Actualisé 12.06.2020 à 15:46

Corsier-sur-Vevey (VD)Charlot et la musique: l'expo qui rend muet

«Charlie Chaplin, l'homme orchestre» accueille son public dès le samedi 13 juin, après seulement un petit jour d'ouverture en mars au manoir de Ban. Une visite étonnante à faire jusqu'au 30 septembre.

par
Laurent Flückiger
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La musique a accompagné la vie de Charlot du début à la fin, comme on on peut le voir avec la nouvelle expo temporaire «Charlie Chaplin, l'homme orchestre».

La musique a accompagné la vie de Charlot du début à la fin, comme on on peut le voir avec la nouvelle expo temporaire «Charlie Chaplin, l'homme orchestre».

Sébastien Anex
L'expo, conçue par la Cité de la musique - Philharmonie de Paris, prend place au dernier étage du manoir de Ban sur 250 m2.

L'expo, conçue par la Cité de la musique - Philharmonie de Paris, prend place au dernier étage du manoir de Ban sur 250 m2.

Sébastien Anex
Annick Barbezat-Perrin, directrice de la communication de Chaplin's World, nous fait la visite.

Annick Barbezat-Perrin, directrice de la communication de Chaplin's World, nous fait la visite.

Sébastien Anex

Nat King Cole, le premier, en 1954, puis Judy Garland, Dalida, Michael Jackson, Céline Dion, Janelle Monáe... Il suffit d'un coup d’œil à la collection de vinyles des artistes qui ont repris le thème de «Smile», composé pour «Les temps modernes» (1936), pour se rendre compte que Charlie Chaplin a bien sûr laissé une immense empreinte sur l'image mais aussi sur la musique. Curieux quand on pense à Charlot comme le roi du cinéma muet.

C'est cette facette peut-être moins connue que propose «Charlie Chaplin l'homme orchestre», dès le samedi 13 juin. Ouverte seulement un petit jour avant le début du confinement le 14 mars, l'exposition permanente se voit prolongée jusqu'au 30 septembre 2020. Sur 250m2, au dernier étage du manoir de Ban, affiches, photos, partitions, vinyles, extraits de films et de musiques mettent en lumière la passion que le résident de Corsier-sur-Vevey (VD) a eue dès son plus jeune âge.

Autodidacte jusqu'au bout

C'est à travers son père, Charles Chaplin, et sa mère, Hannah Hill, qu'il découvre le music-hall. Son demi-frère Sydney fait, lui, partie de la troupe Karno. Mais si Charlie Chaplin a très vite baigné dans ce monde, il a toujours été autodidacte, que ce soit au violon ou au violoncelle. On sait aussi que cela l'amusait beaucoup de faire l'homme orchestre car c'est une façon pour lui d'être dans le mime.

Mais comment mettre de la musique dans ses images à l'époque du cinéma muet? On trouve beaucoup de représentations d'instruments dans ses premiers films. Chaplin détourne également des objets. Il y a du rythme même sur ses affiches promotionnelles, comme pour «Une journée de plaisir» (1919), où on le voit danser.

Tout maîtriser

Rappelons que, dans les salles de projection, il y a toujours un pianiste qui joue par dessus les films, de l'impro, des musiques de son choix. On trouve même de quoi faire des bruitages – d'ailleurs, au manoir, on peut s'amuser à faire des bruits de moteur ou de freinage de voiture à l'aide d'une machine. Mais ce n'est pas forcément du goût de Chaplin, qui veut tout maîtriser de A à Z. Pour la première du «Kid» (1921), il donne une liste de chansons connues que l'orchestre doit jouer. «À partir de là, il commence à tout contrôler», nous explique Annick Barbezat-Perrin, directrice de la communication de Chaplin's World, qui nous fait la visite.

C'est ce qu'il réussit avec «La ruée vers l'or» (1925). Musiques, paroles, tout y est. Mais lors de sa ressortie en 1942, seulement. Ainsi, pour la fameuse «danse des petits pains», où Charlot pique deux fourchettes dans des petits pains pour les faire virevolter, c'est en réalité sa réédition qu'on a tous en tête. Les différentes versions peuvent être vues au manoir. Pour le «Kid», c'est seulement dans les années 1960 qu'il écrit la musique!

Un Oscar en 1973

Dans sa carrière, Charlie Chaplin a été récompensé de trois Oscars, dont deux d'honneur. «Il faut attendre 1973 pour qu'il reçoive enfin l'Oscar de la meilleure musique de film. C'est pour «Les feux de la rampe» (ndlr.: 1952, en compagnie de Raymond Rasch et Larry Russell)», annonce Annick Barbezat-Perrin devant l'affiche de «Limelight», le nom original, un long-métrage qui n'était jamais sorti avant dans la région de Los Angeles et donc n'était pas éligible. Il n'est pas banal que la seule «vraie» statuette qu'il a reçue était pour son travail sur des partitions, lui l'autodidacte.

Avant de terminer l'exposition, on remet encore une fois la musique de «Smile». Histoire de reprendre la route avec un large sourire, comme celui de Charlot et la gamine.

Laurent Flückiger

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