gens avec qui tu vas avancer. De nos jours, il y a l’autoroute et plus personne ne veut prendre les petits chemins. J’invite les gens à le faire. Si, à un moment de ta vie, tu es marginalisé mais que tu penses que le chemin que tu empruntes est le bon, continue.»

«Chacun sa route» était, de l’avis de Tonton David, moins personnelle que «Sûr et certain» ou «Peuples du monde, mais elle prenait une signification particulière à mesure qu’il vieillissait, disait-il. «Toutes les chansons que j’ai écrites, j’étais gêné de les chanter à l’époque. Maintenant, j’en suis fier», concluait-il.

«Dites-leur que chacun sa route / Chacun son chemin / Chacun son rêve, chacun son destin / Dites-leur que chacun sa route / Chacun son chemin / Passe le message à ton voisin»: en 1994, ce refrain se classe à la troisième place du hit-parade français, tandis que le film cartonne au box-office. Bonne route, Tonton David!

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8 commentaires
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le plombier de nulle part

17.02.2021, 14:15

r.i.p tonton david et bravo pour le tube chacun sa route merci mon gars

Brick in the wall

17.02.2021, 13:58

Repose en paix! Un précurseur du reggae francophone qui donna une certaine couleur jamaïcaine aux années 90.

Circo Loco

17.02.2021, 13:22

Il y a des écrivains et des universitaires géniaux qui meurent tous les jours et il n'ont pas leur chronique dans le Matin. Les lecteurs du Matin écoutent Tonton David maintenant? Circo L😷C🤔