24.12.2019 à 20:16

Charlie, le plus jeune maire anti-avortement des USA

Insolite

Âgé de 7 mois seulement, le maire honorifique de la petite ville de Whitehall relaie le combat contre l'avortement de ses parents adoptifs.

Charlie McMillan, sept mois, est le plus jeune maire des États-Unis.

«Le petit-déjeuner du maire est prêt», chantonne Chad McMillan dans le coquet salon de son ranch texan. Sur le comptoir de la cuisine, un biberon de lait chaud et un petit pot. Son fils Charlie McMillan n'est pas un édile comme les autres: à sept mois, il pourrait devenir un symbole de la lutte chrétienne anti-avortement.

Une «plaisanterie» au départ

Le nourrisson joufflu et souriant a été élu en octobre maire honorifique de sa commune du Texas sur un slogan audacieux: «Rendre l'Amérique plus gentille».

Clin d'oeil au président Donald Trump, qui promet lui de rendre sa grandeur au pays, le programme de Charlie inclut notamment le patriotisme, la «vie» et l'adoption. «Au contraire de certains hommes politiques, (Charlie) connaît très bien ce pour quoi il fait campagne», ironise sa mère, Nancy Jane McMillan.

Adopté à la naissance auprès d'une femme qui voulait initialement mettre un terme à une grossesse non désirée, «Mayor Charlie» et ses parents comptent peser dans le débat sur l'avortement, une question qui ne cesse de déchirer les Américains.

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Âgé de 7 mois, le petit Américain Charlie McMillan n'est pas un maire comme les autres. (Mardi 24 décembre 2019)

Âgé de 7 mois, le petit Américain Charlie McMillan n'est pas un maire comme les autres. (Mardi 24 décembre 2019)

Détenteur du titre de maire honorifique de Whitehall, le bambin est en passe de devenir un symbole de la lutte chrétienne anti-avortement. (Mardi 24 décembre 2019)

Détenteur du titre de maire honorifique de Whitehall, le bambin est en passe de devenir un symbole de la lutte chrétienne anti-avortement. (Mardi 24 décembre 2019)

Adopté à la naissance auprès d'une femme qui voulait initialement mettre un terme à une grossesse non désirée, «Mayor Charlie» et ses parents comptent peser dans le débat sur l'avortement. (Mardi 24 décembre 2019)

Adopté à la naissance auprès d'une femme qui voulait initialement mettre un terme à une grossesse non désirée, «Mayor Charlie» et ses parents comptent peser dans le débat sur l'avortement. (Mardi 24 décembre 2019)

Aucune influence politique

Cette femme «a fait le choix courageux de la vie», estime Nancy Jane McMillan. Dans son ranch à une heure de Houston, elle raconte à l'AFP que ce titre de maire honorifique, acquis aux enchères en octobre lors de la levée de fonds annuelle des pompiers de Whitehall, au Texas, était au départ «une plaisanterie».

Le village étant rattaché à la commune voisine, il n'a aucune organisation politique propre. Le nourrisson n'aura donc pas à remplir de réelle fonction municipale. La mère adoptive, agent immobilier de 43 ans, a ensuite réalisé l'influence qu'avait eu cette «élection» sur les habitants de Whitehall.

«Un peu de gentillesse peut nous apporter tellement. En ces temps divisés politiquement et culturellement aux Etats-Unis, c'est génial de voir comment un bébé de sept mois avec une campagne promettant le retour de la gentillesse en Amérique peut changer les choses», sourit-elle.

Ni démocrate, ni républicain

L'investiture du nouveau maire a pris le 15 décembre la forme d'une grande célébration. Hot-dogs, concert de musique country et même un serment que le petit Charlie a prêté «en hochant la tête», s'amuse Frank Pokluda, gérant de la supérette du village.

«Certains de nos hommes politiques voudraient qu'on puisse avorter jusqu'au terme d'une grossesse et c'est terrible. Regardez la joie que cet enfant nous apporte (...), il y a des gens qui veulent de ces enfants!», témoigne le papa du jeune maire, Chad McMillan. «Nous espérons que Charlie, qui n'est ni un républicain, ni un démocrate, ni un indépendant, et qui aime les gens, permette à tout le monde de souffler un coup», insiste-t-il dans son salon rustique décoré aux couleurs de Noël. Avec «Mayor Charlie», ce pasteur et missionnaire baptiste de 51 ans, qui a voté pour Donald Trump en 2016, explique avoir voulu alléger l'ambiance tendue aux Etats-Unis par la procédure en destitution visant le président.

Forte opposition à l'IVG

Très croyant, le couple chrétien baptiste fait partie depuis plusieurs années du Houston Pregnancy Help Center, une organisation religieuse qui accompagne les femmes enceintes dans une démarche anti-avortement.

La Cour suprême des Etats-Unis a légalisé en 1973 le droit des femmes à avorter, mais il existe toujours une forte opposition à l'IVG dans tout un pan de la société américaine, notamment dans le sud et le centre, très religieux, du pays.

Donald Trump, qui avait promis pendant sa campagne de nommer à la Cour suprême uniquement des juges opposés à l'avortement, y a fait entrer deux magistrats conservateurs depuis son élection.

(AFP)

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