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FOOTBALLChallandes en Arménie: «C'est une aventure!»

L'entraîneur neuchâtelois de 62 ans a choisi de relever le défi proposé par la Fédération arménienne. Il parle d'un «nouveau challenge, peut-être mon dernier»...

par
Renaud Tschoumy
Bernard Challandes: «C'est une aventure, y'a du foot dedans, ça me plaît!»

Bernard Challandes: «C'est une aventure, y'a du foot dedans, ça me plaît!»

Keystone

Bernard Challandes, quelle surprise d'apprendre que vous avez été nommé sélectionneur de l'Arménie...

Mais moi aussi je suis le premier surpris! (Il rit) Tout s'est fait ces derniers jours, sans que j'y sois vraiment préparé. Mais c'est une aventure, y'a du foot dedans, ça me plaît!

Justement, comment les choses se sont-elles passées?

On m'a contacté dimanche dernier, alors que j'étais à Paris. Je suis allé me présenter à Erevan mercredi, mais les dirigeants de la Fédération arménienne savaient visiblement tout de moi. Ils se sont renseignés auprès d'Artur Petrosyan, que j'ai côtoyé quand j'entraînais le FC Zurich. Je leur ai demandé un temps de réflexion, je suis rentré en Suisse jeudi pour en parler à mon épouse, et je les ai rappelés vendredi matin pour leur signifier mon accord. Là, je repars dimanche pour Erevan, où je parapherai mon contrat lundi.

Quel genre de contrat?

(Il rit encore) Oh, c'est un contrat à risques! Il est valable pour toute la campagne en vue de l'Euro 2016. En cas de qualification de l'Arménie, ce qui est l'objectif avoué du nouveau président, mon contrat sera très intéressant. Par contre, en cas d'échec, je ne deviendrai pas riche! Pour tout dire, je pense que je pourrai faire mes valises dès que l'Arménie sera éliminée de la course à la qualification. Et sans indemnités! Mais ça m'est égal. C'est un nouveau challenge, peut-être mon dernier, j'ai envie de relever ce défi.

Car c'est bien d'un défi qu'il s'agit: avec le Portugal, le Danemark, la Serbie et l'Albanie comme adversaires, l'Arménie sera loin d'être favorite de son groupe...

Je le sais pertinemment! On est à ce niveau nettement moins bien lotis que la Suisse! (...) Mais cette équipe d'Arménie est en progrès, elle n'est pas passée loin de la qualification lors des deux précédentes campagnes. Et elle possède plusieurs joueurs de classe, à commencer par Mikhitaryan (Borussia Dortmund).

Vous n'aviez plus d'emploi depuis le printemps 2013. Le football vous manquait-il à ce point?

Même pas! Mon épouse et moi étions revenus à La Chaux-du-Milieu, nous profitions de nos enfants et de nos petits enfants, tout allait bien. Mais dans le même temps, je me disais que si je devais reprendre mon activité, autant que ce soit avec une équipe nationale, plutôt qu'un club. Et il fallait que le projet me pique, me titille... L'occasion s'est présentée et je l'ai saisie. Le fait de devoir développer un concept de formation pour l'académie arménienne de football a également compté dans mon choix.

Déménagerez-vous en Arménie avec votre épouse?

Oui, c'est prévu. Mais on reviendra régulièrement au pays. Il y a suffisamment de pauses dans la saison internationale pour que nous puissions revenir régulièrement. Et puis, c'est un joli clin d'œil, mon boulot de sélectionneur commencera véritablement en Suisse: avant de jouer contre l'Allemagne le 6 juin à Mayence, l'Arménie doit affronter l'Algérie, le 31 mai au Stade de Genève. Je vais donc organiser un camp d'entraînement en Suisse avant ce premier match.

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