22.01.2012 à 09:40

RÉVÉLATIONS EXCLUSIVESChagaev n’a pas respecté le contrat de vente conclu avec Bernasconi

Lorsqu’il a acheté le club neuchâtelois, l’homme d’affaires tchétchène a pris des engagements financiers et sportifs en connaissance de cause. Au vu de la situation actuelle de Xamax, il ne les a manifestement pas respectés.

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Dominique Botti / Le Matin Dimanche

Rien ne va plus pour Bulat Chagaev. L’actuel président de Neuchâtel Xamax est toujours menacé par deux plaintes pénales, notamment pour faux dans les titres. Et son club de football, dont les dettes se montent à plus de dix millions de francs, est menacé par une faillite expresse après avoir été exclu de l’élite du championnat suisse mercredi. Comme seule défense, l’homme d’affaires tchétchène dépose des plaintes pénales en dénonçant un complot contre sa personne et prétend avoir été roulé, sans directement l’accuser d’escroquerie et de vol, par le vendeur et ancien propriétaire du club, Sylvio Bernasconi. Ce dernier, de son côté, ne répond pas. Ce qui exaspère des Xamaxiens invétérés qui dénoncent une injustice. Car, selon eux, c’est Chagaev qui ne respecte pas le contrat de vente de Xamax. Pour preuve? Ce même contrat de vente, que «Le Matin Dimanche» a pu consulter et qui donne un nouvel éclairage sur cette saga sportivo-judiciaire «Le contrat de vente d’actions» de Neuchâtel Xamax SA a été signé le 8 avril 2011 à Genève. Entre «la Venderesse», F. Bernasconi & Cie SA – représenté par Sylvio Bernasconi, et «l’Acheteuse», Dagmara Trading – représenté par Bulat Chagaev, qui signe aussi, par ailleurs, en son nom propre. Ce dernier achète 51% des actions de Neuchâtel Xamax SA pour 1,2 million de francs suisses. Ce qui signifie qu’en reprenant la majorité des actions de la société l’homme d’affaires tchétchène a repris la «chose en l’état, avec ses actifs et ses dettes», explique un spécialiste. Après un bref préambule, le document déroule une convention d’achat minutieuse. Sa lecture est étonnante. Elle montre que, malgré que le contrat ait été établi en quelques heures, Sylvio Bernasconi et Bulat Chagaev n’ont pas négocié les yeux fermés. Les deux parties ont contractualisé une série d’engagements administratifs, financiers et sportifs censés assurer un avenir pérenne à Xamax. Etonnant au vu de la situation actuelle du club qui se trouve menacé par la faillite, neuf mois seulement après l’arrivée de son nouveau propriétaire A l’article 6.3, Bulat Chagaev s’engage à respecter les règlements de la Swiss Football League (SFL). Notamment sur «l’octroi des licences aux clubs, qui sont susceptibles d’impliquer la présentation à l’organe décisionnel de garanties bancaires du déficit budgété». Ce détail du contrat doit en laisser plus d’un dubitatif. Mercredi dernier, la SFL a exclu Xamax du championnat de Super League suite au retrait de la licence du club par la Commission de discipline à cause «de non-présentation de documents financiers». La Commission est, par ailleurs, convaincue que la seule garantie bancaire fournie par Bulat Chagaev à la SFL est un faux. La direction de Xamax avait en effet produit un document de la Bank of America certifiant que l’homme d’affaires tchétchène avait 35 millions de dollars à la disposition de son club neuchâtelois. Le procureur général du canton de Neuchâtel a déjà établi que ce soi-disant titre de valeur estampillé à New York était un faux. Même s’il a déjà été inculpé, Bulat Chagaev bénéficie toujours de la présomption d’innocence jusqu’à la fin de l’enquête qui suit son cours.

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