Canton de Vaud: Chauffard de Caux: «Il est prêt à collaborer»

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Canton de VaudChauffard de Caux: «Il est prêt à collaborer»

L'Égyptien de 18 ans qui avait quitté la Suisse au lendemain de l'accident mortel qu'il avait causé sur les hauteurs de Montreux a redonné signe de vie. Réfugié dans son pays.

par
Benjamin Pillard
Le véhicule de cet étudiant de l'École hôtelière de Glion (VD) était sorti de cette route d'altitude proche du col de Jaman, précipitée 70 mètres en contrebas.

Le véhicule de cet étudiant de l'École hôtelière de Glion (VD) était sorti de cette route d'altitude proche du col de Jaman, précipitée 70 mètres en contrebas.

Le Matin/Jean-Guy Python

C'est bien en Égypte, son pays natal, qu'Ibrahim* avait trouvé refuge au lendemain de son embardée fatale survenue il y a six semaines le long d'une route d'altitude vaudoise (1320 m), reliant les villages des Avants et de Caux (hauts de Montreux). Un tronçon étroit, sinueux et humide ce soir-là, situé en contrebas du col de Jaman.

Précipitée dans un ravin, vers 19 h 30, la Peugeot 308 noire conduite par cet étudiant de 18 ans ivre (1,18‰) de l'École hôtelière de Glion avait fini sa course 70 m plus bas, sur le toit, après plusieurs tonneaux. Les six jeunes occupants avaient été projetés de ce véhicule cinq places. Dont un Costaricain de 19 ans, mortellement écrasé sous l'avant de la voiture.

Parti sans laisser d'adresse

Auditionné en premier par la police judiciaire, l'Égyptien avait profité de la situation, assurant de pas avoir été au volant de sa Peugeot au moment de l'accident. Ce que les cinq rescapés (entendus séparément) ont tous démenti. Lorsque les enquêteurs ont voulu réinterroger Ibrahim – certains de pouvoir l'entendre à l'approche de la session d'examens prévue la semaine suivante – le chauffard avait déjà quitté la Suisse. Sans laisser d'adresse.

«Mon client ne fanfaronne pas du tout, au contraire; cet accident est tragique pour tout le monde», réagit l'avocat lausannois du fuyard, Me Charles Fragnière. Qui confirme que le jeune Égyptien «a choisi d'indiquer au ministère public où il se trouve» et qu'il est «prêt à collaborer avec les autorités vaudoises». «Nous trouverons un moyen dans ce sens», lâche l'homme de loi. Tout en contestant que l'étudiant soit rentré dans son pays pour fuir ses responsabilités. «Cela peut s'expliquer par l'état de choc dans lequel il se trouve encore aujourd'hui; des certificats médicaux l'attestent.» «Je pars de l'idée que quelqu'un qui se donne la peine de consulter un avocat ne se moque pas de la procédure en cours», commente pour sa part le procureur de l'Est vaudois chargé du dossier, Hervé Nicod.

Vitesse «folle»

«Mais il est vrai qu'on ne peut rien en déduire de définitif…» En l'occurrence, le magistrat dit attendre les rapports finaux de la gendarmerie avant de «tenter de reconvoquer» l'intéressé. Même si, quelle que soit la vitesse estimée, «elle était forcément inadaptée aux circonstances: à 40 km/h dans un virage en épingle, c'est déjà de la folie».

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