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GenèveChauffard jugé pour avoir roulé sur un piéton

L'homme qui avait renversé un cycliste puis un piéton à Genève en 2010 risque jusqu'à trois ans de prison pour délit de fuite et lésions corporelles graves.

Les faits remontent à la nuit du 9 au 10 avril 2010.

Les faits remontent à la nuit du 9 au 10 avril 2010.

Archives, Keystone

Le procès d'un jeune chauffard accusé notamment de lésions corporelles graves et de délits de fuite s'est ouvert vendredi devant le Tribunal de police de Genève. Ce Français a percuté en avril 2010 à quelques minutes d'intervalle un cycliste et un homme qui s'était interposé suite au premier au choc.

Les faits remontent à la nuit du 9 au 10 avril 2010. Le prévenu, alors âgé de 19 ans, sort d'un pub de la rue de Lausanne où il a consommé deux bières. Il embarque quatre autres personnes dans sa voiture et roule en direction de Plainpalais.

Il percute par derrière un cycliste qui circulait normalement sur la voie qui lui est réservée. «Je l'ai légèrement touché mais je ne l'ai pas vu tomber par terre», souligne le prévenu lors de son audition.

Le cycliste s'en sort quasiment sans aucune blessure alors que la roue arrière de son vélo est détruite suite au choc. Le chauffard admet avoir immédiatement quitté les lieux de l'accident. «C'était une très mauvaise réaction sous le coup de la peur des conséquences», explique-t-il. Il s'inquiétait notamment des résultats d'un test d'alcoolémie.

Il poursuit son chemin avec une pointe à 80 km/h sur un tronçon limité à 50 km/h et grille un feu rouge. «Vous auriez pu faire un carnage!», lui lance la présidente du Tribunal de police. A ce stade, le jeune homme ne remarque pas qu'il est suivi par une voiture dont les occupants ont vu l'accident avec le cycliste.

Un «carjacking»

Le conducteur de ce véhicule explique vendredi qu'il voulait relever le numéro d'immatriculation du chauffard. Il change ensuite d'avis et décide de l'intercepter en se plaçant devant lui à un feu rouge. Les quatre occupants de la voiture se précipitent sur le véhicule du chauffard pour lui demander des explications.

Ce dernier fait quelques manœuvres pour se dégager et fuir. C'est à ce moment qu'il renverse et roule sur une des personnes qui l'interpellait, sans rien remarquer selon ses dires. Le jeune homme et ses passagers paniqués croient alors à un carjacking. «J'ai eu peur de l'effet de groupe», se justifie-t-il.

La victime est à terre grièvement blessée alors que le prévenu et ses compagnons terminent leur nuit dans une boîte. L'un des protagonistes a expliqué vendredi qu'il s'est alors saoulé et que personne n'a parlé de se rendre à la police. Le lien entre l'accident du cycliste et l'intervention de la seconde voiture a été évoqué.

Trépanation du blessé

Le blessé, un laborantin en chimie d'une cinquantaine d'années, souffre de plusieurs fractures et d'un traumatisme crânien qui a nécessité une trépanation pour éviter une compression du cerveau. Il sombre dans le coma et passe des mois à l'hôpital et dans des centres de rééducation.

Plus de trois ans après le drame, les séquelles sont importantes: vision unilatérale, troubles amnésiques, fatigue générale, crises d'épilepsie, douleurs chroniques sans compter les plaques dans sa jambe gauche. Cet homme n'a jamais pu reprendre son emploi alors que c'était toute sa vie, selon sa compagne. «Je suis encore bien amoché», explique-t-il sobrement.

Le fuyard s'est finalement rendu à la police quelques jours après l'accident. Il risque jusqu'à trois ans de prison pour délit de fuite et lésions corporelles graves. Son avocat compte plaider la légitime défense car son client pensait être agressé. Le procès se poursuit dans l'après-midi avec les plaidoiries et le réquisitoire.

(ats)

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