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SKI ALPINChampion olympique mais toujours pas de sponsor

Double médaillé d’or et d’argent à PyeongChang, Ramon Zenhäusern n’a pas encore trouvé un partenaire principal pour sa tête...

par
Christian Maillard
Willisau (LU)
Ramon Zenhäusern aimerait bien remplacer son autocollant blanc sur sa casquette...

Ramon Zenhäusern aimerait bien remplacer son autocollant blanc sur sa casquette...

DR

Il a une bonne bouille de Haut-Valaisan, il est sympa, drôle, intelligent et skie comme un Dieu. Ramon Zenhäusern, champion olympique par équipe et médaillé d’argent de slalom à PyeongChang, a tout pour plaire à un sponsor. Dans une aire d’arrivée, ou sur un podium, c’est lui le plus grand. Du haut de son double mètre, on ne peut en pas le rater. Il fait tellement de bien au cirque blanc.

Et pourtant, celui qui reste sur sa plus belle saison en Coupe du monde a un gros carré blanc sur sa casquette. C’est là qu’il aurait dû coller le logo d’un partenaire privé principal. «Dans le cadre de Sion 2026, j’ai eu à un moment donné un rôle de politicien pour vanter la candidature valaisanne pour les JO et j’ai beaucoup parlé à des sponsors, raconte le géant. Mais, même si j’ai réussi de bons résultats durant l’hiver, aucun n’était intéressé à m’aider... »

«Je vais écrire Zenhäusern au chômage»

Selon lui, cela ne devrait toutefois pas tarder. «Je ne pensais pas que c’était aussi compliqué. Sur l’autocollant, je vais écrire Zenhäusern au chômage », se marre le slalomeur, qui précise qu’il n’est pas plus gourmand qu’un autre skieur. Selon nos informations, la société qui désire figurer sur sa tête, ne doit pas être une compagnie d’assurance ou une banque (Swiss Ski en a l’exclusivité) et doit débourser entre 150 000 et 250 000 francs par hiver.

«Maintenant, si cela ne devait pas se concrétiser, je ne serai pas obligé d’arrêter le ski, poursuit ce grand garçon de 26 ans, sur le point de terminer un Bachelor en économie. Mais cela pourrait me donner de la tranquillité et encore plus de confiance en moi.» Après avoir passé, malgré tout, un bon été où le champion a été fortement sollicité, le double médaillé des derniers Jeux olympiques s’est bien entraîné en Suisse, évitant volontairement un long voyage en Nouvelle-Zélande. «Cela dit, que tu sois champion olympique ou pas, tu transpires de la même manière sur les pistes et cela ne t’aide pas à étudier plus vite! »

Le besoin de concurrence

Le géant de Bürchen est prêt à confirmer, cette saison, dès le slalom de Levi, le 18 novembre, son nouveau statut et profiter de son petit numéro de dossard lui permettant de s’élancer sur des billards. «Même si personne ne peut me prendre ce que j’ai gagné aux Jeux, cela va m’enlever de la pression, sourit Ramon, conscient qu’il aura besoin de la concurrence et l’effervescence de ses coéquipiers pour exploiter l’énorme potentiel d’un groupe de techniciens en or. On rêve d’être plus rapides que Marcel Hirscher, il nous stimule.»

Et si le crime de lèse Majesté avait lieu en février à Are? «La dernière fois, avant de me rendre en Corée, j’étais allé chez un psy du sport, raconte Zenhäusern. Il m’avait dit le 22 du 2, toi qui mesure 2 mètres, tu finiras 2e. » En Suède, s’il skie comme un Dieu, il visera cette fois-ci une couronne en or. De quoi convaincre définitivement un sponsor.

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