Genève: Chaleur: détenus punis pour avoir refusé de travailler

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GenèveChaleur: détenus punis pour avoir refusé de travailler

À la prison de La Brenaz à Genève, une dizaine de détenus ont refusé de travailler à cause de la chaleur insupportable dans leur atelier. Ils ont été sanctionnés par la direction.

par
Eric Felley
L’établissement d’exécution des peines de La Brenaz sous les feux de la canicule.

L’établissement d’exécution des peines de La Brenaz sous les feux de la canicule.

Pierre Abensur/TDG

Vendredi dernier, neuf détenus de la prison de La Brenaz à Genève ont refusé d’aller travailler en raison des conditions de travail et de la «chaleur étouffante» qui régnait dans leur atelier. Comme le révèle la RTS ce mardi, mal leur en a pris. Ils ont été sanctionnés par une privation des activités collectives 23 heures sur 24 jusqu’à vendredi prochain.

Selon le témoignage d’un détenu rapporté par son épouse, il devait faire dans les 35 degrés dans l’atelier qui sert à l’emballage de couverts en plastique destinés aux Hôpitaux universitaires genevois. «Il n’était pas humain et insupportable de travailler dans de telles conditions», a expliqué le mari pour justifier cette grève.

«Il devrait faire plus frais…»

Les détenus ont demandé en vain à leur chef d’atelier de pouvoir ouvrir les fenêtres. Le chargé de communication de l’Office cantonal de la détention, Laurent Forestier, cité par la RTS, reconnaît la situation, mais explique que ces détenus avaient «d’autres exigences que l’ouverture d’une fenêtre. Ils ont demandé une chaîne hi-fi, un remaniement des groupes et moins de travail». Mais ils n’ont rien obtenu. Il ajoute aussi qu’il ne ferait pas si chaud dans ces ateliers: «Cette partie de la prison date de 2015 et répond aux normes Minergie. En fermant les fenêtres, il devrait faire plus frais».

Mise à l’isolement

Les détenus sont donc privés de toute activité de groupe jusqu’à vendredi et confinés dans leurs cellules. C’est une punition collective que l’association genevoise de défense des détenus, Parlons prison, juge «indigne et contraire aux droits humains». Comme l’a précisé une avocate genevoise sur les ondes de la RTS, les détenus de la Brenaz, en exécution de peine, sont soumis au travail obligatoire et, en cas de refus de travailler, les sanctions peuvent aller jusqu’à la mise à l’isolement.

«Le pire c’est le cachot»

Selon un témoignage publié par Parlons prison sur son site le 16 juillet dernier, la perspective de l’isolement n’a pas bonne réputation à La Brenaz: «Quand il y a la canicule, le pire c’est le cachot. Il y a une fenêtre mais souvent les gardiens la ferment avec un cadenas. C’est un vrai enfer à l’intérieur. Certains gardiens ouvrent la petite fenêtre, mais c’est rare…»

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