25.09.2020 à 07:15

PartenariatChaudes rondeurs et plis coquins...

En 1930, corps nus, poivrons et champignons remplissent les journées de l’immense artiste oublié Edward Weston, photographe et «amoureux du corps du monde» qu’il magnifie dans ses photographies.

Compagnon de Tina Modotti, belle révolutionnaire mexicaine de l’époque, Edward cherche à saisir par la photographie la quintessence de la vie qui s’exprime, entre autres, dans la douceur des courbes de ces solanacées que sont les piments et les poivrons.

Des courbes si féminines pour un fruit qui se conjugue au masculin. On parle d’UN poivron ou d’UN piment… peut-être parce qu’ils sont érigés ou pendouillants. Une échelle dite «de Scoville» (1912) permet de situer leur force et leur teneur en capsaïcine, située entre 0 pour un poivron et 1'500’000 dans le cas de Carolina Reaper, avec laquelle il serait sage de garder ses distances si l’on tient à ses papilles.

La sensualité ondulante de cette chair polychrome tout en rondeurs t’arrache la moitié de la gueule quand tu la croques! Ça pique, brûle, chauffe et anesthésie parfois. Ça va jusqu’au hoquet qui peut durer plusieurs jours, sans parler de sa prise de congé qui laisse à certains des souvenirs crispés.

Pour ma part, en visitant nos cultures de plein champ, je m’émerveille de leur beauté et de leur délicieuse saveur, riche et fruitée. Dans quelques jours, alors qu’ils flétriront comme de vieilles dames poudrées, je découvrirai les trésors des semences que recèlent leurs ventres ronds et féconds… des promesses de plants pour l’an prochain et des piperades à tartiner sur un pain croustillant au coin du feu d’un automne qui est là…

Joël Vuagniaux, Association ResSources

EN PARTENARIAT AVEC LA SEMAINE DU GOÛT»

(Joël Vuagniaux)

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